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Au centre du Chili

Mercredi 13 mars, à la douane de Mamuil Malal côté argentin, tout se passe aisément. Dans la zone franche, un panneau souhaite la bienvenue au Chili en Araucanie. En effet, l'endroit est couvert d'araucarias, un arbre typique de la région.


Bienvenue en Araucanie.

Arrivés à la douane côté chilien, les formalités prennent une plombe. Il faut déjà un moment pour faire les tampons dans les passeports et pour les papiers du véhicule. Puis, cette fois, nous avons droit au contrôle sanitaire lors duquel on nous confisque un paquet de lentilles (qui a déjà passé trois ou quatre douanes différentes!). Ensuite, en direction de Pucon, nous avons déjà la vue sur le volcan Villarica.


Le volcan Villarica de loin.

A Pucon, nous faisons rapidement quelques courses et trouvons aussi un nouvel autocollant du drapeau chilien (qui colle cette fois!). Après cet arrêt, nous allons voir le volcan Villarica de plus près dans le parc du même nom.


Le volcan Villarica de près.

Nous nous remettons en route, la région est plus peuplée qu'au sud, il est difficle de trouver un endroit pour s'arrêter, il y a beaucoup de cultures clôturées. Nous allons alors jusqu'au parc naturel Conguillio que nous voulons visiter le lendemain.

Au programme du jour, différentes balades dans ce parc. La première nous emmène dans un petit canyon creusé par le rio Traful Traful, dans les cendres et les coulées du volcan Llaima, un volcan très actif, une cinquantaine d'éruptions depuis 1640, la dernière en 2008. Dans le canyon, il y a plein de fuchsias, arbuste apprécié des colibris, plein nous volent autour. De fait, lorsqu'il y a des fuchsias, il y a toujours des colibris dans le coin que nous reconnaissons à présent bien à leur chant.


Le canyon du Traful Traful.


Le volcan Llaima.

La deuxième nous fait d'abord passer dans un petit bout de forêt avant de nous emmener sur d'anciennes coulées de lave.


La deuxième balade du jour.

Le troisième sentier passe dans une forêt d'araucarias. Cet arbre, aussi surnommé désespoir des singes en raison des écailles pointues recouvrant ses branches, peut atteindre mille ans et une cinquantaine de mètres. Dès l'âge de 30 à 40 ans, il produit des espèces de grosses pives renfermant des pignons comestibles de 3 à 5 cm de long pour environ 1 cm de diamètre. Ils se mangent de préférence grillés. Comme c'est la saison, nous avons profité pour en ramasser quelques kilos qu'il faudra décortiquer et que nous mangerons les jours suivants.


Araucarias, pives, branches et pignons.

En partant du parc, nous passons par Curacautin où nous voulons faire le plein mais ils sont à sec à la pompe. Il faut aller plus à l'est le faire à Lonquimay. Pour y parvenir, nous avons le choix entre deux routes. A l'aller, nous prenons le ripio qui passe par la réserve Malalcahuello-Nalcas. Il y a de fantastiques vues dans les forêts d'araucarias.


Dans la réserve Malalcahuello-Nalcas.

A lonquimay, nous faisons le plein. Au retour, nous prenons la route principale pour retourner à la réserve. Nous empruntons sur ce tronçon le plus long tunnel d'Amérique du Sud faisant environ 4,5 km. Il n'est pas très large et circule alternativement dans un sens ou dans l'autre.


L'entrée du tunnel las Raices.

Dans la réserve, la route grimpe sur un volcan et aboutit au sommet d'une zone de cratères puis continue à serpenter au milieu de volcans et de cratères. Le passage parmi ces monstres endormis est absolument sublime, nous nous croirions sur Mars. Nous avons en plus droit à un magnifique coucher de soleil au milieu des volcans et de ce paysage désertique. Nous dormons plus loin, une fois être redescendus dans la vallée.



Volcans dans le parc Malalcahuello-Nalcas.

Le lendemain, nous poursuivons cette piste. Nous avions décidé de passer par le village de Ralco. A partir d'un embranchement, la piste se déteriore sérieusement, ce n'est plus qu'un semblant de piste forestière, pleine de cailloux et de trous. Si certains ripios empruntés jusqu'à présent étaient en mauvais état, celui-ci est de loin le pire! Sans compter les côtes abruptes qu'il recèle! Nous avançons tels des escargots à une vitesse moyenne de 10-15 km/h pendant près de trois heures, parfois en vitesse rampante (avec la boîte-réducteur) pour les côtes les plus raides. Première vraie piste 4x4!


