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Du Machu Picchu à Lima

Mardi 16 avril, dans le courant de la matinée, la circulation dans notre sens est ouverte. Nous pouvons nous relancer à l'assaut de l'Abra Malaga, cette fois dans le sens inverse où nous étions passés l'avant-veille.


La montée du côté amazonien.

De l'autre côté, nous retrouvons les Andes et la Vallée Sacrée.


L'Abra Malaga du côté Andin.

Nous nous arrêtons à la petite ville d'Urubamba dans un bistrot pour goûter une spécialité locale, le cuy. Nous vous aidons un peu, chez nous, c'est un animal de compagnie... ici, c'est un plat de fête servi à toutes les sauces et consommé depuis plus de 7'000 ans!


Un "cuy al horno" (un cochon d'Inde au four).

Benj apprécie bien, Séverine se contente des patates et pâtes servies avec! ;) Nous quittons ensuite cette petite ville en direction d'Ayacucho. Nous passons par quelques petites lagunes dans un environnement montagnard et agricole.


Au bord d'une des petites lagunes.

Nous nous renseignons dans un petit village s'ils ont du fromage à vendre. Ce n'est pas le cas mais on nous indique qu'un peu plus loin il y a une "queseria suiza" (fromagerie suisse!!!). Ni une ni deux, nous nous mettons en quête de cette dernière. Une fois arrivés, nous nous renseignons à propos du nom de l'endroit. La fromagère nous explique qu'ils ont eu un partenariat avec des Suisses-allemands (via Caritas) qui les ont aidés à mettre sur pied cette fromagerie. Elle nous fait déguster des fromages, des yoghurts et du manjar. Tout est délicieux et en plus pas cher. Nous repartons avec un peu de tout. Quel plaisir de trouver d'excellents produits laitiers artisanaux, depuis le temps que nous n'en avions pas eu!


La queseria suiza andina à Campone Anta Cusco.

Après cette halte culinaire, nous pouvons encore rouler seulement un petit peu avant de nous arrêter à un péage pour passer la nuit. En effet, au Pérou, avec le décalage horaire (moins 1h par rapport à la Bolivie, moins 7h par rapport à la Suisse) et le fait que nous nous rapprochons de l'Equateur, il fait nuit tôt, vers 18h.

Le lendemain matin, nous quittons ce lieu de camp. Sur la route pour Abancay, les paysages sont à nouveau superbes.


La route direction Abancay.

Nous faisons un arrêt l'après-midi dans cette ville faire quelques petits achats. Ensuite, sur les hauteurs d'Abancay, la police nous arrête. Ils nous demandent où nous allons puis si nous connaissons la route car il y a des travaux plus loin. Nous leur disons que nous avons le GPS. Tout sourire, ils nous souhaitent bon voyage. Nous passons la zone de travaux et nous arrêtons en bordure de cette route de montagne pour la nuit.

Le matin, nous continuons cette route qui est une piste en mauvais état et qui grimpe à plus de 4'000m. Après deux heures et une cinquantaine de kilomètres, nous retrouvons avec plaisir l'asphalte, ça brinqueballe moins! Le long de la route, nous croisons des troupeaux d'alpagas, un proche cousin du lama.


Les alpagas.

Nous passons par Andahuaylas où, comme dans toutes les villes du Pérou, les triporteurs sont légion (appelés ici Mototaxi) et utilisés à toutes fins.


Les mototaxis.

Au moment du plein, la pompiste nous dit que la route jusqu'à Ayacucho est bonne. Sortis de la ville, nous déchantons rapidement, la route est en travaux. Nous sommes même ensuite bloqués pendant plus d'une heure et demie car ils sont en train de purger une falaise à grands renforts de pelleteuse. Une fois libérés, nous roulons encore un peu avant de nous installer avant la tombée de la nuit un peu en retrait de la route.

Après le petit déjeuner, nous pouvons seulement parcourir les quelques kilomètres menant jusqu'au village suivant avant de trouver une route barrée... Il y a encore des travaux. La route est fermée jusqu'à midi. Du coup, comme nous devons poireauter toute la matinée, nous faisons le petit marché de ce bled puis tapons des récits à l'ordinateur. L'heure venue, le convoi de voitures s'élance sur la route. C'est pénible, les travaux ne se font pas par tronçon mais tout est ouvert sur encore 50km avec seulement quelques ouvriers par endroits.


La route en travaux.

Arrivés au sommet du col, il n'y a plus de travaux mais c'est de la piste pour descendre à Ayacucho. Résultat, avec toutes ces péripéties, nous n'y arrivons qu'en fin d'après-midi. Ces travaux nous ont énormément ralentis. Au final, il nous a fallu près de 4 jours pour effectuer les quelque 400 bornes entre Urubamba et Ayacucho. C'est une grande ville que nous nous dépêchons de traverser, mais ça grimpe. Arrivés à la station-service, nous devons encore attendre 10 minutes que le moteur refroidisse. Maintenant nous avons l'habitude et savons que si nous coupons le moteur quand il est encore trop chaud, le ventilateur ne tournant plus, l'eau dans le radiateur n'est plus refroidie, elle se met à bouillir et déborde. Une fois le moteur refroidi et le plein fait, nous faisons encore quelques kilomètres et nous arrêtons à un péage où on nous laisse passer la nuit.

