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Glaciers et Alpes du Sud

Mardi 17 décembre, nous retournons à Greymouth à l'embouchure de la rivière Grey. Il semble que des dauphins d'Hector résident dans le coin. C'est le plus petit dauphin au monde, il est rare, possède un aileron arrondi et ne vit qu'autour des côtes néo-zélandaises. Malheureusement, avec une mer si agitée, nous n'en voyons aucun. En remontant ensuite dans la vallée, nous peinons pour accéder à la rivière. Nous trouvons finalement au bout d'une petite piste un coin au bord de l'eau. Benj attrape une jolie truite d'approximativement 60 cm.


Préférence pour des poissons vivants mais appareil photo resté au bus.

Nous ne restons pas sur place pour la nuit, c'est trop envahi de "sand flies" à cause du bétail dans les parages (cf récit Du ferry aux montagnes). Nous allons nous installer en forêt. La nuit tombée, nous patrouillons à la recherche du kiwi mais en vain. Nous n'entendons même pas leurs cris particuliers, un espèce de sifflement.

Le matin suivant, pendant le petit-déjeuner, une voiture du DOC (Department Of Conservation, qui gère notamment les campgrounds) vient vers nous et nous demande ce que nous faisons. Nous répondons que nous allons pêcher. Nous avons eu de la chance, il aurait pu se rabouler plus tôt, nous surprendre au saut du lit et nous coller probablement une amende. Nous continuons la piste et arrivons devant un portail fermé. En discutant avce le paysan, il nous autorise à pêcher au bord de la rivière dont les eaux sont transparentes. Benj fait une grande truite mais maigre comme un clou. Elle est relâchée.


Rarement vu une truite aussi maigre.

Nous tentons ensuite d'aller au lac Hochstetter mais n'y parvenons pas. C'est un dédale de pistes cul-de-sac en forêt, le GPS ne nous est d'aucun secours. Après une nouvelle expédition nocturne à la recherche du kiwi, nous nous couchons au bord d'une petite piste forestière, déçus.

Le lendemain, nous allons à Moana au bord du lac Brunner, le plus grand lac de la côte ouest. Il doit son nom à Thomas Brunner, le 1er Européen à l'avoir vu au milieu du XIXème siècle. Les Maoris, eux, l'appellent Moana, la mer intérieure.


Moana ou Lake Brunner.

Nous nous promenons en forêt le long de la rivière qui en sort. Nous voyons beaucoup d'espèces de fougères, un des emblèmes de la Nouvelle-Zélande, notamment Soft Tree Fern, une espèce arborescente dont les feuilles et tiges mortes ne tombent pas mais forment une jupe autour du tronc.


En balade.

Dans l'après-midi, nous nous installons au bord d'une petite rivière qui, malgré la limpidité de l'eau, semble vide.


Un affluent du lac Brunner aux eaux cristallines.

Nous partageons ce lieu de camp avec de nombreux wekas, oiseaux éminnement sympathiques et drôles et... diurnes!


Nos voisins du jour.

Nous commençons la journée en nous baladant jusqu'aux chutes Carew. Comme souvent lors de balades, un joli sentier à travers une forêt dense avec le chant des oiseaux nous y conduit.


Carew Falls.

Puis, dans les environs de Greenstone, nous voyons des exploitations d'or. Cette région connut plusieurs vagues de ruée vers l'or dès les années 1860.


Outils modernes de recherche de ce métal précieux et un témoin de cette époque.

Après un passage par Hokitika, nous nous installons au bord d'une petite piste non loin du lac Kaniere et cuisinons une variété endémique de fougères que les Maoris mangeaient mais ce n'est pas terrible.


Crown fern.

Au réveil, il fait déjà gris. Une fois aux chutes Dorothy le long du lac Kaniere, il pleut.


Dorothy Falls.

Le temps continue à se dégrader. Nous arrivons aux gorges d'Hokitika sous des trombes d'eau. La région est connue pour être très pluvieuse. Les masses d'air venant de la mer de Tasman se heurtent aux Alpes du Sud qui retiennent les nuages, ce qui engendre de nombreuses et fortes précipitations. Non loin de ces gorges, se trouve une vallée enregistrant 12'000 mm de précipitations (que sous forme de pluie) par an. C'est davantage qu'en Amazonie (8'000 mm)! La Suisse, à titre de comparaison, enregistre quelque 600 mm.


Hokitika Gorge.

Nous nous arrêtons un peu plus tard dans l'après-midi vers Green Beach dans la forêt de Ianthe. Ce n'est que dans la soirée que la pluie cesse.

