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Le désert d'Australie du Sud

Mercredi 26 février, nous passons la frontière de l'état d'Australie du Sud avec un frigo presque vide. Il est interdit, à quelques exceptions près, de faire transiter des fruits et légumes frais d'un Etat à l'autre, dans le but d'éviter la propagation de mouches à fruits et autres nuisibles.


Changement d'Etat.

A la frontière elle-même, pas de contrôle. Ce n'est que 200 kilomètres plus loin que le poste de quarantaine est présent (il n'y a aucun magasin entre deux!). L'officier, étonné de la position du volant, vérifie le frigo puis nous laisse poursuivre. Nous passons la première nuit dans ce nouvel Etat un peu à l'écart de la route.

Le lendemain, nous faisons halte à Peterborough, une petite bourgade assoupie, histoire de refaire le plein de produits frais.


Peterborough et sa rue principale.

Ensuite, cap au nord. Nous nous installons en fin de journée sur une petite coline en bordure de la chaîne des Flinders.


Vue sur les Flinders.

Après une nuit très venteuse qui nous a rappelé la Patagonie, nous entrons dans le parc national des Flinders. Le relief devient davantage accidenté.


Flinders Range National Park.

Puis, nous nous engageons sur une piste qui sillonne à travers les gorges d'une rivière à sec. Les couleurs sont très variées et quelques grands arbres se dressent dans le lit de la rivière, ce qui change du bush de ces derniers temps.


Bushina Gorge.

Un peu plus au nord, des familles de cactus ont pris possession des coins à l'ombre sous les arbres.


Aire de pique-nique disputée.

Plus loin, le bush laisse place à des plaines désertiques. La taille des buissons diminue et la terre est remplacée par endroits par du sable. Cependant, grâce aux dernières pluies, quelques plantes sont en fleurs.


Fleurs du désert.

Nous nous trouvons un coin à l'écart de la piste. Le soir, la pollution lumineuse étant inexistante, nous avons, comme ces derniers temps, un très beau ciel étoilé.


Bivouac sous les étoiles.

En ce premier jour du mois de mars, nous passons par le village de Leigh Creek puis poursuivons en direction du nord. C'est le dernier bled avant le Oodnadatta Track, la première piste ayant été tracée à l'intérieur des terres en 1858. Le télégraphe y a été posé en 1872, puis en 1891 l'ancienne ligne de chemin de fer qui reliait le sud au nord du pays a été ouverte le long de ce tracé. Nous commençons à traverser un bout de désert. Kangourous et émeus se font désormais rares. Cette piste longe un moment le lac Eyre Sud, un lac salé qui se remplit périodiquement en fonction des crues des rivières qui s'y jettent. Comme il draine un immense bassin, il peut recevoir de l'eau lorsqu'il pleut à des centaines de kilomètres de là. Il est, en outre, situé à une quinzaine de mètres en dessous du niveau de la mer.


"Salar" australien et mirage (il est à sec).

Il est en partie également alimenté par dessous grâce au grand bassin artésien, le plus grand réseau hydrologique souterrain au monde, couvrant près de 22% du territoire australien. L'eau artésienne à cet endroit est tombée sous forme de pluie dans le Queensland et les Territoires du Nord il y a près de 2 millions d'années. Nous nous installons un peu plus loin à côté d'une petite oasis.


L'oasis en question.

Bonne idée pour avoir de l'ombre mais mauvaise concernant les moustiques. Dès la tombée du jour, alors que nous pensions avoir la paix avec les mouches de nouveau présentes (cf récit L'Outback du Queensland) qui se couchent enfin, les moustiques sortent en masse.


Coucher de soleil dans le désert, juste avant l'arrivée des moustiques.

Le jour suivant, quelques kilomètres plus loin, nous arrivons à Blanche Cup et Bubbler, deux sources créées par le bassin artésien, distantes de quelques centaines de mètres et connues des Aborigènes depuis des millénaires. C'est déroutant ces petites oasis au milieu du désert, et d'autant plus qu'elles se situent sur de petites collines, à l'image de petits volcans. Magnifique surprise et émerveillement.


Blanche Cup.


The Bubbler.

Un peu plus loin, il est possible de se baigner dans un bassin aménagé, alimenté par cette eau artésienne.


Quel plaisir de faire trempette et de se rafraîchir un peu, il doit faire 45°C à l'ombre, quand il y en a!

A nouveau en route, nous constatons à nouveau le résultat des récentes pluies, des fleurs sont apparues un peu partout.