La piste en question à un endroit où elle est particulièrement en bon état...

Sur sa fin, nous tombons sur un portail cadenassé à côté d'une ferme. Nous allons demander poliment qu'on nous ouvre, mais la propriétaire des lieux refuse catégoriquement. Nous tentons de négocier pendant près d'une demi-heure en lui expliquant que s'il faut revenir en arrière, c'est plus d'un jour de détour, que c'est la seule route qu'il y a et qu'elle est publique. Elle n'en a cure. Nous finissons par arrêter cette vaine discussion, lui disons que nous allons passer et nous dirigeons vers le portail. De peur que nous ne le lui défoncions, elle nous suit au portail, pinaille encore un peu devant le cadenas puis finit par aller chercher la clé. Victoire! La ténacité est toujours une bonne alliée! Il nous faut encore quelques kilomètres, le passage d'un rio à gué, avant de retrouver un ripio plus correct. En redescendant dans la vallée du rio BioBio, nous voyons de loin un volcan en activité.


Activité volcanique.

Il est ensuite difficile de trouver un accès au bord de ce rio, tous sont bloqués par des barrières cadenassées ou des propriétés privées. En plus, nous ne pouvons pas y accéder sur la partie aval, un barrage étant en construction. Nous nous installons finalement vers une pépinière en poussant un portail non-cadenassé. Nous y restons jusqu'au lendemain. Benj tente d'y pêcher un moment, mais sans grand succès, le rio semblant déjà avoir subi les affres des barrages plus en amont. Peut-être aurait-t-il dû pêcher un peu plus haut, mais l'accès y était aussi difficile.


Le rio Biobio.

Le matin, cap sur le parc national Laguna del Laja. Cette laguna a été créée par l'éruption du volcan Antuco au XIXème dont une coulée de lave a barré le cours du rio Laja. L'eau s'infiltre dans l'ancienne coulée et le rio se reforme quelques kilomètres plus bas où il y a de magnifiques chutes d'eau, que nous voyons lors d'une balade.


Salto de Las Chicas.


Salto del Torbellino.

Le coin étant de nouveau rempli de fuchsias, les colibris sont de la partie.


Colibris dans leur élément et un bout de la balade.

Puis, nous allons voir cette grande lagune.


La Laguna del Laja.

Au retour, nous faisons un petit arrêt à une chute située à la sortie du parc. Nous nous arrêtons pour la nuit au bord d'un petit lac près du village de Trupan.


La chute en question.

Dimanche 17, nous arrivons sur la Panaméricaine. Sur ce tronçon, c'est une sorte d'autoroute à la sauce locale, où circule de tout, piétons, vélos, moissoneuse-batteuse, chars à chevaux jusqu'aux gros camions surchargés. Il y a aussi des arrêts de bus au bord ainsi que des stands en tous genres, bref, pas vraiment un régal pour la conduite!

En fin d'après-midi, nous quittons la Panam pour visiter la réserve nationale Radal Siete Tazas. Sur place, nous allons d'abord voir le Velo de la Novia, une grande chute.


Le Velo de la Novia (voile de la mariée).

Puis, nous enchaînons avec le sentier qui mène aux Siete Tazas (sept tasses).


La série de bassins des Siete Tazas, créés par l'érosion dans le basalt.

Pour la suite de la balade, c'est raté, la cascade le Salto de la Leona est à sec. Nous redescendons un petit bout et nous mettons pour la nuit sur le parking du Velo de la Novia.


Il y aurait dû y avoir une belle chute d'eau sur cette photo...

Le jour suivant, nous allons voir une autre chute d'eau à l'extérieur du parc.


Une vue idyllique.

Nous nous dirigeons ensuite du côté de Curico en quête d'un producteur de vin pour en acheter et le revendre un peu plus loin afin d'essayer de se faire quelques sous. Nous en trouvons un à Valdivia et lui achetons 12 bouteilles de rouge et 12 de blanc.


Nos bouteilles.

