Bus au dos - Tour du monde - info@busaudos.ch


Des Alpes japonaises au ferry de Sakaiminato

Cette dernière semaine au Japon, du vendredi 11 juillet au samedi de la semaine suivante, nous a menés de Matsumoto dans les Alpes japonaises, où nous avions visité le superbe château médiéval (cf récit De l'île de Hokkaido à celle de Honshu)à Sakaiminato, plus au sud le long de la côte ouest, où nous avons pris le ferry pour Vladivostok à l'extrême est de la Russie.

Aux environs de Matsumoto, les petites routes de montagne serpentent dans des vallées escarpées.


Dans les environs de Kamikochi (上高地).

Ce fut l'occasion de voir une sorte de faisan avec ses petits et de se baigner à un rotemburo. C'est comme un onsen mais en plein air et sans infrastructure.


Poule faisane japonaise.


Rotemburo au bord de la rivière Asuza.

En direction du lac de barrage Arimine, au détour d'un virage de la route peu fréquentée, un ours était là. Il devait s'agir d'un jeune de l'année passée en raison de sa taille. Nous avons eu la chance de l'observer de près à l'abri dans le bus.


Rencontre du jour.


Lac Arimine.

Le lendemain, après le barrage, une scène surréaliste s'est produite; un ourson tentait vainement de gravir le mur de soutènement du bord de la route. A peine le temps de dégainer l'appareil photo que la mère sauta du haut du mur et, déterminée, chargea Lucy avec l'ourson qui suivait.


Ferme la fenêtre, non de d...!

Arrivée à côté de la porte passager, constatant qu'elle ne pouvait rien faire, elle repassa à l'avant en grognant pour aller jusqu'à la porte conducteur. Puis, réalisant qu'aucune attaque n'était possible, fit demi-tour et disparut avec son ourson dans les fourrés.


Battue en retraite.

Nous avons été stupéfaits, hallucinés par ce qui venait de se passer. Nous avions tous deux le coeur battant à 2'000 à l'heure! L'émotion et l'adrénaline mirent du temps à redescendre. Nous avons vécu un moment que nous ne sommes pas prêts d'oublier.

Aux chutes Shomyo, hautes de 350 mètres, les embruns étaient de la partie.


Shomyo taki (称名滝).

Contrairement à la veille, lors de la visite aux jardins de Kanazawa, il pleuvait. Il s'agit en fait plutôt d'un immense parc arboré à côté du château de cette ville.


Kanazawa-jo (金沢城).

Ces jardins font partie du palmarès de tête des plus beaux jardins du Japon. L'ensemble, malgré la pluie battante, était superbe avec ses arbres et ses points d'eau.


Visite guidée des jardins.

Une petite promenade à des chutes proches de notre lieu de camp nous ont remis en jambe le matin suivant.


Chutes de Tsuruga (鶴ヶ滝).

L'après-midi, en sortant d'un centre commercial, nous avons subi notre unique contrôle policier. D'après eux, le snorkel de Lucy n'était pas réglementaire. Tout s'arrangea lorsque nous leur eûmes montré notre Carnet de Passages en Douanes (CPD) signé par les douanes et qu'ils comprirent que c'était une importation temporaire. Nous avons cependant tremblé puisqu'en théorie, malgré le CPD, Lucy aurait dû être immatriculée pour la durée du séjour au Japon mais les douanes ne l'ont pas exigé à notre arrivée. En effet, à cause d'accords sur le trafic routier non ratifiés entre la Confédération et le Japon en 1949, le CPD est valable dans ce pays mais n'est pas suffisant. Raison pour laquelle nous avions longuement hésité à venir au Japon car cette immatriculation aurait néccessité un contrôle technique dont il nous aurait été impossible de connaître l'issue puisqu'aucun organisme, ni même le Ministère des Transports japonais n'avait pu nous renseigner sur les exigences à remplir.

Plus loin, sur la côte ouest très découpée, des tronçons offrent des vues fantastiques.


Dans les environs de Obama.

