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De Lima à Huaquillas

Lundi 22 avril, après s'être réveillés, nous faisons un arrêt à la case garage. Nous perdons un peu d'huile sur le haut de la boîte à vitesses. Rien de grave, un petit bouchon en caoutchouc est fendu, ceci est réparé avec un peu de silicone. Il faut également refaire le collage sur la boîte de transfert et y remettre un peu d'huile.


Le garage à Huarmey.

En fin de matinée, nous pouvons reprendre la route direction Casma. Nous quittons la côte et bifurquons à l'est à l'intérieur des terres pour monter dans la Cordillera Negra. En entammant la montée, nous passons le long de plantations de mangues.


Manguiers à gogo.

Nous nous arrêtons dans un village en acheter quelques-unes. La vendeuse nous en fait goûter une, bien qu'elles ne soient pas très grosses, elles sont délicieuses. Nous repartons avec notre kilo de mangues pour un sol (40 centimes!). Nous trouvons un endroit pour nous arrêter pour la nuit sur une ancienne aire de chantier de la route. Une famille vit dans les anciennes infrastructures de l'entreprise qui avait le chantier. Ils nous laissent rester là.

Le matin, Benj pêche dans le rio à côté avec deux de nos hôtes. Il fait une petite truite et trois autres petits poissons du coin, qu'il a oublié de prendre en photo et dont il ne se souvient plus du nom! Ils amélioreront le souper, ça fait depuis que nous avons quitté le Parana et mangé du dorado que nous sommes végétariens, exception faite du cuy pour Benj. Au moment de partir, on nous offre quatre énormes mangues en nous souhaitant bon voyage. Ils sont vraiment très sympas. Nous leur laissons du fil et des hameçons pour pêcher. Nous reprenons notre montée direction Huaraz.


En allant vers Huaraz.


Un aperçu des fruits péruviens dont nous nous régalons: Mangues, bananes, avocat, mandarine, mais aussi granadillas (rond et orange, très doux) et pacay (grandes gousses vertes, dont on mange la pulpe blanche et ouateuse).

Nous arrivons péniblement au sommet du col de Punta Callan (env. 4'300m), nous avons beaucoup chauffé. Nous avons alors un aperçu de la Cordillera Blanca, chaîne parallèle à la Cordillera Negra, mais ne voyons pas très bien ses hauts sommets, ils sont dans les nuages. Nous passons ensuite Huaraz et allons nous installer un peu à l'écart d'un village aux Termas de Chancros que nous ferons le lendemain matin.

La journée suivante commence par un bon bain chaud puis par une sorte de hamam à 48°C dans une grotte naturelle. Que c'est agréable! Tout ça pour 7 soles par tête! Puis cap sur Yungay depuis où nous montons à deux petits lacs. La vue en y allant est superbe, les hauts sommets de la Cordillera Blanca se dévoilent. C'est la plus haute chaîne de montagnes après l'Himalaya, elle comporte 22 sommets à plus de 6'000m dont le plus haut du Pérou, le Huascaran Sur et ses 6'768m.


Un aperçu de la Cordillera Blanca en dessus de Yungay avec la vue sur le Huascaran Sur et Norte.

Sur la montée, nous entrons dans le parc national Huascaran puis serpentons pour aller aux lacs à travers une vallée glaciaire impressionnante entourée de hautes falaises.


La vallée menant aux lacs.

Nous passons un moment au bord du premier petit lac où Benj pêche un peu. Il y a quelques petites truites, pas bien grosses, nous sommes quand même aux alentours de 3'800m, mais elles ont de magnifiques robes.


Laguna Warmicocha et ses truites.

Nous allons ensuite nous installer vers la deuxième lagune où nous restons jusqu'au lendemain. En nous y rendant, nous voyons un nouvel animal présent en Amérique du Sud que nous n'avions pas encore vu, la viscache, le chinchilla sauvage. Que c'est mignon!


Viscaches le long de la Laguna Orkoncocha.

Le matin, nous allons un peu plus loin que les lagunes où le panorama est époustouflant.