Le long de la piste.

En fin d'après-midi, nous atteignons Coober Pedy, la capitale mondiale de ... l'opale. Si la plupart des endroits visités jusqu'à présent étaient anecdotiques avec quelques dizaines d'hectares de zones minières autour de villages petits, voire minuscules, ici ça s'étend sur près de 40 kilomètres autour de cette cité d'environ 3'500 habitants.


Décor minier autour de Coober Pedy.

Les magasins étant quasiment tous fermés en cette fin de dimanche après-midi, nous allons nous installer un peu plus au nord à l'écart d'une piste. Benj, le soir, a une pensée pour ses copains pêcheurs qui font l'ouverture ce jour-là.


Encore un superbe coucher de soleil.

Le lendemain, retour à Coober Pedy pour voir les échoppes d'opales. Certaines proposent de (très) jolies pierres mais, l'endroit étant fort touristique, certains prix sont surfaits pour de la qualité parfois douteuse. Nous visitons un orphelinat à kangourous. Ils recueillent des petits dont les mères sont mortes shootées par des camions ou tuées par des chasseurs. Certains restent ad aeternam à l'orphelinat car ils ont des séquelles trop graves, d'autres sont placés dans des sanctuaires. Il n'est pas permis en Australie du Sud de les relâcher dans la nature. Nous pouvons nourrir quelques adultes et assister à l'allaitement du petit Harry, six mois.


A l'orphelinat pour kangourous.

Puis, nous mettons le cap en direction du sud et nous arrêtons à une aire routière.


Coucher de soleil en compagnie de la lune.

Mardi 4 mars, nous restons un moment à Woomera, porte d'entrée de la base militaire et aérospatiale australienne. Cette bourgade est un musée en plein air. Nous bivouaquons en fin de journée non loin de Woomera.


Aéronefs et missiles en tous genres.

Mercredi, nous continuons en direction d'Andamooka, encore un village minier! Bien que ce ne soit pas très loin de Coober Pedy, les circuits touristiques n'y passent pas et ce village semble figé dans le temps. Peut-être pour renforcer cet aspect, les anciennes bicoques des mineurs ont été conservées.


Au centre du bled.

La majorité de la production est envoyée à Coober Pedy. Un des derniers tailleurs d'opales du village, que nous avons rencontré, a 90 ans et tremble comme une feuille! Après cette visite pittoresque, nous faisons au retour un petit passage à Roxby Downs, petite ville montée de toutes pièces il y a 25 ans pour l'exploitation de la mine d'Olympic Dam, où se trouvent les plus grandes réserves mondiales d'uranium. Un peu plus tard, nous prenons nos quartiers de nuit à une aire routière à proximité d'un lac salé.


Coucher de soleil sur le lac Island Lagoon.

Nous arrivons à Port Augusta le lendemain en fin de matinée. Il s'agit de trouver un garage car nous avons plusieurs problèmes à règler. Le plus urgent est une fuite, semble-t-il, au niveau du turbo qui a fait exploser la consommation la veille (près de 20l/100km contre 11 à 12 d'habitude). En parallèle, la transmission 4x4 fait de gros tapements sourds qui nous inquiètent et nous empêchent d'utiliser le 4x4. Quelques garages ont trop de boulot pour s'occuper de Lucy avant une semaine. Un parmi eux nous en recommande un autre qui pourrait avoir un peu de temps cette semaine. Celui-ci nous dit qu'il peut commencer le lendemain. Rendez-vous est pris pour le matin. Après un petit tour en ville, où nous trouvons enfin le désormais célèbre autocollant du pays visité, nous passons la nuit à l'écart de cette ville sur une petite piste.


Nouvelle bannière au compteur, idem pour le coucher de soleil.

Le matin suivant, nous nous rendons comme convenu au garage et y passons la journée. Notre mécano n'est pas très dégourdi et c'est finalement Benj qui localise la fuite, sur un joint entre le collecteur d'échappement et le turbo. En fin d'après-midi, le garagiste va chercher de la feuille de joint à découper puis, une fois le joint refait, ça lui prend jusqu'à 22h pour tout remonter! Nous dormons devant le garage.


Joint cassé.