Nous avons découvert de petits villages de pêcheurs coincés dans des criques, isolés de tout, bien que nous fussions sur l'île de Honshu, la plus densément peuplée du Japon avec plus de 100 millions d'habitants pour 230'500 km2 (5.5 fois la Suisse).


Il subsiste encore des endroits perdus sur Honshu.

Un soir, nous nous sommes installés en fin de journée près d'un phare.


Le phare en question.

A la nuit tombée, la mer s'illumina de bateaux pêchant aux lamparos.


Nuit éclairée.

Le matin, nous nous sommes baladés sur un petit chemin partant du phare qui offrait de belles vues de la mer du Japon.


Promenade matinale.

Le long de la route côtière menant à Tottori, il y a d'étranges formations rocheuses.


Curiosité géologique.

Dans le parc national du Mont Daisen, un volcan de plus au Japon dominant la région, nous avons randonné jusqu'à une chute d'eau. La marche fut assez éprouvante. Le terrain était accidenté, une série d'escaliers dans les deux sens jallonnait le parcours et un pont de singe, histoire de soigner le vertige de Séverine, enjambait la vallée.


En chemin.


Daisen taki (大山滝).


Parc national du Mont Daisen.

A la grande ville de Yonago, nous avons profité pour mettre à jour le site internet avant de nous atteler à chercher un car wash pour donner un petit coup de poutze à Lucy en vue du départ imminient pour la Russie. Nous avons cherché pendant des heures mais en vain. Il n'y avait que des tunnels de lavage, si petits que Lucy ne put y entrer. Au coucher du soleil, nous avons dû nous résoudre à abandonner cette quête afin de trouver un endroit pour camper hors de la ville.

Le samedi 19 juillet fut la dernière jourrnée au Japon. Après avoir finalement déniché un car wash dans la matinée, nous avons souhaité profiter d'un ultime onsen et avons jeté notre dévolu sur un établissement assez luxueux puisque c'était le dernier. Un onsen de ce type comporte plusieurs bassins (intérieurs et extérieurs), un sauna et de nombreux produits cosmétiques. Tout ceci dans un joli cadre et toujours pour un prix modique. Qu'il fut difficile de quitter ce lieux de détente mais, dans l'après-midi, il était temps de rejoindre le terminal des ferries à Sakaiminato. Les formalités douanières se réduisirent au strict minimum. Seul un douanier arrivé en vélo (!) vérifia le N° de châssis et tamponna le CPD. Benj procèda ensuite au chargement de Lucy dans la soute du ferry.


Ferry le ventre ouvert.

Elle se retrouva parquée juste devant un impressionnant camion préparé pour un rallye en Mongolie.


Lucy et son voisin de voyage.

En fin de journée, les passagers purent embarquer. Nous avons agréablement découvert que notre réservation avait été surclassée en première classe pour la première nuit. Nous avions bien fait de demander si des cabines 2 places en deuxième classe étaient disponibles au lieu du dortoir 8 places habituel. Sur le pont supérieur nous avons observé les manoeuvres de départ.


Ferry sur le départ.

Ce fut le coeur rempli d'émotions que, lors du largage des amarres par un employé de la compagnie en costume-cravate s'il vous plaît, nous avons dit au revoir à ce pays que nous avons trouvé merveilleux.


Nihon, arigato gozaimasu, sayonara! (日本 ありがと ございます さよなら).

Après une première nuit en mer, nous avons fait escale quelques heures en Corée du Sud à Donghae où tous les passagers étaient obligés de descendre. Nous avons rencontré Françoise et Guy, un couple de Français et, comme il était difficilement possible de quitter le terminal, nous avons fait connaissance sur place. Guy effectue un tour du monde sans avion et Françoise, sa compagne, l'avait rejoint au Japon pour poursuivre en Transsibérien depuis Vladivostok jusqu'à Moscou. Nous avons passé une bonne partie du reste de la traversée en leur compagnie.


Françoise et Guy, un très sympathique couple français.

Lundi, en début d'après-midi, les premières vues brumeuses de Vladivostok sont apparues.


Vladivostok.



Suite au prochain épisode! Ulaan Baatar, Mongolie, le 04.08.2014