La vue sur les lagunes.

Il s'ouvre sur plusieurs sommets de plus de 6'000m autour de nous.


De gauche à droite et de haut en bas: Huascaran Sur (6'768m), Chopicalqui (6'354m), Huandoy (6'395m), Chacraraju (6'112m).

Nous devons ensuite quitter cet endroit merveilleux pour continuer notre périple. Nous redescendons sur Yungay où un peu plus loin le Cañon del Pato (Canyon du Canard) nous attend. C'est une route dont le tracé impressionnant passe dans une gorge séparant les deux cordillères et dans 35 tunnels. Nous avons par endroits des à-pics de plus de 1'000m au-dessus de nos têtes.


Le Cañon del Pato.


Poivre rose trouvé et ramassé le long du trajet.

Après la sortie du canyon, la route continue à descendre le long du rio Santa pour rejoindre la côte, son désert et la Panam. Nous nous arrêtons en fin de journée dans la petite bourgade de Chao à la cochera (garde-voiture) de la station-service.

Vendredi 26 avril, nous continuons le long de la Panam en direction du Nord. A Pacasmayo, nous bifurquons à nouveau dans les terres et les montagnes.


La montée depuis Pacasmayo.

Sur la route, nous nous faisons contrôler une n-ième fois par la police. Nous avions entendu et lu beaucoup de choses sur la police péruvienne et le fait qu'ils réclamaient de l'argent. Pour notre part, il n'en est rien, à part au cours de l'épisode de Lima. En général, ils nous demandent les papiers du véhicule mais rien en échange et plutôt si nous n'avons pas de problème, si nous nous plaisons et nous souhaitent souvent bon voyage, comme lors de ce contrôle. Nous nous demandons s'ils auraient reçu des consignes particulières concernant les touristes. Notre bus ressemblant à un colectivo (minibus de transport de personnes souvent bondés, l'équivalent du taxi-brousse en Afrique), auxquels ils doivent certainement réclamer une "dîme", il arrive même qu'ils veuillent nous arrêter et se ravisent en constatant que nous n'en sommes pas un. Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls à nous confondre, fréquemment des groupes de gens au bord de la route nous hêlent! Avec nos problèmes de surchauffe et la place que nous avons à disposition, ils ne nous est pas possible de charger du monde et leur bagages souvent (très) volumineux (sacs de patates, gros baluchons, ballots de foin, moutons!, ...).

En fin de journée, sur la route pour Cajamarca, nous nous arrêtons à un campement grillagé (village des travailleurs d'un projet d'irrigation du gouvernement) et demandons si nous pouvons dormir dedans ou devant. On nous dit que non mais sur une piste à quelques encablures de là. Pendant la soirée, deux policiers se pointent au bus et nous demandent ce que nous faisons là. Nous leur expliquons pourquoi nous sommes ici, que nous voyageons et dormons dans notre bus, ils sont surpris. Ils nous disent alors que l'endroit n'est pas sûr, que plus bas il y a un village avec 30 à 50 personnes (certainement des irréductibles chassés à cause du projet!) et que nous devons aller nous mettre devant le portail gardé, d'où on nous a "jetés" quelques heures plus tôt! Ils vont alors discuter avec le vigile et le contraignent à nous accepter devant l'entrée du site pour la nuit.

Une fois réveillés et prêts, nous allons à Cajamarca, jolie ville avec beaucoup de petites ruelles et de vieux bâtiments. C'est aussi une ville historique puisque c'est ici qu'Atahualpa (chef Inca à l'époque des conquistadors) s'est fait capturer, emprisonner et exécuter presque une année plus tard en 1533.


Cajamarca (2'750m). Malheureusement, la photo n'est pas représentative mais c'est la seule que nous ayons!

Puis, nous nous embrillons pour Celendin, que nous voulions atteindre avant la fin de la journée. Mais nous sommes coupés dans notre élan par ... des travaux. Le Pérou visiblement est en train de moderniser son réseau routier. Sur beaucoup de tronçons, nous sommes stoppés par coups de 15-20 min jusqu'à être stoppés plus d'une heure au même endroit. Nous devons nous résigner ensuite à dormir avant Celendin près d'une aire de chantier. Nous avions une réponse toute prête si on était venu nous dire quelque chose.

