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Aux Antilles

Après toutes les péripéties vécues en Equateur, nous quittons enfin Guayaquil direction la Martinique le jeudi 23 mai au soir pour la première étape du voyage sans Lucy. Le trajet n'est pas de tout repos, nous avons trois vols différents, dont un avec escale, pour y arriver. Après le premier vol, Guayaquil-Miami, au moment de devoir récupérer les sacs même si nous ne sommes qu'en transit(!), pour passer les contrôles américains, nous nous apercevons que le sac à dos à Séverine a subi. Une des bretelles a été arrachée, certainement sur un tapis roulant. Heureusement toutes les affaires sont encore dedans. Passage alors obligé au "baggage claim" où ils se contentent d'ouvrir un dossier et nous renvoient régler ce cas aux Antilles. Ils nous fournissent toutefois du scotch pour faire une réparation de fortune!

Le deuxième vol nous mène à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe avec une petite escale à Haïti. Ce n'est qu'en fin de journée le 24 mai que nous atterrissons à Fort-de-France. Nous devons encore trouver une voiture de location. Nous parvenons à en dénicher une petite bien que beaucoup de loueurs n'aient plus de petits modèles à disposition. Nous nous retrouvons donc en France, puisque la Martinique fait partie des DOM-TOM, avec des enseignes connues, telles que "Carr...", "Leader Pr...", etc. Nous savions que les denrées importées étaient très chères mais nous sommes toutefois étonnés des prix également très élevés de ce qui est produit sur place (fruits, légumes, ...), sauf le rhum local, de 4 à 8 euros le litre! L'île est passablement peuplée. En outre, il y a beaucoup de villas et d'appartements de plaisance, beaucoup de Français y viennent en vacances, surtout pendant l'hiver. En début de soirée, nous rejoignons donc la petite maison louée à la petite ville du Diamant.


Le rocher du Diamant dont le lieu tire son nom.

Le lendemain, l'impatience se fait sentir. Dans l'après-midi, nous retournons à l'aéroport pour accueillir Marlyse, la maman de Séverine, qui nous rejoint pour cette étape antillaise de 3 semaines. Il était initialement prévu que Raymond, le (beau-)père à Séverine, vienne aussi mais, depuis ses ennuis de santé à la fin de l'année passée, ce n'est plus possible. C'est donc seule que Marlyse débarque dans le hall de l'aéroport.


Quelle joie de se retrouver...

Nous profitons de déposer le bagage abîmé, on nous indique que cela va prendre environ un mois avant d'en obtenir un nouveau. Une grosse valise encombrante et cabossée est mise à disposition pendant ce temps. Pendant ces quelques jours en Martinique, notre shipping se rappelle à nous, puisque nous devons encore conclure une assurance pour le bus et les affaires lors de son envoi, la compagnie maritime ne prenant aucune responsabilité en cas de perte, vol ou autre. Difficile d'obtenir des offres de la part des compagnies, puisque c'est habituellement les transitaires qui se chargent de ces démarches et que nous sommes un cas "particulier". Nous réussissons toutefois à obtenir une offre sur la dizaine de compagnies consultées. Le port de Guayaquil nous donne encore des sueurs froides en nous indiquant que l'inspection de la police anti-narcotiques va avoir lieu, que le container va être ouvert à nouveau. Ouf, nous arrivons à leur expliquer avec l'aide des douanes qu'elle a déjà eu lieu et que tout était en ordre.

Nous prenons néanmoins le temps pour visiter le jardin botanique du Domaine de l'Emeraude, situé sur un piton de l'île en pleine forêt tropicale.



Le jardin botanique et ses habitants.

Nous allons également au bord de mer dans les environs de Cap Chevalier nous balader un peu.


Cap Chevalier.

Le temps n'a pas été tout le temps au beau fixe, comme cela devrait être le cas à cette période, nous avons eu plusieurs averses tropicales durant notre séjour.

Le 29 mai, nous quittons la Martinique pour rejoindre la Dominique en bateau avec l'Express des Iles. La première surprise en débarquant du bateau est que la circulation se fait à gauche, héritage de la colonisation anglaise. La Dominique est maintenant indépendante mais fait encore partie du Commonwealth. On y parle anglais et créole, on se croirait en Jamaïque, avec tous ces rastas et les petites maisons beaucoup moins luxueuses qu'en Martinique. L'île est beaucoup moins peuplée et nettement plus sauvage que la Martinique. Tout le monde ou presque semble se connaître et se salue sur la route à coups de klaxon. Nous avons choisi de séjourner dans le même hôtel que la maman de Séverine, le Tamarind Tree, un petit hôtel sympa avec une superbe vue et plein d'oiseaux.


Vue depuis l'hôtel et quelques pensionnaires, certains gourmands.

Nous faisons une première escapade aux chutes de Trafalgar, une petite balade dans la forêt tropicale nous conduit à ces deux belles cascades.


Trafalgar Falls.

Plus tard dans la journée, nous allons à Wotten Waven, il y a des sources chaudes en forêt avec des bassins aménagés. En effet, la Dominique est une île très volcanique, ce ne sont d'ailleurs pas les seules sources chaudes de l'île.


Très agréable de se baigner ainsi en pleine forêt tropicale au milieu des fleurs exotiques.

