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Le bush de Nouvelle-Galles du Sud

Dimanche 16 février, nous prenons la direction de Hungerford, un hameau à la frontière avec l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud. C'est nuageux et, rapidement, il se met à pleuvoir. La piste de terre se transforme vite en bourbier, nous remémorant le bourbier argentin de la "Ruta 40" environ une année auparavant (cf récit Petit détour par l'Argentine). Nous avons toutes les difficultés du monde à avancer et il ne faut surtout pas s'arrêter sous peine de rester embourbé. Il faut être vigilant, nous partons plusieurs fois en travers malgré le 4x4. Heureusement, la piste est large, c'est plat et il n'y a pas de circulation.


Et dire qu'elle était complètement propre il y a à peine une semaine!

A Hungerford, nous nous attendons à un contrôle biosanitaire comme il en existe entre les Etats pour vérifier qu'aucun produit frais ne transite. Il n'y a pas de contrôle aujourd'hui, il faut juste refermer la barrière anti-dingo. Elle protège sur plus de 5'000km les moutons du sud contre les dingos du centre de l'Australie.


Bienvenue en Nouvelle-Galles du Sud.

Changement d'état ne rime pas avec changement des conditions de route. Par endroits, c'est même pire, la piste est noyée sous 10cm d'eau.


En bord de piste.

En fin d'après-midi, nous retouchons enfin le bitume dans les environs de Bourke, non sans mal. Nous nous sommes aperçus lors d'une pause pipi que le collage de la boîte à vitesses 4x4 avait lâché et que, du coup, elle se vidait de son huile. Ce problème nous a contraints à terminer les 50 derniers kilomètres sans 4x4. Félicitons le pilote! Après quelques commissions à Bourke, nous nous installons pas très loin à une aire routière. Benj bricole une pièce et la colle pour remplacer le morceau cassé.


Travail de nuit!

Le jour suivant, retour d'abord à Bourke pour trouver de l'huile pour remplir la boîte à vitesses 4x4. Puis, nous souhaitons aller en direction de Louth mais la route est fermée à cause de la pluie du week-end.


Pas par ici!

Forcés de modifier l'itinéraire, nous nous engageons sur la route pour Cobar. Nous allons au parc national Gundabooka. Le long de la piste, nous voyons des pogonas. Nous en avons eu quelques années auparavant à la maison. C'est très sympa de les voir dans leur élément naturel.


Pogona en pose photo.

Nous faisons une balade qui mène à des peintures rupestres aborigènes. Des hommes dansant, des boomerangs, des outils, des émeus et des mains ainsi que des motifs à la signification inconnue sont représentés. C'est non sans nous rappeler la "Cueva de las Manos" en Argentine. C'est intéressant de constater que certains dessins se retrouvent entre les différents peuples (cf récit Province de Santa Cruz I).


Peintures (yapa) rupestres de Mulgowan.

De retour sur la route principale, nous nous arrêtons à une aire de repos. De nuit, il faut se méfier où nous mettons les pieds...


Faune nocturne.

Le lendemain, avant Cobar, nous changeons de direction et nous orientons vers Walgett par une piste. En chemin, nous tombons sur une série de bassins naturels dans la roche qui servaient de réserve d'eau aux Aborigènes de la région.


Byrock Rock Holes.

Nous établissons le camp dans l'après-midi au bord de la rivière Mc Quarie, une des rares rivières qui n'est pas à sec dans la région. Comme souvent depuis que nous sommes à l'intérieur des terres, nous voyons de très beaux oiseaux colorés et un magnifique coucher de soleil.


Coucher de soleil au bivouac, mérion superbe, perruche érythroptère, cacatoès rosalbin et perruche à croupion rouge.

Après une nuit un peu pluvieuse, en direction de Walgett, nous assistons à un accident de kangourous...


Tamponnage entre kangourous.

Nous passons une bonne partie de la journée à Walgett et terminons une mise à jour du site sur les chapeaux de roues avant que le wifi de la bibliothèque ne soit coupé. Nous nous dirigeons ensuite vers Lightning Ridge et passons la nuit à une aire de repos en face de Stanley, la vedette locale.


Stanley, sculpture géante d'émeu faite notamment de trois anciennes coccinelles et un spendide coucher de soleil (une fois de plus!).

Jeudi, nous terminons le trajet jusqu'à Lightning Ridge. Le nom de cette petite ville vient du fait que de nombreux orages magnétiques se produisent dans la région, conséquence de la richesse du sol en minerais. Cette localité est connue pour ses opales noires. Ce sont les plus recherchées, elles ne proviennent que de cette région, et sont parmi celles qui ont le plus de valeur. Que de magnifiques pierres étincelantes dans les boutiques mais inabordables! Nous en prenons plein les yeux.


Ca scintille de mille feux.