Le lendemain matin, à peine remis en route, nous sommes une fois de plus bloqués par des travaux, la route est fermée jusqu'à 16h! Heureusement, quelques kilomètres avant, il y a un embranchement, ce qui nous permet d'aller par une route secondaire à Celendin. Nous traversons cette petite ville et descendons dans la vallée, 20km et quelque 1'000m plus bas, aux bains thermaux de Llanguat dans une bananeraie. Nous profitons à nouveau d'un bain privé dans une grande pièce avec un grand bassin pour 2 soles!


La descente à Llanguat.

Après ces bains, nous devons remonter à Celendin, ça chauffe, la piste est en bien mauvais état. Il faut plus d'une heure pour faire le retour avec un petit arrêt surchauffe. Nous attaquons ensuite un col à plus de 3'000m dont la longue et vertigineuse descente nous mène à Balsas (moins de 1'000m).


Le col en question...


et sa végétation.

Passés Balsas, un second col se dresse devant nous, l'Abra Borra Negra (Le col de la Boue Noire, heureusement il n'avait pas plu...) et son sommet à 3'700m. La montée est vertigineuse, les vues sont impressionnantes. Nous passons la nuit au sommet du col. Nous sommes ici à la limite entre les Andes et l'Amazonie.


La montée de l'Abra Borra Negra.


Le coucher de soleil depuis le sommet du col.

Le jour suivant, lors de la descente nous conduisant à Leimebamba, Benj pêche. Il y a quelques truites mais elles sont bien petites, trop petites pour être gardées, mais à nouveau ont de très jolies couleurs.


Une truite du rio Marañon.

A Leymebamba, nous visitons le musée archéologique. Beaucoup de poteries et d'objets de la civilisation Chachapoya sont exposés. Ce peuple (Chachapoya = peuple des nuages) régna sur la région dès l'an 800 avant d'être conquis par les Incas à la fin du XVe siècle (vers 1470). Les pièces maîtresses sont une série de plus de 200 momies chachapoyas découvertes récemment (en 1997) autour d'une lagune de la région. La collection est époustoufflante. Nous avons la chance de pouvoir aller derrière la vitre où elles sont exposées car le personnel est en train de les dépoussiérer. Malheureusement pour vous, il n'y a pas de photos, elles étaient interdites. Les férus d'histoire peuvent consulter le site internet du musée.


L'extérieur de ce beau et très intéressant musée.

Ensuite, nous allons en face à un café où ils attirent les colibris. Nous passons un moment à les observer.


Les colibris du Kenticafé.

En fin d'après-midi, nous rejoignons Kuélap par une piste en piteux état, nous mettons près de 2h pour faire les 40 km qui séparent la route principale de ce site historique. Nous dormons sur le parking du site, que nous voulons visiter le lendemain.

Après avoir pris le petit-déjeuner et nos billets (15 soles/personne), nous empruntons le sentier qui mène à la forteresse de Kuélap. Nous sommes les premiers du jour à y arriver.


Vue panoramique des vallées environnantes avec en fond la piste y menant.

Site archéologique majeur d'Amérique du Sud mais beaucoup moins connu et visité que le Machu Picchu, cette cité fortifiée à été construite par les Chachapoyas entre 900 et 1100 et a nécessité 3 fois plus de caillasses que la Grande Pyramide d'Egypte!


Le mur d'enceinte.

Trois étroites entrées y donnent accès (la 3ème n'est actuellement pas réhabilitée).


Une des entrées.

A l'intérieur, il y a des ruines de centaines de maisons circulaires typiques de cette civilisation et aussi quelques bâtiments rectangulaires.


Maisons et bâtiments, maison reconstruite ainsi qu'un des gardiens de la cité.

Le site a été envahi par la végétation dont la plupart est encore présente. Cela augmente le charme et donne vraiment l'impression de découvrir une cité perdue.