Le lendemain matin, il est censé venir bosser pour s'occuper de la réparation de la transmission 4x4 mais il ne daigne venir qu'à 12h30! En outre, il n'a pas envie de s'atteler au problème, argumentant que ce bruit est normal et qu'il doit travailler sur d'autres voitures. Nous ne sommes de plus pas très satisfaits du boulot de la veille. En plus du joint, il devait avoir refait l'étanchéité du turbo mais les courses d'essai du matin ont fait réapparaître un peu de suie autour de ce dernier. Comme il minimise les faits et ne veut pas corriger l'erreur, Benj termine la réparation lui-même en 10 minutes avec du mastic à pot d'échappement. Après lui avoir fait constater que la fuite était résorbée et demandé un remboursement d'une petite partie de ce que nous lui avions payé, ce qu'il refuse catégoriquement, nous mettons les voiles, amers.


L'océan près de Port Augusta.

Une cinquantaine de kilomètres après Port Augusta, une durite de refroidissement éclate. C'est bizarrement proche des endroits auscultés par notre oiseau le jour-même quand nous nous sommes froissés avec. Nous ne croyons pas à la coïncidence, mais ne pouvons rien y faire. Heureusement, le tuyau est assez long pour être coupé et re-raccordé et ainsi nous permettre de rouler jusqu'à la ville suivante, Port Pirie. Nous campons devant le magasin de pièces détachées prêts pour y être dès l'ouverture le lendemain. Nous avons de la chance que le magasin soit ouvert le dimanche matin.

Après le petit-déjeuner et un tuyau de remplacement trouvé au magasin, Benj s'attaque à la réparation. Plus tard, nous passons par Adelaide, la plus grande ville d'Australie du Sud avec plus d'un million d'habitants.


Centre d'Adelaide.

Dans les Adelaide Hills, les collines des environs, nos problèmes de surchauffe refont surface. Nous sommes contraints de nous arrêter en bord de route. En attendant que le moteur refroidisse, nous voyons notre premier koala sauvage.


Koala en plein effort!

Malgré plusieurs arrêts, le moteur peine énormément à refroidir, ce qui nous laisse à penser qu'il y a un autre problème en sus de celui du radiateur que nous connaissons déjà. Nous ne tardons pas à découvrir que le joint bricolé l'avant-veille par notre mécano véreux a déjà lâché. Nous avons des envies de meurtre mais ne pouvons pas refaire les 400 kilomètres qui mènent au garage. Nous parvenons quelques kilomètres plus loin à trouver un endroit à l'écart de la route. Il y a du pain sur la planche, heureusement que nous connaissons à présent bien notre moteur! Benj s'attaque au démontage et à la réparation en début de soirée, le moteur tourne à nouveau à 4 heures du matin!


Mécano en herbe!

Lundi matin, direction Murray Bridge pour aller au garage que quelqu'un nous a recommandés. Nous espérons qu'il pourra s'occuper du problème de transmission. Il n'a de la place qu'à partir de mercredi après-midi. Dans l'intervalle, nous mettons en ligne quelques récits et commençons les nettoyages en vue du prochain shipping.

Le mercredi, après avoir ausculté la transmission, un des arbres de transmission qui a pris du jeu est démonté et envoyé à Adelaide pour réparation. Dans l'attente, le différentiel est ouvert et vérifié, il ne semble pas être en mauvais état. Vendredi, une fois la pièce de retour, le mécano peut la remonter. Malheureusement, lors de la course d'essai, ce dernier et Benj s'aperçoivent rapidement que le bruit n'est pas jugulé et s'est même amplifié. Nous ne leur en voulons pas, ils nous avaient dit qu'ils n'étaient pas sûrs que cette réparation résolve le problème qui pouvait aussi venir du différentiel ou de la boîte 4X4. En outre, cet arbre aurait de toute façon dû à terme être réparé ou remplacé.


Au garage de Murray Bridge.

Ce problème ne nous empêche, certes, pas de rouler mais nous ne pouvons pas utiliser le 4X4. Comme il ne reste plus qu'une petite semaine avant que Lucy ne soit mise en container à 700 kilomètres de là, à Melbourne, à destination du Japon, nous devons nous faire à l'évidence que ce problème ne pourra être résolu en Australie. Nous devrons le résoudre au Japon. En japonais, ça risque d'être ardu! Nous quittons alors Murray Bridge, que nous avons assez vu! Nous passons la nuit un peu plus loin à une aire de repos.

Samedi 15 mars, nous continuons le trajet en direction de Melbourne et passons par Mount Gambier juste avant de changer d'état.


Au bord du gouffre de Mount Gambier.



Suite au prochain épisode! Melbourne, Victoria, Australie, le 25.03.2014