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Petit détour par l'Argentine

Samedi 23 février, le temps est toujours gris et il pleut cette fois. Nous reprenons la route en direction de la frontière avec l'Argentine. Nous aurions bien continué par le Chili mais il n'y a pas de route sur ce tronçon du pays. C'est trop montagneux et il y a ce gigantesque champ de glace (Campo de Hielo Sur). Nous nous attendions à être confrontés à une immense douane remplie de monde et de formalités comme à Monte Aymond (pour aller en Terre de Feu) mais il n'en est rien. Ce sont deux petits postes pour chaque pays où tout est fait rapidement et facilement. Quelques kilomètres après la frontière, c'est la ville de Rio Turbio où nous mettons du fuel et faisons quelques menues commissions sachant que nous repasserons la frontière tantôt. Plus loin, sur cette route 40, nous arrivons sur un tronçon déjà fait en partie à l'aller (où c'était le festival de lièvres) puis reparcourons cette route 40, il n'y a pas d'autre choix. Comme à l'aller, l'asphalte n'a pas progressé (!), il a plu il y a quelques jours ce qui crépit le bus sur les zones de terre.


Pauvre Lucy crépie.

Nous nous arrêtons sur le bout entre El Chalten et El Calafate au bord du lago Argentino. Rapidement, trois chiens errants viennent tourner autour du bus pendant que nous cuisinons. De fait, il y en a beaucoup en Argentine et au Chili, dont certains, comme d'autres animaux, surtout des lièvres, finissent écrasés sur la route. Nous avons aussi vu nombre de guanacos morts dans les clôtures qu'ils n'arrivent pas toujours à franchir en sautant.


Guanaco franchissant une de ces clôtures.

Encore un problème de ces clôtures pour le bétail, en plus de bloquer les accès. Si les chiens des villes et des villages sont en général encore assez bien nourris, ceux-ci loin de tout sont affamés. Ils nous font de la peine et nous partageons avec eux notre repas ainsi qu'un paquet de crackers.

Au réveil, ils sont toujours là et partagent avec nous le petit-déjeuner. Au moment du départ, ils nous suivent sur la piste jusqu'à la route principale. Nous en aurions bien adopté un mais ce n'est pas possible. Nous espérons qu'ils ont suivi la route jusqu'à une prochaine ville où ils trouveront plus facilement à manger. Sur la route menant à Gobernador Gregores, il a plu encore plus récemment que sur les tronçons pris la veille, et la piste s'est transformée en un véritable bourbier.


Le bourbier de la route 40.

Nous n'arrivons à la dite ville qu'en fin de journée. Que ce fut éprouvant, il nous a fallu plus de cinq heures pour faire 200 bornes. Chapeau au conducteur! Après y avoir fait quelques courses, le plein et lavé un peu le bus, nous roulons encore un tout petit bout, sur de l'asphalte ouf, pour nous arrêter près de la piste qui mène au parc national Perito Moreno, que nous avions visité à l'aller.

Lundi 25, nous passons par Bajo Caracoles. Faire le plein n'y est pas possible, il n'y a plus de diesel à la pompe. Heureusement que nous avions précédemment rempli nos jerricans en prévision d'être au Chili où le fuel est plus cher. Nous nous dirigeons ensuite à l'est vers la frontière chilienne au Paso Roballo. La piste passe dans une zone de canyons où les vues et les couleurs sont sublimes. Nous nous croirions sur une autre planète.


Les canyons et ses magnifiques teintes.

Le passage de la frontière n'est à nouveau qu'une formalité, c'est une petite douane perdue. Ensuite, nous traversons la vallée de Chacabuco, un parc en préparation, propriété des Tompkins. Ce sont des milliardaires, qui ont fait fortune dans le textile de sport (North face, Esprit, Patagonia) et qui rachètent par milliers d'hectares des surfaces en Patagonie argentine et chilienne, ce qui n'est pas forcément très bien vu dans ces deux pays. Ils en font des parcs naturels. D'ailleurs, dans la vallée de Chacabuco, ils font actuellement enlever les centaines de kilomètres de clôtures et le bétail, ce qui permet à la faune sauvage de revenir progressivement. Nous y voyons d'ailleurs pléthores de guanacos. Ensuite, c'est l'arrivée sur la mythique Carretera australe.


Des guanacos dans la vallée de Chacabuco.



Suite au prochain épisode! Ensenada, le 10.03.2013