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Province du Chubut

Nous avons passé la nuit du 20 au 21 janvier à Gaiman (ville fondée dans les années 1880 par des immigrés gallois), au bord du Rio Chubut, un peu à l'intérieur des terres. Ca change du paysage aride et plat de la côte atlantique. En fin de matinée, nous sommes allés en ville à l'office du tourisme se renseigner sur les permis de pêche. Ils n'en vendent pas, ailleurs à Gaiman non plus, mais nous conseillent sans trop savoir en quoi ça consiste d'aller un peu plus loin au village Villa Florentino Ameghino. Nous profitons aussi du wifi qu'ils ont pour mettre en ligne pour nos chers lecteurs un récit préparé ces derniers jours. En route vers ce bled, nous devons nous éloigner du Rio et la chaleur est extrême. Nous mesurons 39°C à l'ombre (et quasi 50 au soleil!) à 18h. Dique Ameghino (appelé aussi ainsi en raison du barrage hydraulique qui s'y trouve) se situe dans un canyon où le paysage est superbe.


Le canyon.

Après s'être renseignés, nous trouvons la baraque du garde-pêche où il vend les permis. Nous sommes encore dans les heures d'ouverture mais, devinez, il a déjà fermé boutique! Nous réessaierons demain. Nous trouvons après le village un endroit au bord du rio Chubut pour nous installer.

Le lendemain matin, nous retournons à la baraque du garde-pêche. Nous avons failli le rater, nous l'avons croisé dans le bled alors qu'il en partait... Benjamin obtient son permis valable pour la saison et pour toute la Patagonie, à un prix sextuplé par rapport aux résidents! Vive ce qui s'appelle la "double tarification", pratiquée tout le temps ici. Nous nous remettons en route vers l'ouest en remontant la vallée du rio. Le décor est superbe, la route est entourée de sierras faconnées au cours du temps par le rio et les vents.


Sierras.


Sierras encore.

Puis cap un peu au nord, direction Esquel et son parc national. Nous nous arrêtons le soir au bord du rio Gualjaina. Premier poisson pour Benjamin, une petite perche de Patagonie, qui accompagnera le souper. ;)

Le mercredi 23, avant d'aller au parc national "Los Alerces" (du nom d'arbres de la famille des séquoias, géants végétaux qui peuvent atteindre 3000 ans), nous nous arrêtons à Esquel faire le plein de carburant, d'eau et de vivres. En route, nous avons la vue sur les premiers sommets enneigés, nous nous approchons des Andes.


Les premières neiges depuis notre départ.

Benjamin remarque que Lucy, nous avons baptisé ainsi notre bus (Mitsubishi signifie "trois diamants" en japonais, d'où la référence à la célèbre chanson des Beatles, "Lucy in the Sky with Diamonds".), fait un drôle de bruit au niveau du pot d'échappement. Rapide coup d'oeil dessous, une soudure est nécessaire. Et donc il faut chercher un garage. Les premiers ne peuvent pas ou pas de suite. Grrr!! Et enfin coup de chance, il y en a un qui nous fait la soudure nécessaire de suite. Nous pouvons repartir en direction du parc, où un péage avec, pour changer, une tarification "spéciale étrangers" nous attend. Cette fois-ci, c'est "seulement" 2,5 fois plus cher. Cette politique nous déplaît vraiment, mais nous n'avons pas le choix et ils le savent. Impossible de négocier. Après un rapide passage au centre d'information pour avoir quelques précisions sur les balades à faire, nous allons voir une petite cascade rapidement accessible.


La cascade Irigoyen.

Ensuite nous allons nous installer au bord d'un des lacs du parc, où Benjamin pêche, mais sans succès. Le lac est profond et sans activité apparente. Le lendemain matin, nous partons en balade au bord du Rio Arrayanes. Le rio est beau, mais les berges sont difficiles d'accès. Benjamin tente de pêcher depuis la seule plage accessible de la balade, ça se solde par une petite touche mais ratée.


Le Rio Arrayanes.

Au bout de la balade, se trouve un vieil Alerces de "seulement" 800 ans. Ceux qui sont millénaires ne peuvent être vus qu'en faisant une excursion lacustre touristique et hors de prix, nous y avons renoncé.


L'alerces de 800 ans. Le rio est juste derrière, on comprend les problèmes d'accès aux rives...