A côté de l'office du tourisme, il y a une petite zone avec des déchets de mine déposés pour prospecter. Nous ne trouvons rien de très intéressant.


Chercheurs d'opales à Lightning Ridge.

A l'écart des rues principales se trouve une grande mine à ciel ouvert abandonnée et des puits de mine dont certains sont encore en fonction.


Lunatic Hill, puits et animaux mineurs!

En fin d'après-midi, cap sur Grawin, un champ d'opales à une cinquantaine de kilomètres. Le reste de la journée et une partie de la suivante, nous prospectons dans les déchets de mine qui forment une petite colline d'une hauteur d'environ 20 mètres, régulièrement agrandie par le chargement de camions. Nous parvenons à trouver quelques jolis petits morceaux.


Un ravitailleur et les trouvailles.

Puis, après s'être mis en route, nous nous installons dans les environs de Brewarrina au bord de la rivière Darling. C'est l'une des principales rivières d'Australie de l'est, dont le débit est très variable. Elle ne consiste par moments qu'en quelques flaques et à d'autres son lit peut faire jusqu'à près de 80 kilomètres (!) de large.


Campement au bord de la Darling River.

Le matin suivant, nous observons des cacatoès banksiens, présents en grand nombre.


Red-tailed black cockatoos.

Puis, nous allons à Brewarrina regarder des pièges à poissons historiques. Ils sont constitués de cailloux disposés de manière à créer de petits bassins pour capturer plus facilement les poissons. Ce site est historiquement important puisqu'il s'agit d'une des plus vieilles constructions de l'Homme. Datant de près de 40'000 ans, c'est l'oeuvre des Aborigènes.


Brewarrina Fish Traps.

Dans l'après-midi, nous sommes de retour à Bourke, une petite semaine après y être déjà passés. Nous avons fait une boucle dans les environs (env. 1000km), petite à l'échelle de l'Australie, grande à la nôtre. C'est une île-continent, environ 7,7 millions de km2 soit plus de 180 fois la Suisse! C'est le quatrième pays au monde en terme de superficie, derrière la Russie, le Canada et la Chine. Cette fois-ci, nous pouvons prendre la route en direction de Louth, fermée la semaine passée.


Piste réouverte.

Nous nous arrêtons en fin de journée peu après la petite localité de Louth, au bord de la Darling River.


Pélicans à lunettes et cacatoès rosalbins.

Dimanche 23 février, un bout de piste nous sépare encore de notre prochaine destination, White Cliffs. Les paysages sont toujours aussi beaux, avec ces contrastes entre la terre d'un rouge intense et le ciel d'un bleu profond.


Couleurs du bush et...


animaux du bush.

Nous arrivons dans l'après-midi à White Cliffs, un petit village de mineurs très peu touristique qui nous fait un peu penser à Yowah. Vous devez vous dire que nous visitons tous les sites de production d'opales! C'est le cas! C'est une spécificité de la région. Ces pierres sont si belles, nous sommes tombés sous le charme. Nous nous extasions devant les superbes pièces et les raretés qu'on nous présente et nous rêvons en farfouillant les déchets de mine.


Pineapples, des cristaux opalisés, une rareté qu'on ne trouve qu'à White Cliffs.

Nous passons la nuit dans les environs dans le bush.


Coucher de soleil.

Nous passons la journée suivante à White Cliffs. La matinée à flâner dans quelques boutiques. Et l'après-midi à prospecter dans d'anciennes concessions. Les trouvailles ne sont pas terribles; quelques cailloux brillants à la clé mais pas aussi bien qu'ailleurs. En fin d'après-midi, nous retournons à un des magasins visités le matin. Nous avions vu qu'il vendait de petits outils pour polir que nous pensions utiliser sur notre perceuse. A la place, il nous propose d'utiliser son tour à polir. Super! C'est l'occasion d'essayer et de polir quelques-unes de nos pierres. Constat: une pierre rapetisse vite et ce n'est pas évident de lui donner une forme.


Séverine au polissage et les résultats.

Après cette séance de travaux manuels, nous nous installons comme à l'accoutumée dans le bush qui s'embrase à nouveau à la tombée de la nuit.


Quel spectacle!

Le lendemain, en nous dirigeant vers Broken Hill, nous croisons des lézards à langue bleue, un relicat de la Préhistoire avec ses larges écailles. Ils adoptent une drôle de posture de défense lorsque l'appareil photo s'approche.


Scinque rugueux (endémique).

Arrivés à cette ville, nous constatons ce que nous avons lu, elle est sur le déclin. Près de la moitié de la ville est à vendre et moult bâtiments sont à l'abandon. Cette cité s'est bâtie autour de l'exploitation d'une mine d'argent. Le filon est maintenant épuisé et la ville se désertifie. Nous nous arrêtons en fin de journée à une aire routière.



Suite au prochain épisode! Melbourne, Victoria, Australie, le 25.03.2014