Nous nous réveillons avec le soleil. Nous ne tardons pas à prendre la direction du célèbre glacier Franz Josef nommé en l'honneur de l'empereur autrichien de l'époque où le géologue Julius von Haast l'explora (1865). Sur place, il fait déjà bien gris mais le temps se maintient. Nous pouvons marcher jusqu'au pied du glacier et faire le retour au sec. Le bémol est qu'il y a énormément de monde et d'hélicoptères qui le survolent.


Glacier Franz Josef.

Les Maoris l'appellent Ka Roimata o Hine Hukatere (les larmes de la fille des avalanches). Leurs légendes racontent que les larmes d'une fille ayant perdu son amoureux tombé des pics environnants gelèrent et créèrent ainsi le glacier. Nous enchaînons avec le 2ème glacier connu du coin, le Fox. Il y a toujours beaucoup de monde malgré que nous soyons en fin d'après-midi et il fait toujours très gris.


Glacier Fox.

Bizarrement, il y a un campground gratuit pas très loin de là (en fait un parking). Nous nous y rendons et, comme nous nous en doutions, c'est bondé mais ça fera l'affaire pour une nuit. Le soir, le ciel se dégage un peu, nous pouvons bénéficier d'une vue partielle du Mont Cook, le plus haut sommet de Nouvelle-Zélande (3'754 m) et d'un magnifique coucher de soleil.


Mount Cook.


Coucher de soleil à Gillespies Beach.

Le jour suivant, nous continuons vers le sud et nous promenons le long d'une plage.


Entre plage et forêt.

Puis, direction Jackson Bay, un hameau au bout d'une petite route côtière. Pour la petite histoire, 400 pionniers de différents pays l'ont fondé en 1875 pour l'abandonner trois ans plus tard. Nous vous laissons imaginer ce qu'ils ont pensé du climat! Nous faisons une balade au bord de mer.


Jackson Bay.

Au retour, nous nous installons près d'une rivière. Benj attrape quelques truites. Il ne tarde pas à pleuvoir, nous décidons de nous déplacer car nous avons traversé un petit bras à sec de la rivière et craignons qu'il ne se remplisse avec la pluie. Nous trouvons un peu plus haut un autre lieu de camp sûr en retrait de la rivière.

En ce matin de Noël, nous sommes confortés dans notre choix de la veille. Il a plu toute la nuit et il pleut toujours. Lorsque nous repassons à proximité du petit bras à sec la veille, il ne l'est plus du tout!


La photo n'en donne pas l'impression mais il y a 60 à 70cm d'eau.

A cause du temps, nous profitons pour avancer jusqu'à Wanaka. En route, c'est dommage, la vue est complètement bouchée alors que c'est sensé être très beau et des rivières habituellement cristallines sont devenues gris-brunes et ont un fort débit.


En direction de Wanaka.

A cette petite ville, nous faisons une halte au supermarché. Tous ces derniers jours, les localités n'étaient que des bleds et aucune échope bien achalandée. Comme l'endroit est touristique et que c'est Noël, c'est la foire d'empoigne. En sortant du magasin en fin d'après-midi, le miracle de Noël s'est produit, il ne pleut plus! Le miracle s'arrête là, c'est ensuite le calvaire pour trouver un lieu où passer ce réveillon. Nous dénichons finalement une place au bord du lac Hawea.


Hawea Lake.

Mercredi 25, nous perdons notre temps à Queenstown, ville hypertouristique, entre wifi libre impossible à trouver, même à la bibliothèque (où d'habitude il y en a presque toujours, bien que souvent moyenâgeux) et offices du tourisme fermés. Nous repartons dans l'après-midi. Après avoir tenté de chercher sur une petite piste dans les hauteurs de Queenstown un endroit où nous installer, nous nous dirigeons vers Cromwell. Dans les environs, nous empruntons une petite route serpentant à travers des collines et offrant de très belles vues depuis les pâturages que se partagent moutons et lapins. Nous nous installons en bordure d'un de ces pâturages.


Sur les hauteurs de Cromwell.

Le lendemain, la route semblant plus loin impraticable d'après les informations fournies dans une petite boîte au début de celle-ci, nous redescendons sans regret, nous sommes plongés dans la brume. Nous prenons la route principale qui longe la rivière Kawarau dans le sens inverse de la veille. Elle est bordée par endroits de vignobles. Nous longeons ensuite le lac Wakatipu avec un temps mitigé mais les vues sont intéressantes.


Wakatipu Lake.

Nous faisons la pause au bord d'une rivière où nous restons l'après-midi. Benj pêche mais, les conditions étant mauvaises, il n'attrape aucun poisson. Nous passons la nuit un peu plus loin le long d'une petite piste au pied d'une colline.


La rivière pêchée ce jour-là.

