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Le centre du Canada

Samedi 24 août, nous arrivons en Ontario, début de la partie anglophone du Canada. La couleur est directement annoncée concernant le changement de langue.


Bienvenue en Ontario.

Le but est de traverser rapidement cette province. Sans regret, nous ne passerons pas par le sud de cette région, ses grandes villes, Ottawa la capitale et Toronto, et ses chutes du Niagara. L'après-midi, nous nous baladons et trouvons, une fois de plus, des champignons, des chanterelles. Le soir, sur le lieu de notre campement après la petite ville morne de Matheson, nous les apprêtons en croûtes tant nous en avons ramassé.

Au réveil, il pleut. Nous mettons les voiles et roulons une bonne partie de la journée à travers campagnes et villages semblant sans vie. Nous nous arrêtons à une halte routière pour la nuit.

Le lendemain, avant de repartir, nous voyons une famille d'écureuils roux américains qui gambadent et s'affairent dans les arbres. Les jeunes, très curieux, semblent découvrir leur terrain de jeux.


Des écureuils roux américains d'Ontario.

La route est une succession de lignes droites. C'est monotone comme les paysages.


Un des nombreux bouts droits.

En fin d'après-midi, en s'approchant du lac Supérieur, partagé entre le Canada et les USA, quelques reliefs apparaissent, cela fait longtemps que nous n'en avons pas vu.


Un peu de changement.

Peu après, nous atteignons la rive nord-ouest de ce lac, la plus grande étendue d'eau douce de la planète, deux fois la Suisse (82'000 km2). Nous passons la nuit au bord de cette immensité bleue.


Vue depuis le lieu de camp.

Le matin, nous rejoignons la route principale et arrivons peu après à la ville de Thunder Bay, la plus grande autour du lac Supérieur, peuplée d'un peu plus de 100'000 personnes. En nous arrêtant à un supermarché, sur le parking, nous repérons un véhicule qui n'est clairement pas du coin. En nous garant à côté, nous constatons qu'il a des plaques allemandes. C'est le premier véhicule étranger que nous voyons au Canada (hormis ceux des USA). Après nos emplettes, nous faisons la connaissance de Claudia qui voyage seule et avec laquelle nous discutons un bon moment. Après avoir remis le cap vers l'ouest, nous changeons de fuseau horaire, ce qui se produira encore deux fois lors de la traversée du Canada. Ce système a été instauré au milieu du XIXème par Sir Fleming (pas le même que le découvreur de la pénicilline), un Ecossais immigré au Canada. Nous reculons d'une heure (-7h par rapport à la Suisse).


Changement d'heure.

Dans le courant de l'après-midi, nous trouvons enfin un autocollant du drapeau canadien. Cette entreprise a été extrêmement difficile. Tout et n'importe quoi, du puck à la chaise en passant par les tasses, les porte-clefs, crayons et autres babioles, existent mais nous n'avions pas encore réussi à mettre la main sur le traditionnel autocollant du drapeau du pays visité. Nous nous jetons dessus!


L'arrière décoré de Lucy à ce jour.

Nous cherchons, en fin de journée, pendant un bon moment un endroit où nous arrêter mais ce n'est pas du tout chose aisée, comme déjà souvent depuis que nous sommes au Canada. Dans ce coin, il est interdit de rester la nuit aux haltes routières! Les petits chemins sans habitation sont toujours aussi nombreux! Et les tarifs pour passer la nuit dans les parcs provinciaux sont tout simplement prohibitifs, pas loin de 40 CAD pour un emplacement sans eau ni électricité! Nous finissons par trouver un parking d'où partent des pistes pour VTT. C'est du coup l'occasion de faire une petite balade après souper.

Le jour suivant, après le petit-déjeuner, nous reprenons la Transcanadienne, comme ces derniers jours, en direction de l'ouest et parvenons en fin de matinée à la frontière avec le Manitoba.


Bienvenue au Manitoba.

Quelques kilomètres plus loin, le changement de paysage est brutal. La forêt laisse place à d'immenses cultures, maïs, blé, tournesol et canola (le nom pour le colza au Canada). Il y en a à perte de vue. Cette province, avec celle du Saskatchewan et une partie de l'Alberta, constitue le grenier de ce pays. Nous le savions déjà et les petites pancartes au bord des champs nous le confirment, il s'agit malheureusement principalement d'OGM. Le Canada est le 5ème producteur au monde derrière les USA, le Brésil, l'Argentine et l'Inde et devant la Chine.


Des champs du Manitoba.

Nous réalisons que cela risque d'être fort compliqué de trouver un endroit où s'installer le soir. Miracle, en fin de journée, nous trouvons une aire de pique-nique où il n'est pas interdit de passer le nuit. Un miracle n'arrivant jamais seul, en raison de cet environnement agricole, les moustiques ont quasiment disparu (du moins pour les quelques centaines de kilomètres à venir).

Jeudi 29 août, après presque trois jours de beau temps, la pluie est de retour. Nous levons assez vite le camp et continuons notre route à travers les cultures sous la pluie. En fin de matinée, nous changeons à nouveau de province et d'heure. Le Saskatchewan est une heure en retard par rapport au Manitoba. Ce n'est pas un changement dû aux fuseaux horaires mais une particularité de cette province. Le beau temps revient et les immenses cultures continuent. Dans l'après-midi, nous voyons un champ bio (qui ne doit plus vraiment l'être) isolé au milieu des cultures d'OGM. Un peu plus tard, nous passons par Regina, la capitale provinciale, qui fait figure de métropole avec ses 220'000 habitants à côté de tous les patelins de cette région agricole. Les magasins à l'entrée de la ville l'illustrent fort bien.


