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Le nord de Hokkaido

Samedi 10 mai, nous commençons la journée à Asahikawa en cherchant le désormais célèbre autocollant pour Lucy. Nous espérons le trouver dans cette grande ville mais l'entreprise reste une fois encore vaine malgré notre assiduité. Bredouilles, nous prenons la direction du nord et nous arrêtons au onsen de Nayoro pour un bain bien mérité. Après ce moment de détente, nous trouvons rapidement un endroit pour camper en forêt.

Le jour suivant, nous continuons vers le nord. Nous nous promenons en forêt. Il y a encore des restes de neige.


En balade.

Nous passons ensuite par la localité de Hamatombetsu où se situe le lac Kutcharo connu pour ses colonies de cygnes. Hélas, ce ne doit pas être la saison, il n'y en a aucun. Hormis cet accès à Hamatombetsu, ce lac n'est pas très accessible et nous ne trouvons pas de lieu où bivouaquer au bord. Nous poursuivons et trouvons finalement un bivouac près d'une piste en forêt.

Le lendemain, dans les environs de Toyotomi, nous nous baladons dans la réserve humide de Sarobetsu. Quelques fleurs ont déjà poussé et la vue sur le volcan d'une île au large est très belle.


Volcan Rishiri et petites fleurs printannières.

Nous arrivons dans l'après-midi à Wakkanai vers la pointe nord-ouest de l'île. En ville, un gros camion se retrouve devant nous. Nous pensons d'abord que c'est l'armée mais remarquons vite qu'il a des plaques allemandes.


Une monture bien équipée.

Voici les premiers voyageurs étrangers dans leur propre véhicule que nous voyons au Japon. Nous faisons leur connaissance et passons une très agréable soirée ensemble. Ils nous invitent à prendre un verre dans un hôtel chic du port (dans le fond de la photo précédente). Nous nous retrouvons au 12ème étage dans un bar feutré. Retour à la réalité pour la nuit que nous passons sur le parking du michi no eki.


En compagnie de Carmelita et Wolfgang.

Au matin, après avoir pris congé de ces globetrotters, nous prenons la direction du cap Soya, le point le plus au nord de Hokkaido et du Japon. Il y règne un vent très froid, nous ne traînons pas.


A l'extrême nord du Japon.

Nous descendons le long de la côte est. Benj pêche un moment en mer mais sans succès, il vente toujours beaucoup. Puis, nous nous orientons dans les terres et nous installons en fin d'après-midi en bordure d'un champ.

Mercredi, nous visitons une ferme faisant de l'élevage de rennes près de Horonobe. Ils sont domestiqués et viennent facilement manger dans la main.


Rennes japonais.

Ensuite, moment de détente au onsen de Asahi un peu plus au sud, dans une eau brune et avec une jolie vue sur des cerisiers en fleurs depuis le bassin extérieur. Après ce bon bain, nous roulons un peu avant d'établir le camp dans les environs de Tomamae.


Au onsen de Asahi.

Le lendemain, en repartant, nous constatons que le moteur chauffe beaucoup. Après un rapide examen, le diagnostic est sans appel. La réparation de fortune effectuée de nuit par Benj en Australie avec du mastic à pot d'échappement n'a pas tenu le coup puisqu'il n'avait pas pu remettre de joint (cf récit Le désert d'Australie du Sud). Nous nous rendons alors à un garage à Haboro et essayons de nous faire comprendre à l'aide du manuel d'atelier et de notre japonais rudimentaire. Après un quart d'heure, le mécano, ayant compris de quelle pièce nous avions besoin, revient avec une boîte pleine de joints et nous en offre deux de tailles différentes qui semblent correspondre. Sachant qu'un gros boulot nous attendait, il nous offre en plus deux cannettes de café! Les Japonais sont vraiment incroyables. Benj se met au travail au parking du michi no eki non loin de là.


On prend les mêmes et on recommence mais cette fois avec le bon joint!

En début de soirée, alors que le boulot n'est pas encore terminé, un monsieur curieux engage la conversation. Il nous explique en relativement bon anglais qu'il est allé ramasser une plante locale appelée udo et qu'il veut nous faire goûter. Il revient peu après avec ce légume apprêté dont on mange la tige bouillie accompagnée de sauce soja. Le udo a un petit arrière-goût de fenouil, nous trouvons cela excellent. Il nous offre quelques tiges pour les jours suivants. Peu après cet apéritif bienvenu, le moteur ronronne à nouveau. Nous sommes soulagés et dormons sur place.