Végétation luxuriante.

Nous sommes enchantés par l'endroit et les multitudes de fleurs.



Fleurs de Kuélap.

Nous retournons au bus par le sentier puis réempruntons la piste en mauvais état pour rejoindre la route principale afin d'aller à la ville de Chachapoyas. Après quelques kilomètres, nous sommes à nouveau stoppés par des travaux. La route est fermée entre 13h et 17h, il est 13h20! Très rapidement la file s'allonge derrière nous, les chauffeurs des colectivos vont voir ce qui se passe. Ils reviennnent en disant qu'on peut tous passer, ils ont été forcer la main aux gens du chantier. Ca nous arrange bien. Le passage est un peu scabreux, sur une tranchée à moitié rebouchée, mais ça passe. Nous arrivons un peu après à Chachapoyas. Nous faisons quelques petits achats au marché haut en couleurs.


Marché de Chachapoyas.

Nous passons aussi par la tradionnelle Plaza de Armas. Dans toutes les villes et villages du Pérou, il y a une place avec ce nom, où tout s'organise autour. Ca correspondrait chez nous un peu à la place du village.


La Plaza de Armas de Chachapoyas.

Mercredi 1er mai, nous allons à Cocachimba d'où part le sentier pour aller à la Cataracte de Gocta. C'est une chute qui est longtemps restée ignorée, elle n'a été cartographiée qu'en 2005. Il s'agit en fait de la deuxième cataracte au monde avec 771m, soit 2m de moins que la plus haute, Mongefossen, en Norvège. C'est une très jolie balade de 2h dans la jungle amazonienne pour y arriver.


Chemin faisant.

C'est une succession de montées et de descentes avec quelques passages bien étroits.


Passage le plus serré de la balade.

Après ces efforts, la chute en récompense.


Cataracta de Gocta.

De retour au bus, nous allons jusqu'à Bagua. Nous nous installons à la sortie de la ville à la station-service. Il fait très chaud par ici. Bagua se situe au fond d'une cuvette dans ce bassin amazonien. C'est une des villes les plus chaudes du Pérou.

Le lendemain, peu après Bagua, la route pour Piura bifurque à l'ouest, nous sortons du bassin amazonien. Le terrain devient plus sec, c'est fini la végétation luxuriante.


Changement de paysage.

En fin de journée, nous nous arrêtons à un péage avant Piura. Nous discutons un moment de la soirée avec des employés.

Le matin, nous passons Piura assez rapidement après avoir testé un supermarché péruvien, le premier que nous voyons. Ce n'est pas ça, en plus il y a moins de choix de fruits et légumes que dans les petits stands de rue, ils sont de moins bonne qualité et plus chers. Plus au nord, une fois la côte rejointe, en direction de la frontière équatorienne, nous voulons aller faire des derniers thermes au Pérou dans une vallée transverse. Le guichet se trouve à l'entrée de la vallée, à une dizaine de kilomètres des bains. Lorsque nous demandons si nous pouvons passer la nuit au parking et faire les bains le lendemain, à notre grande surprise, on ne nous le permet pas. Nous nous mettons d'abord un peu plus loin à côté d'une entreprise où ils font de la glace. Le bruit est infernal, nous levons le camp et essayons d'aller nous installer à une station-service qu'il y a "un peu plus loin". Il nous faut faire en fait 30 bornes sur la Panam plus ou moins de nuit avant d'y arriver. Nous hésitions mais là c'est certain nous ne retournerons pas en arrière pour aller aux thermes.

Samedi 04 mai, nous commençons notre ultime jour au Pérou par une vidange à Tumbes. Le bus en a besoin et nous voulons éviter de le faire en Equateur où nous aurons plein de choses à régler pour son départ. Nous prenons ensuite la direction du nouveau poste frontière de Huaquillas où Péruviens et Equatoriens sont ensemble dans des bâtiments neufs du côté équatorien.



Suite au prochain épisode! Guadeloupe, le 13.06.2013