Bus au dos - Tour du monde - info@busaudos.ch


L'Alaska Highway

Mardi 3 septembre, après une petite matinée de nettoyage dans le bus, notre odyssée se poursuit. Nous faisons une petite pause à Grande Prairie puis continuons vers Dawson Creek. Sur le trajet, nous changeons de province pour la Colombie-Britannique et en même temps de fuseau horaire, une dernière fois au Canada. Nous avons maintenant 9h de retard par rapport à la Suisse. A Dawson Creek, l'Alaska Highway, que nous allons emprunter sur une portion, commence. Cette route de 2288 km, construite très rapidement (à peine plus de 8 mois) par des soldats et des civils pendant la Seconde Guerre Mondiale lorsqu'une invasion de l'Alaska semblait possible, va jusqu'à Delta Junction, non loin de Fairbanks, en Alaska. Nous nous arrêtons un peu plus loin à une aire routière.


Début de l'Alaska Highway.

Le jour suivant, nous allons à Fort St-John prendre le permis de pêche pour Benj pour la Colombie-Britannique. Après avoir continué sur l'Alaska Highway le reste de l'après-midi,nous nous résignons à nous installer au bord d'une piste perpendiculaire. C'était à nouveau bien difficile de dénicher un coin, la région est toujours autant remplie d'exploitations pétrolières et gazières (cf récit Le centre du Canada). D'ailleurs, Fort St-John est surnommée la ville énergétique.

Dans la matinée, une fois en route, nous nous éloignons de quelques kilomètres de l'Alaska Highway pour nous rendre au départ du sentier menant aux chutes de Sikanni Chief. L'endroit n'étant pas du tout touristique, il n'était pas évident de le trouver. Une jolie balade à travers la forêt mène à ces chutes.


Sikanni Chief Falls.

Puis, nous remontons un peu plus haut que les chutes. Benj pêche un moment à la rivière et fait deux petites truites pour accompagner le dîner.


Sikanni River.

De retour dans l'après-midi au parking, comme il y a un "campground" (place de camp généralement avec services très limités, un wc sans eau, qui pue, et c'est tout!) pour une fois gratuit puisque "user maintained", sans personne, dans un lieu sympa, nous décidons d'y rester jusqu'au lendemain. Nous profitons de faire du pain au feu de bois. Cela fait plaisir d'avoir un bon pain croustillant et de changer des galettes que nous faisons habituellement à la poêle. En effet, le pain d'ici se résume principalement à du pain de mie, aux ingrédients douteux (huile de palme, vinaigre, sirop de glucose-fructose, exhausteurs de goût, etc) qui n'ont rien à faire dans du pain, pour nous petits Européens.


Boulangerie improvisée au fond des bois.

Le lendemain, en route pour Fort Nelson, nous rencontrons un couple de voyageurs hollandais. Là-bas, après avoir mis à jour notre site à l'office du tourisme, nous rencontrons un autre couple de voyageurs retraités, des Allemands cette fois. Ces deux couples nous disent que nous arrivons dans une zone plus sauvage.


Voyageurs et leur monture croisés ce jour.

En fin d'après-midi, nous quittons Fort Nelson. Nous ne le savons pas encore mais cette fin de journée sera faste. En passant par dessus une rivière, Benj repère des vagues. Nous nous arrêtons et allons regarder. Un castor en est l'auteur.


Castor au travail.

Un peu plus loin, à une aire de repos en haut d'un col, nous nous enfilons sur une petite piste. Au premier virage, nous tombons nez à nez avec un ours noir. Nous n'avons pas le temps de dégaîner l'appareil photo que celui-ci a déjà déguerpi dans les buissons. Nous décidons alors de nous installer à l'aire de repos dans l'espoir que ce dernier refasse une apparition. A peine le temps de commencer le souper que nous le voyons ressortir du bois de l'autre côté de la route. Il est difficile de le prendre en photo, la lumière du jour a déjà passablement baissé.


Celui que nous attendions d'observer depuis longtemps.

Plus tard, sur le point de nous coucher, alors que nous nous brossons les dents dehors, l'horizon s'illumine. Nous avons, en effet, atteint des latitudes propices aux aurores boréales. En outre, 2013 est une excellente année car elle correspond à un pic d'un des cycles solaires et donc l'activité de notre étoile est à un maximum. Les aurores boréales (et australes) résultent de l'interaction entre les particules chargées du vent solaire et l'atmosphère magnétique terrestre des pôles Nord (et Sud) et des régions relativement proches. C'est un spectacle que nous n'avions encore jamais vu. La magie de ce phénomène si fascinant, resté longtemps mystérieux et source de bien des mythes, opère. C'est avec des images plein les yeux que nous nous couchons.


Aurore boréale à Steamboat Mountain.

Samedi 7 septembre, après avoir quitté cet endroit, nous cherchons d'abord en vain des accès à la rivière Tetsa mais les castors ont construit des barrages tout autour rendant son cours principal inaccessible.


Oeuvres des castors.

Ensuite, nous cherchons des départs de balades indiquées dans un prospectus touristique, en vain aussi. Après ces recherches infructueuses, nous arrivons un peu plus tard à Summit lake, le lac le plus élevé de l'Alaska Highway (1283 mètres).


Summit lake.

Depuis ce lac, nous faisons une marche vers un deuxième lac, Flower Springs lake. Le tracé du chemin est si mal indiqué que nous manquons de ne jamais trouver ce lac niché dans un joli cadre (peut-être eût-il été mieux indiqué dans un parc national payant plutôt que dans ce parc provincial gratuit pour randonner!).