Udo.

Après un réveil avec la pluie, nous nous déplaçons dans l'espoir de trouver un temps meilleur mais sans succès. Il continue de pleuvoir. Il semble d'ailleurs qu'il pleuve depuis plusieurs jours dans la région à en croire les rivières gonflées et les barrages qui ont dû ouvrir les vannes à fond pour laisser échapper le trop-plein.


Haut débit.

Ce temps nous encourage à aller nous réfugier et nous réchauffer au onsen le plus proche pour la fin de l'après-midi. Nous bivouaquons dans le coin tout près d'un champ où une famille de cerfs nous accueille.


Cerfs non loin de Horoshin onsen (kanji).

Au matin, il pleut toujours et un vent glacial s'est levé. Il ne fait plus que quelques degrés. Il pleuvra, en fait, tout le jour. Nous passons par Higashikawa et essayons de nous rendre au parc national Daisetsuzan. Il se met alors à neiger et nous décidons de rebrousser chemin jusqu'au michi no eki de Higashikawa.

Dimanche 18 mai, le temps froid et pluvieux se maintient. Il n'y a guère grand chose à faire d'autre que d'aller faire quelques courses et du lèche-vitrines à la grande ville d'Asahikawa. Nous trouvons enfin, après des semaines de recherches, un autocollant du drapeau japonais. Et quel autocollant!


Nous nous sommes demandés si nous osions le coller... Mais c'est mieux que rien!

A notre grande joie, en fin d'après-midi, la pluie cesse enfin. Nous décidons de retourner dormir au même endroit que la veille. Le soir, nous faisons la connaissance de deux Allemandes qui voyagent sac au dos. Nous passons la soirée avec elles un peu à l'étroit dans le bus.

Après trois jours de pluie, le réveil ensoleillé est très agréable. Nous prenons alors la direction du parc national Daisetsuzan. En route, nous voyons un renard peu farouche, comme de nombreux renards sur Hokkaido, visiblement habitué à recevoir un morceau de sushi tombé d'une voiture.


Presque dressé.

A cause du temps de ces derniers jours, dès que nous prenons un peu de hauteur, un épais manteau de neige fraîche est présent.


Comme en plein hiver.

Plus haut, à la petite station de Asahidake, nous devons abandonner l'idée de nous balader comme prévu, tous les sentiers sont sous la neige. Nous nous rendons alors au petit village de Tenninkyo, situé au fond d'une gorge dans la vallée parallèle. Les chemins sont aussi bouclés, même si nous nous trouvons un peu en dessous de la limite de la neige.


Pas par là!

Nous finissons, vous le devinez, au onsen! Jusqu'à présent, les onsen fréquentés étaient séparés mais nos progrès en japonais nous ont fait penser que celui-ci était mixte mais, finalement, Séverine s'est quand même retrouvée dans la partie réservée aux hommes. Heureusement que, même si l'habitude est de se baigner tout nu, un petit linge est en général utilisé pour couvrir les parties sensibles. Ouf, il y avait très peu de monde. En fin de journée, nous redescendons et bivouaquons au bord du lac Chubetsu.


Onsen de Tenninkyo (qui n'est pas mixte!).

Le matin suivant, Benj pêche au lac et attrape une truite, certes pas énorme mais qui complètera à merveille le souper.


Proche du lac Chubetsu.

Nous passons ensuite par Furano et allons autour du lac Kanayama, peu accessible. Nous nous rabattons sur une place en forêt dans les environs pour la nuit.

Après le petit-déjeuner, nous avons la confirmation que Hokkaido abrite des ours. Nous tombons sur une trace de ce plantigrade. Au vu de sa fraîcheur, il a dû s'approcher la veille ou au petit matin.


Un ours rôde dans le coin.

Nous longeons ensuite la rivière Sorachi où Benj pêche à différents endroits mais sans succès. Nous poursuivons jusqu'au michi no eki de Naie où nous passons la nuit.


Sorachikawa (kanji).



Suite au prochain épisode! Kazuno, Honshu, Japon, le 06.07.2014