Nous reprenons ensuite la Panam, toujours en direction de Santiago. En route, nous faisons un petit crochet par la réserve nationale Rio de los Cipreses. Là-bas, nous choisissons la balade pour voir des perroquets, les Tricahues, les plus grands du Chili. Le guardaparque à l'entrée du parc nous avait assuré qu'on les y voyait facilement. Après plus d'une heure à chercher, déçus, nous abandonnons l'idée d'en voir, il n'y en a pas! Nous repartons du parc et nous installons un peu plus loin, après la ville de Coya.


Les Tricahues que nous aurions dus voir.

Mardi 19, nous essayons de vendre nos bouteilles. Après plusieurs refus dans des restaurants, des botillerias (débits de boissons) et des minimercados (épiceries), les affaires commencent timidement par une première bouteille de rouge vendue à la propriétaire d'un bistrot. Nous reprenons espoir! Or, les refus s'enchaînent jusqu'à ce que nous arrivions à vendre 10 bouteilles de rouge à un hôtel à Pirque. Puis, nous arrivons encore à vendre une bouteille de blanc à la secrétaire d'une agence de propriétaires que nous avions prise pour un hôtel. Nous poursuivons en remontant le canyon du Maipo et en redescendant par la rive oposée. Il y a beaucoup de restaurants et d'hôtels, mais la pluspart sont fermés en semaine, ils n'ouvrent que le week-end lorsque les habitants de Santiago s'y déplacent en masse. Nous dormons dans le coin sur une petite route parallèle à la principale.

Le lendemain, journée marathon. Première étape, traverser Santiago, ce que nous faisons en évitant le centre en restant sur la ceinture périphérique.


Un extrait de Santiago.

Notre guide papier indiquait que pour rouler dans cette ville, les véhicules doivent être équipés d'un capteur pour les péages mais rien de tel nous a été signalé à l'entrée de Santiago, alors nous n'avons pas cherché à nous équiper. Nous n'avons seulement payé que quelques péages à barrière après être sortis de la capitale. Deuxième étape, se débarrasser du blanc qui nous reste avant d'être à la frontière car nous ne sommes pas sûrs des quantités d'alcool pouvant être passées. Cela s'avère fastidieux, nous n'arrivons à vendre que deux bouteilles à un particulier avant qu'on nous dise à un restaurant que nous pouvons passer deux cartons par personne. Ouf, un impératif de moins pour cette journée! Bilan de la vente au Chili: 11 bouteilles de rouge vendues (+1 bue), 3 de blanc vendues, une trentaine de francs gagnés et il nous reste 9 bouteilles. Néanmoins, nous avons passé pas mal de temps à essayer de les écouler et fait quelques détours...

Troisième étape, passer la frontière, mais nous sommes stoppés dans notre élan avant de gravir le col menant à la douane située au pied de l'Aconcagua, le toit des Amériques et de tout l'hémisphère Sud, culminant à 6'960m. La route du col est en travaux, la circulation est alternée et s'effectue dans notre sens qu'entre 20h et 7h. Nous sommes bons pour poiroter trois heures et surtout faire la route de nuit. Quelle déception, nous ne verrons pas l'Aconcagua, alors que nous avions choisi cette route dans ce but!


Un blocage bien involontaire.

Le convoi de véhicules s'élance à 20h derrière la police et l'armée qui ouvrent le bal. C'est la queue-leu-leu, ça grimpe à plus de 3'000m et, arrivés à la douane, c'est le boxon. Nous devons faire deux heures de file pour atteindre le poste de contrôle où se font les formalités. Ces dernières prennent en plus du temps et les douaniers ne sont pas franchement aimables. Nous avons aussi droit à une vérification particulièrement pointue du bus par une douanière zélée, pour ne pas dire énervée, pas agréable pour un sou, et qui arrive même à casser une fermeture de porte d'armoire. Une fois la vérification terminée, nous nous faisons éjecter comme des mals propres de la zone de contrôle alors que les papiers ne sont pas finis. Il faut que Benj aille encore terminer les papiers du véhicule dans un petit bureau au fond du poste pendant que Séverine range le foutoir que la douanière a laissé derrière elle. Il est passé 23h30 quand tout ce cirque est enfin terminé. Pendant l'attente, nous avons fait connaissance de deux couples de Français qui voyagent en camion en famille. Tous dormons juste derrière la douane. Benj boit encore quelques verres avec eux avant de se coucher, Séverine, crevée et pas trop bien, est déjà allée se coucher.



Suite au prochain épisode! Guayaquil, le 06.05.2013