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Bilan de l'étape en Russie

Nous avons traversé ce pays d'est en ouest. De Vladivostok à la frontière mongole au sud du lac Baïkal. Puis, après le séjour en Mongolie, de l'Altaï à la frontière lettone. En tout, durant ces deux étapes, ce ne sont pas moins de 8'000 km parcourus sur des routes principalement mauvaises, surtout dans la partie est de la Sibérie, mais parfois aussi bonnes. A cause de la situation actuelle en Ukraine, nous avons décidé de modifier l'itinéraire et sommes sortis de Russie par la Lettonie. Nous sommes aussi restés plus longtemps que prévu dans ce gigantesque pays lors de la deuxième partie en raison des vaccins à faire pour Kawaï, au total 43 jours. Avec pour conséquence de subir une vague de froid, sibérien c'est le cas de le dire, inhabituelle néanmoins pour un mois d'octobre. Et avant cette vague, ce fut la pluie qui nous tint compagnie pendant trois semaines. Et que dire de cette nuit et de cette journée de pluie givrante mémorable.


Sous la pluie givrante.

Ce qui nous a surpris:

  • Les camions. Comme la majorité du transport terrestre se fait par route et non par rail, les axes principaux sont pris d'assaut par les poids lourds. Il n'y a presque qu'eux sur les routes. Principalement des camions recyclés d'autres pays européens gardant les vieilles inscriptions allemandes ou françaises.

  • Les conducteurs de tram des villes. Ou plutôt les conductrices, ce métier étant exclusivement féminin.

  • Les réseaux de gaz apparents, sans parler des réseaux de chauffage à distance vétustes. Les habitations en ville et à la campagne sont alimentées en gaz par d'impressionnants dédales de conduites aériennes jaunes zigzagant installées à faible hauteur.


  • Atmosphère explosive.

    Ce qui nous a plu:

  • Les grands espaces. Ce pays compte quelque 143 millions d'habitants mais répartis sur 17 millions de km2 (le pays le plus vaste au monde, près du double du Canada), ce qui laisse de l'espace libre en dehors des grandes métropoles et des villes de moyenne importance. L'accès à ces immenses espaces est cependant restreint durant l'été. Bien souvent, malheureusement, il n'est guère possible de s'éloigner des grands axes, excepté en hiver lorsque tout est gelé.


  • Taïga russe.

  • Les prix. Ils sont encore bas pour les articles de première nécessité ainsi que l'essence, même si cela ne durera peut-être pas avec la chute du rouble et l'inflation galoppante au moment où nous écrivons ces lignes.

  • Ce qui nous a moins plu:

  • Les déchets. Il n'existe aucune réelle filière de traitement des déchets. Tout est abandonné et/ou enfoui aux bords des routes et dans la nature. Ce pays est l'un des plus sales que nous avons traversés. Il fut extrêmement difficile de trouver des lieux de camp et des endroits non souillés.


  • Des p'tits tas, des p'tits tas, toujours des p'tits tas...

  • L'accueil vis-à-vis des touristes. Le touriste étranger est rarement le bienvenu. Bien souvent suspect avant qu'il n'ait fait quoique ce soit. En règle générale, un "excusez-moi, je ne parle pas bien votre langue", n'arrange rien et une demande d'aide ou autre aboutit à un sec "nieto". Néanmoins, une exception; dans l'Altaï, les gens étaient charmants et très accueillants.

  • Le manque de politesse. Cette qualité fait cruellement défaut. Bonjour, au revoir, merci ne semblent pas faire partie du vocabulaire des Russes.

  • La conduite. Nous avons détesté chaque jour un peu plus leur manière de conduire. Il n'y en a pas eu un sans frayeur. Dépassement par la droite, queue de poisson, lignes blanches, dépassement à l'aveugle et en file et on en passe et des meilleurs. D'ailleurs, la fleur la plus répandue en Russie est tristement la rose en plastique qui pousse en couronnes tous les 2-3 km au bord des routes.

  • Absence de signalement des zones interdites. Ce qui nous a valu de rester retenus plus d'une matinée à Pashkovo au bord de l'Amur faisant office de frontière avec la Chine.


  • L'Amur dans la brume à Pashkovo.

  • L'eau du robinet. La plupart du temps, de qualité vraiment douteuse, contenant énormément de dépôts suspects et conservant même un goût après filtration.

  • Les stations-services. Il faut payer à l'avance à travers une vitre, souvent grillagée, ressemblant à un parloir de prison. Il n'y a jamais le moidre service au client, ne serait-ce qu'un bidon d'eau pour laver le pare-brise, sans parler des WC, pour la plupart du temps un trou au fond d'un cabanon délabré, à l'odeur pestinentielle. Rassurez-vous, vous n'y êtes jamais seul, un escadron de mouches vous tient toujours compagnie, même quand il fait -10°C dehors. Encore heureux qu'elles ne piquent pas!



  • Suite au prochain épisode! Lausanne, Suisse, le 02.04.2015