Flower Springs lake.

De retour en fin d'après-midi au bus, nous franchissons le Summit Pass (1295 mètres) et, en descendant, nous voyons un nouvel habitant de ces Rocheuses du Nord, le mouflon de Dall (Stone's sheep).


Femelle et son petit.

Puis, pour une fois, nous trouvons rapidement où établir le camp, à l'entrée du Baba Canyon.


Le bivouac de Baba Canyon.

Pour se réchauffer d'un bain revigorant (il faut bien se laver de temps en temps!) dans une eau à quelques degrés coulant dans ce canyon, rien de tel qu'...


une bonne petite flambée!

Après avoir pris le petit-déjeuner, nous longeons la rivière Mc Donald. Benj y pêche un moment. Il attrape quelques ombres actiques dont certains sont gardés et seront dégustés au souper.


Ombres de la Mc Donald Creek.

Nous longeons ensuite la rivière Racing où de jolies vues de la vallée s'offrent à nous.


Vallée de la Racing.

Puis, en remontant la vallée de la rivière Toad, nous voyons une femelle mouflon et son cabri. Nous nous arrêtons en fin d'après-midi un peu plus loin dans une clairière le long de la Toad.


Mouflons de la Toad.

Le matin suivant, nous allons au lac Muncho nous balader. Le chemin, à nouveau mal indiqué, longe un pierrier sensé receler des mouflons mais nous n'en voyons aucun.


Stone's sheep trail et Muncho lake.

Dans l'après-midi, nous faisons une autre promenade avec de magnifiques vues de la rivière Trout depuis les falaises de craie qui la surplombent.


Vue sur la Trout river et ses falaises de craie.

Un peu plus loin sur la route, c'est un troupeau de mouflons qui nous attend en léchant les restes de sel.


Toute une famille.

Puis, nous nous rendons aux sources chaudes de la rivière Liard où nous profitons d'un bain fort agréable dans un environnement qui l'est tout autant.


Liard river hot springs.

Pour la première fois au Canada, et même depuis le début de ce voyage, lorsque Lucy est avec nous, nous payons pour passer la nuit. Non pas que nous soyons radins mais le budget du voyage l'impose et c'est aussi plus agréable d'être seuls dans la nature plutôt qu'au milieu de foules de vacanciers. De fait, il s'agit d'un campground dont l'entrée donne accès aux sources chaudes. En début de soirée, nous allons observer dans les marais, traversés par le chemin qui mène aux sources, s'il y a des élans. Ces derniers semblent apprécier les lieux et leurs plantes riches en minéraux. Nous sommes enfin récompensés après tout ce temps passé à les chercher. Il y en a deux qui font trempette dans les marais. Hélas, il fait déjà bien sombre, nous les distinguons mal et les photos ne donnent rien.

Au petit matin, avant le lever du jour, nous retournons tenter une observation mais nous ne voyons rien. Nous décidons d'aller petit-déjeuner et de revenir avant d'aller nous baigner. De retour, un ranger est sur la passerelle et nous fait signe d'avancer vers lui. L'élan est là, tout près, à une dizaine de mètres du chemin. Nous le voyons enfin très bien, c'est super. Nous pouvons bien le mitrailler. Le ranger est jaloux, il n'a pas son appareil photo et nous dit que c'est rare de les voir de si près. Il nous dit aussi qu'il doit y avoir son petit pas très loin, qu'avant il a entendu du bruit. Nous le voyons, en effet, quelques minutes plus tard.


Moose party.

Forts de cette observation, nous allons nous réchauffer aux bains puis reprenons la route. Après quelques kilomètres, nous voyons un ours se gaver de trèfles au bord de celle-ci. Enfin, nous pouvons en faire de jolies photos.


L'ours du jour.

Peu après, c'est au tour des bisons de se montrer. Quarante-neuf individus ont été réintroduits en 1995 après que le dernier de Colombie-Britannique eut été tué en 1906. La population est actuellement estimée à une centaine de têtes.


Bisons des bois.

Nous continuons d'en voir toute la journée. Comme c'est plus dégagé qu'en forêt, ils broutent et se déplacent le long de la route. Avant de passer sur le Yukon (la route fait des aller-retours entre la Colombie-Britannique et le Yukon), nous réussissons à tirer des photos d'un animal croisé furtivement en Gaspésie, le cerf de Virginie.


White tailed deer.

Nous faisons ensuite une petite balade conduisant aux chutes de la rivière Smith. Nous nous arrêtons en fin de journée non loin de la petite localité de Watson Lake.


Smith river falls.

Le lendemain, à Watson Lake, nous faisons le plein et quelques achats mais le strict minimum car nous avons encore des réserves et tout est extrêmement cher. Cette petite ville du Yukon est célèbre pour sa "forêt de panneaux". Tout commença en 1942 lorsqu'un soldat américain, qui construisait l'Alaska Highway et qui s'ennuyait de chez lui, fabriqua un panneau indiquant la direction de sa ville d'Illinois et le nombre de miles pour y aller. Depuis, les voyageurs du monde entier l'imitent et, à ce jour, il y a plus de 70'000 panneaux en tous genres, de direction, faits maison ou des plaques d'immaticulation.


Florilège de panneaux, certaines communes vont comprendre où ils ont disparu!

Nous avons désormais aussi le nôtre!


Notre panneau du cru illustrant la légendaire propreté helvétique!

Quelques kilomètres après Watson Lake, nous quittons l'Alaska Highway et nous engageons sur la Stewart-Cassiar Highway qui redescend au sud.



Suite au prochain épisode! Vancouver, le 13.10.2013