Tracteurs à gogo.

En fin de journée, après avoir roulé tout le jour et ainsi bien progressé dans notre traversée du centre du Canada, nous nous arrêtons à une aire autoroutière.

Après une nuit de repos, avant de repartir, nous regardons des hirondelles qui ont construit leurs nids contre la cahute des toilettes de cette aire.


Des hirondelles du Saskatchewan.

Dans la matinée, nous changeons à nouveau de province.


Bienvenue en Alberta.

Comme à l'accoutumée, nous passons à l'information touristique chercher une carte routière et quelques renseignements et là, preuve est faite que nous sommes à nouveau dans une région touristique, la carte routière de l'Alberta est payante alors qu'elle était gratuite dans toutes les autres provinces. Nous nous en passerons! Un peu plus loin, nous voyons des puits de pétrole dans les champs.


Les paysans se sont reconvertis!

Nous voyons aussi et entendons des trains composés de plusieurs dizaines de wagons (nous en avons compté jusqu'à 162!) transportant principalement du pétrole. En effet, beaucoup de brut voyage ainsi au Canada, ce qui a rendu début juillet la tragédie de Lac-Mégantic si violente et meurtrière.


Un exemple de convois ferroviaires en Alberta.

Voulant nous arrêter tôt dans l'après-midi pour nous occuper du système de refroidissement qui recommence à fuir, nous tombons sur le site d'un ancien aqueduc. Cet ouvrage, long de trois kilomètres, a été construit entre 1912 et 1914 pour acheminer de l'eau aux nombreuses cultures. Il a été abandonné en 1979 au profit du canal construit juste à côté.


L'aqueduc de Brooks et le canal.

Peu après, nous trouvons une aire de pique-nique le long de la Transcanadienne. Nous parvenons à vider le système de refroidissement et y mettre un produit de rinçage juste avant que le temps ne tourne et qu'Eole ne se déchaîne.

Le lendemain, ne souhaitant pas aller dans une ville de plus d'un million d'habitants, nous contournons Calgary et prenons la direction du nord. Nous faisons un petit arrêt commissions à Red Deer. Puis nous terminons, un peu plus loin, à une station-service la maintenance du système de refroidissement, soit vidanger et rincer le circuit, mettre de l'antigel et de l'anti-fuite. Ensuite, ayant à nouveau de la peine à trouver un endroit où nous mettre, nous nous arrêtons à la petite ville de Rocky Mountains House sur un parking proche de la rivière traversant cette ville. Nous nous trouvons aux abords des montagnes Rocheuses, le paysage est enfin moins plat, et les camions sont enfin moins nombreux sur la route.


Echantillon de trucks croisés ces derniers jours.

Dans la matinée, nous nous dirigeons vers l'ouest sur l'une des routes qui mène au parc national de Banff et à celui de Jasper dans son prolongement mais nous arrêtons un peu avant l'entrée du parc de Banff pour prendre une route qui longe ces parcs. Nous avons, en effet, choisi de ne pas visiter ces deux parcs. Ils sont très, voire un peu trop, connus et donc bondés (Banff: cinq millions de visiteurs à l'année!). Les droits d'entrée sont élevés et la grande route qui les traversent est payante à la journée! Il est obligatoire de camper dans des lieux définis et payants. Il n'y a pas de randonnée de 1-2 jours. Ce sont soit des micro balades de quelques centaines de mètres, quand le point de vue n'est pas directement au bord de la route, soit un immense tour. Tout ceci, mis bout à bout, nous a ôté toute envie d'y aller. Aucun regret, nous avons vu des sommets et des glaciers bien plus impressionnants en Amérique du Sud et il y en a d'autres à venir.


Différentes vues des Rocheuses pendant la journée.

Nous cherchons un itinéraire alternatif à cette route parallèle, passablement fréquentée quand même, mais nous tombons sur un cul-de-sac. Au retour, nous baladons un peu au bord d'une jolie rivière.


Une pause en cherchant notre chemin.

En fin de journée, après les sempiternelles difficultés pour dénicher un endroit où passer la nuit, nous atterrissons dans une clairière.

Après le petit-déjeuner, nous reprenons la direction du nord. A Hinton, nous nous promenons le long d'un sentier aménagé sur un étang à castors. Nous ne les voyons pas, c'est un animal plutôt actif au crépuscule, nuitamment et à l'aube, mais nous voyons leurs huttes et leurs traces.


Les travaux des castors.

Puis, à Grande Cache, nous allons à un point de vue, Sulphur Gates.


Sulphur Gates, confluence des rivières Smoky et Sulphur.

Nous poursuivons (ce que très peu de monde fait) jusqu'aux chutes Eaton.


Eaton falls.

Ensuite, la galère des fins de journée se reproduit. Tous les chemins autres que la route principale mènent à des exploitations minières ou pétrolières. A force de tourner, l'heure tourne aussi et ainsi arrive l'heure pour d'autres animaux de sortir. Peu après, nous parvenons finalement à trouver un petit coin au bord d'une rivière.


Celui que nous avons cherché à voir le matin-même finit par se montrer... et disparaître.



Suite au prochain épisode! Vancouver, le 13.10.2013