Le matin suivant, nous allons au bord d'une autre rivière dans les environs. Les conditions sont meilleures que la veille. Benj fait une belle truite de près de 70cm. Suite à une erreur du pêcheur, elle retourne à l'eau avant la fin de la séance photos.


Le long de la rivière.

En début de soirée, il tient un très gros poisson qui malheureusement se décroche après quelques minutes. Nous dormons sur place.

Après le réveil, nous mettons le cap sur Te Anau, le départ de la route très touristique pour Milford Sound. Elle a la réputation de valoir la peine même si c'est un cul-de-sac. Nous avons la chance qu'il fasse assez beau. Les trente derniers kilomètres sont superbes. C'est la seule route qui passe dans Fiordland, cette immense région du sud-ouest de l'île qui est un parc national, le plus vaste de Nouvelle-Zélande avec 1.2 millions d'hectares. Les navigateurs anglais et gallois au XIXe qui ont découvert les lieux ont cru à tort que c'étaient des sounds (vallées alluviales noyées suite à un affaissement du terrain) et non des fjords (vallées glaciaires remplies actuellement par la mer). La région a été appelée Fiordland à la place de changer le nom de tous les sounds en fjords.


Route pour Milford Sound.

Sur le trajet, nous voyons un kea, un perroquet endémique de Nouvelle-Zélande.


Kea.

A Milford, nous faisons deux petites balades; une sur les hauteurs et l'autre au bord du fjord.


Vue de Milford Sound en hauteur.


Au bord de l'eau.

Au retour, nous parcourons un sentier qui mène à The Chasm, des gorges de la rivière qui se jette dans le fjord.


The Chasm.

Puis, nous nous arrêtons aux lacs Miroirs.


Mirror Lakes et ses habitants.

Le coin étant très touristique, tous les petits chemins ont leur petit panneau "No Camping" et tous les parkings le long de la route font office également de campground avec leur petite boîte pour s'autoenregistrer et payer. Il n'y a toutefois aucune commodité, même pas d'eau non potable. Cette politique continue aux alentours de Te Anau. C'est l'enfer pour trouver un endroit où nous installer. Nous parvenons finalement à en dénicher un près d'une rivière.

Le dimanche, nous allons au bord de la rivière Waiau où des scènes du Seigneur des Anneaux ont été tournées.


Rivière Anduin dans "La Communauté de l'Anneau".

Nous faisons la pause de midi au lac Manapouri dans un très beau décor.


Manapouri Lake.

Puis, nous allons nous promener le long d'une série d'étangs. Cette réserve de plus de 270 hectares a été créée en compensation des méfaits d'un barrage sur la rivière Waiau (diminution de son débit). Elle joue en même temps un rôle dans le maintien et la diversité des écosystèmes mis à mal par la pâture intensive.


Rakatu Wetlands Reserve.

En fin d'après-midi, nous nous installons non loin du lac Monowai après avoir vu une hermine.


Le nouvel animal du jour.

Comme l'opposum, le rat, le lapin, ..., cet animal a été introduit sur l'île mais est considéré comme un nuisible en raison des dommages qu'il cause à la faune, en particulier aux oiseaux. Un programme d'éradication de longue date a été mis en place avec la pose de pièges et/ou d'appâts empoisonnés mais avec des résultats mitigés. Ce programme est remis en cause par certains locaux et les associations protectrices de l'environnement. Il s'avère que le poison ne tue pas seulement les indésirables mais également d'autres espèces alors que le trappage est plus efficace à long terme. Plus tard, pendant la préparation du souper, la pluie s'invite. Ce sont rapidement des cordes qui s'abattent.


Pièges et appâts.

Au réveil, il pleut toujours. Nous quittons sans trop tarder le coin en espérant trouver un temps meilleur. Un peu plus loin, nous optons pour une visite à l'abri, dans une grotte.


Clifden Caves.

Nous prenons ensuite la direction du lac Hauroko, le plus profond de Nouvelle-Zélande (462 mètres). Sur place, il ne pleut plus, nous faisons une balade.


Lors de la promenade.

L'après-midi, nous souhaitons randonner le long de la côte sud sur Hump Track que nous avons repéré sur la carte. Après 15km sur une route pourrie au bout de laquelle nous pensons être seuls, nous déchantons vite; le parking est bondé, le sentier est payant et il faut réserver. Nous rebroussons chemin, déçus.


Toujours les mêmes au bord des routes!

Nous décidons du coup de passer la grande ville d'Invercargill tout au sud de l'île encore ce jour. Nous nous arrêtons pour la nuit dans un champ au bord de la Mataura.



Suite au prochain épisode! Manukau, Nouvelle-Zélande, le 01.02.2014