L'après-midi, nous faisons une autre balade au bord du lac Rivadavia et de son rio. Benjamin y a tenu une truite, mais elle s'est décrochée... Et, comme au bord du rio du matin, les accès sont très peu nombreux. Il y a du poisson mais pour le pêcher l'idéal est d'être en bateau avec guide, mais ça taxe un max. Le soir, nous nous arrêtons dans un des campements libres du parc.


Rio Rivadavia.

Le vendredi matin, nous avons prévu de faire la balade où il y a une passerelle sur le Rio Arrayanes mais le parking est... payant! Et il est interdit de stationner dans les allentours. Nous boycottons! Nous avons déjà assez raqué pour l'entrée! Nous nous rabattons sur une autre balade avec point de vue sur les lacs du parc.


Vue sur les lacs depuis le promontoir.

Nous quittons ensuite le parc et remettons le cap au sud. Nous nous arrêtons en fin d'après-midi au bord du Rio Nant y Fall. Benjamin essaie de ramener du souper pour accompagner les empanadas maison, mais c'est encore décroché (ça commence à bien faire!)!

Samedi, passage par Corcovado, encore un village arrêté dans le temps, où aucun panneau n'existe pour indiquer sur quelle route (plutôt une piste!) continuer. Après avoir été vaguement renseignés par un local, nous arrivons à trouver la bonne route. Nous nous arrêtons ensuite au bord du Rio Corcovado. Et une petite truite passera (enfin!) à la casserole pour le souper.


La première truite!

Dans la matinée du dimanche 27, nous reprenons la route direction Rio Pico. La vue est très belle. Mais le ripio (nom local pour les pistes) est tortueux et pentu au point que le moteur de Lucy surchauffe. Nous devons nous arrêter un petit moment, laisser refroidir et remettre un peu d'eau dans le radiateur.


La vallée du Corcovado.

Ensuite, après avoir pu repartir, nous passons au bord du Lago Wintter. Superbe grand lac avec les Andes en toile de fond, partagé entre l'Argentine et le Chili. Le Rio Corcovado en sort.


Le Lago Wintter.


La naissance du Rio Corcovado.

Benjamin essaie d'y pêcher mais sans succès. Le vent est violent, avec des rafales devant atteindre les 100km/h. Puis, arrivé à Rio Pico, nous cherchons un endroit pour nous installer au bord du rio mais tout est bloqué par des estancias. C'est barbant! Nous atterrissons pour finir simplement au bord d'une petite plage d'un lac du coin.

Le lendemain, en fin de matinée, nous continuons notre route. Nous nous arrêtons à Gobernador Costa faire le plein. Le pompiste commence par râler à cause de notre filtre. C'est une sorte d'entonnoir filtrant le carburant pour éviter que l'eau et les particules pouvant s'y trouver n'aillent dans le réservoir. En effet, le carburant ici n'est pas de grande qualité. Il vaut mieux se prémunir de ces éléments pouvant endommager le moteur. Puis, ce fichu pompiste s'arrête en cours de plein et refuse de continuer. Benjamin a dû insister pour avoir à peu près le plein complet. Ensuite, il a catégoriquement refusé de remplir notre petit jerrican d'essence pour le réchaud. Il était seul pour gérer quatre pompes et, comme déjà constaté ici, quand il y a trop de boulot, ça les emm...

Nous avons aussi essayé de faire des courses de produits frais mais ils laissent à désirer, mieux vaut renoncer. En fait, de manière générale, il faut se méfier en faisant les courses, même au supermarché, car tout est mis à la vente, même ce qui ne devrait plus l'être!

Nous continuons alors notre route en quête d'un endroit pour nous installer pour le soir. C'est à nouveau difficile, tout est clôturé et il n'y a aucun chemin sans barrière en dehors de la route principale. Nous tentons une première Estancia, mais le patron n'est pas là et l'employé nous dit que nous ne pouvons pas rester. Nous en tentons ensuite une deuxième, le patron n'est toujours pas là, mais cette fois ça ne pose aucun problème à l'employé que nous restions, il est même content de voir quelqu'un. Il y a aussi un petit ruisseau où Benjamin arrive rapidement à faire une truite et un saumon de fontaine pour le souper. L'employé lui avait dit qu'il y avait peu de poisson, mais de fait ça grouille. Pas des poissons bien gros, mais certains toutefois de taille acceptable.


Saumon de fontaine.


Truite arc-en-ciel.

Le jour suivant, Benjamin pêche encore un peu avant de partir. Nous offrons une truite à l'employé qui est tout content. La journée, nous continuons sur la route 40 et nous changeons de province au cours de celle-ci.



Suite au prochain épisode! El Calafate, le 03.02.2013