Nous avons fait cette première excursion avec un taxi organisé par notre hôtel. Par la suite, nous empruntons les transports publics locaux. Ca nous fait penser aux "colectivos" sud-américains qu'il faut hêler au bord de la route, il n'y a pas vraiment d'arrêts définis. Cela permet de se mélanger un peu à la population locale et pour Marlyse d'expérimenter quelque chose d'inédit.


Dans un minibus dominicais (ce n'est pas un L300 même s'il y en a aussi).

Un autre jour, nous allons à la forêt de Syndicate, près du Morne Diablotin, le plus haut sommet de l'île (1'447m). La première partie du trajet se fait avec les transports publics, mais ces derniers ne passent que sur la route principale qui fait le tour de l'île. La deuxième partie se fait en stop avec un local très sympa. Nous faisons un petit arrêt à son jardin où il nous offre une noix de coco directement cueillie sur l'arbre. Il nous amène ensuite à quelques encablures du départ du chemin dans la forêt. Sur le trajet y menant, il y a quelques passages à gué à effectuer au milieu de plantations en tous genres, du café, des papayes, ...


En direction de Syndicate Trail.

La promenade passe dans la forêt tropicale. Nous y découvrons notamment de grands arbres au système racinaire impressionnant.


Lors de la promenade dans la forêt de Syndicate.

Nous redescendons ensuite jusqu'au jardin quelques kilomètres plus bas. Notre chauffeur du jour est heureusement encore là. Il nous ramène jusqu'à la route principale, d'où nous faisons un nouveau trajet en minibus.

Quelques jours plus tard, nous faisons une sortie à Sulphur Spring, d'autres sources chaudes en pleine nature, dans une eau riche en soufre.


Les bassins à Sulphur Spring.

Nous avons également fait une sortie en mer pour observer des dauphins et des balaines (cachalots). Nous avons vu quelques dauphins et plein de poissons volants, mais malheureusement qu'une seule baleine, de très loin.


La sortie aux baleines.

Tout au long de cette étape en Dominique, nous avons profité des fruits locaux, notamment des mangues trouvées au bord des routes, elles ne sont pas toutes ramassées, tellement il y en a.

Mercredi 5 juin, nous reprenons l'Express des îles à Roseau, la capitale, direction la Guadeloupe. Au passage de la douane, c'est la mauvaise surprise... Marlyse se fait confisquer toutes les boîtes d'allumettes que nous avions dénichées au fil du voyage en Amérique du Sud pour la collection à Raymond. Elle les avait laissées dans son bagage à main sans y penser. Les douaniers ne veulent même pas nous rendre les boîtes vides. C'est la grande déception... Après une âpre discussion, ils nous en laissent finalement une seule, vidée de ses allumettes, de peur que nous n'embrasions le bateau!

Après deux heures de mer, nous arrivons à Pointe-à-Pitre. Nous allons récupérer la voiture de location à l'aéroport, amenons Marlyse à son hôtel puis allons prendre possession du petit studio loué. Pendant la petite dizaine de jours à venir, nous faisons plusieurs sorties, d'abord à la Cascade aux écrevisses.


L'eau est fraîche et c'est agréable de s'y baigner pour certains.

Durant ce séjour, des histoires pour le shipping nous rongent aussi du temps. Le port de Guayaquil invalide un numéro qu'il avait lui-même validé, comme exemple parmi tant d'autres. Nous parvenons à régler ces ennuis et le bus peut partir comme prévu.

Une autre balade sur Basse-Terre (La Guadeloupe est formée de deux îles séparées par un canal naturel, reliées par un pont) nous mène pas loin de la Soufrière, le volcan de la Guadeloupe, près des chutes du Carbet. Nous pouvons profiter d'une baignade thermale dans une rivière cristalline avec des petits poissons très colorés.


Une cascade le long de la rivière et les petits poissons.

Nous allons aussi en excursion à la Pointe des Châteaux, au bout de l'île de Grande-Terre.


A la Pointe des Châteaux.

Benj tente une excursion pêche quelques jours plus tard sur une plage où nous nous étions baignés, mais c'est sans succès. Il y a beaucoup de vent et de vaguelettes, ce qui rend le repérage des poissons difficile.


La plage en question.

Nous visitons également la Maison du Cacao et ses plantations. Nous y voyons des cabosses de cacao à tous les stades et les trois variétés de cacaoyers existantes (criollo, forastero et trinitario). On y explique les différents processus pour obtenir le cacao (fermentation des fèves, séchage, torréfaction) et nous découvrons la manière dont il était bu à l'époque (la pâte de cacao pure était simplement diluée dans de l'eau chaude et on ajoutait du sucre et des épices), que c'est bon!


La Maison du Cacao.

Nous faisons également la visite, fort intéressante de surcroît, du domaine de Vanibel, une petite exploitation familiale, qui produit de la vanille, du café et des bananes. Le café devient rouge une fois mûr (cerise). Elle est décortiquée et contient deux grains, qui doivent être séchés puis décortiqués à leur tour avant d'être torréfiés. On nous montre aussi la pollinisation de la vanille, faite manuellement. L'abeille effectuant ce travail n'existant qu'au Mexique, pays d'origine de la vanille.


Le domaine de Vanibel.

Nous arrivons déjà au 15 juin à la fin de cette étape antillaise. Il est temps d'aller à l'aéroport et de prendre l'avion chacun de son côté. Nous nous envolons pour Montréal alors que la maman de Séverine rentre en Suisse. C'est le moment des aurevoirs, pas évident.



Suite au prochain épisode! St-Anicet, Québec, le 10.07.2013