Avant de repartir, Benj a l'idée de mettre une bouteille d'additif dans le réservoir de Lucy car nous avons un gros morceau devant nous, l'Abra Apacheta, un col à plus de 4'700m. L'idée s'avère lumineuse, nous ne chauffons pas trop lors de la montée. Le décor le long de ce col est splendide.


L'Abra Apacheta.

La descente nous mène sur Pisco, le long de la côte pacifique. Au fur et à mesure de cette descente, l'univers minéral laisse progressivement la place au végétal avant de la laisser au désert lorsque nous rejoignons la Panaméricaine sur la côte. Ce dernier est présent tout le long de la côte péruvienne à quelques rares exceptions près lorsque des rivières se jettent dans la mer, créant ainsi de petites oasis. Le beau ciel bleu cède aussi sa place à un ciel gris dû à la brume côtière, la garua.


La Panam traversant le désert côtier.

Nous continuons sur cette route en direction de Lima. Nous nous arrêtons en fin de journée à Pucusana, une petite ville au bord de l'océan, un peu à l'écart de la Panaméricaine. Nous demandons au poste de police où nous pouvons nous garer pour la nuit, on nous indique l'école en face. Le surveillant nous dit d'abord qu'il n'y a pas de problème avant de revenir tout désolé vers nous et de nous dire que la directrice n'est pas d'accord. Par contre, son cousin a un parking à côté de chez lui où il est d'accord de nous accueillir. Nous nous y installlons et passons une partie de la soirée à discuter avec Manuel qui est très sympa, comme la majorité des Péruviens que nous rencontrons.

Dimanche 21 avril, nous commençons par aller voir une curiosité de cette ville côtière, El Boqueron. L'eau passe à travers un tunnel naturel dans la roche et resort dans une petite crique.


El Boqueron de Pucusana.

Nous reprenons ensuite la Panam pour aller attaquer le gros morceau de la journée, traverser Lima, la capitale péruvienne et ses 10 millions d'habitants. Comme prévu, c'est le foutoir le plus complet, la circulation est très dense et les grandes artères se perdent en petites ruelles. Dans une de celles-ci, des policiers en voiture nous somment de nous arrêter. Un d'eux vient vers nous et nous dit que nous sommes dans une rue à contresens. Nous sommes surpris, il n'y avait pas de panneau et une voiture plus haut est stationnée dans le sens où nous allons. Il nous demande le permis, nous lui tendons une copie. Il part avec en nous enjoignant de le suivre au commissariat. Une rue plus loin, leur voiture s'arrête. Il revient au bus pour nous dire que ça va nous coûter 1'500 soles (près de 600 CHF!). Nous lui expliquons qu'il n'y a pas de signalisation, il nous rétorque que nous aurions dû deviner! Nous comprenons son manège et quel genre de flic nous est tombé dessus. Nous lui disons alors que ce n'est pas à nous de payer la signalisation de Lima. Il revoit alors ses prétentions à la baisse et ne réclame plus que 20 dollars. Nous ne cédons toujours pas et il nous fait le resuivre au commissariat. Après quelques rues, leur voiture se réarrête et avant d'abandonner, dans un dernier élan, il nous demande de payer le plein de leur voiture! Benj lui dit que c'est au commissariat de payer l'essence. Il finit par abdiquer, rend la copie du permis et nous indique la direction de la Panam en nous envoyant dans un réel contresens que nous éviterons soigneusement!


Un aperçu de Lima.

Puis, débarrassés de ce jojo depuis à peine 10 minutes, nous nous faisons à nouveau arrêter par la police. Nous nous demandons ce qu'ils vont nous inventer. Avant de remettre au policier des copies des papiers réclamés, nous lui demandons ce qu'il y a. Il nous dit que c'est un simple contrôle de routine. Il part vers sa voiture avec les papiers, revient vers nous et nous dit que le papier de l'assurance est une copie et nous demande si nous n'avons pas l'original. Nous faisons mine de ne pas comprendre et lui disons que cette assurance est valable au Pérou. Il abandonne et nous laisse repartir. Un peu plus loin, nous arrivons à retrouver la Panam sur laquelle nous nous engageons pour finir de traverser Lima. Finalement, c'est encore allé assez vite, il ne nous a fallu que 2 heures pour traverser cette métropole. Nous continuons ensuite à remonter le long de la côte. Nous passons la nuit à Huarmey à la station-service.



Suite au prochain épisode! Guadeloupe, le 13.06.2013