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En Malaisie I

Mercredi 26 mars, notre séjour en Malaisie commence par une escale de trois heures à Singapore après quasiment huit heures de vol depuis Melbourne. La destination finale est Kuala Lumpur à une heure de vol de là. Nous sommes impressionnés par la taille de l’aéroport. Il est si grand qu’un métro (!) relie les différents terminaux. Nous sommes crevés et le décalage horaire de trois heures n’aide pas. Nous constatons, et cela nous fait tout bizarre, que nous avons remis les pieds sur le continent eurasien même si ce n’est que provisoirement. Nous arrivons à l’hôtel dans la soirée. Nous mangeons à un petit resto chinois local pour 13 Ringgits (moins de 4 CHF) pour les deux, boissons comprises! La Malaisie a cet avantage d’être bon marché. Puis au lit, morts de fatigue!

Après une bonne nuit de repos, nous renfilons nos sacs à dos puisque nous sommes pour cette étape comme des escargots qui transportent leur maison sur leur dos. Nous prenons le bus pour le centre de Kuala Lumpur. Il nous dépose à Chinatown où nous trouvons facilement un petit hôtel pas cher. Puis, nous explorons cette métropole bouillonnante. Etonnamment, nous qui ne sommes pas grandes villes, nous trouvons un certain charme à celle-ci. L’ultramoderne côtoie le traditionnel dans ce pays bigarré. La population est partagée entre Malais (62%), Chinois (25%) et Indiens (10%). Ne pas confondre Malais, l'ethnie, et Malaisien, tous les habitants de Malaisie. Nous nous promenons d’abord dans Chinatown, le royaume de la contrefaçon.


Dans le quartier où tout est faux!

Nous nous rendons ensuite au pied des tours Petronas, les plus hautes tours jumelles au monde (452m), symbole de la dynamique économique de la capitale malaise.


Nous vous laissons compter les étages!

Nous entrons dans le centre commercial situé à leur base. Et là, surpris, nous constatons que ce ne sont que des boutiques de luxe hors de portée du Malaisien moyen sur six étages, alors que des montres contrefaites se marchandent dans la rue à côté. Nous avons aussi un aperçu sur un des bolides qui participera au Grand Prix de F1 de Malaisie le week-end à venir.


Suria Mall.

Proche de ce temple du commerce se situe de temple de l’électronique et de l’informatique, le Low Yat Plazza. Il faut être méfiant, le faux côtoie le vrai. Nous trouvons une batterie de rechange pour notre PC qui en a bien besoin à un prix défiant toute concurrence. Ce sera l'occasion de tester la durée de vie d'une batterie certainement pas originale...

Le lendemain, nous nous rendons aux Batu Caves, des grottes sacrées. Au pied des 272 marches y menant, quelques petits temples hindous ainsi qu’une impressionnante statue (42m) de Murugan, dieu de la guerre, fils de Shiva et Parvati, se dressent.


Au pied des Batu Caves.

Nous nous attaquons à la montée des marches en compagnie des macaques qui règnent en maîtres sur le site, chapardant toute nourriture sortie par les visiteurs et se donnant en spectacle.


Macaques crabiers.

Au sommet de la principale rangée d’escaliers se trouve une première grotte remplie de différentes statues de divinités indiennes et un petit temple où un moine chante et bénit les fidèles.


Grotte principale.

Au fond de cette grotte, une seconde rangée d’escaliers mène à une autre grotte, partiellement à ciel ouvert. Un plus grand temple est érigé en son centre. Nous assistons au « baptême » d’un petit enfant. De retour à Kuala Lumpur (KL pour les intimes), nous descendons du bus dans le quartier de Little India. Nous nous promenons dans les marchés colorés et parfumés et rentrons à pied jusqu’à l’hôtel.


Stands à Little India.

Le jour suivant, nous quittons la capitale malaise et nous rendons à Jerantut en bus. Pendant les trois heures de trajet, les plantations de palmiers palmistes, dont on extrait du fruit l’huile de palme, se succèdent à perte de vue. Il faut dire que la Malaisie ne se soucie guère de l’environnement, et qu’avec l’Indonésie voisine ils forment le duo de tête des producteurs mondiaux. Ce produit (souvent nommé huile végétale sur les étiquetages) est un véritable fléau. Une grande partie de la forêt tropicale a été rasée au profit de ces plantations dans l’indifférence et la méconnaissance générales. Cette huile utilisée par les industriels dans énormément de produits n’est pas saine et crée d’énormes problèmes de santé (obésité, maladies cardio-vasculaires, etc.) dans nos sociétés. Seuls les industriels en tirent profit en raison de son faible coût.


Triste constat.

A peine descendus du bus dans l’après-midi à Jerantut que nous sommes assaillis de tour-opérateurs qui veulent nous emmener au parc national Taman Negara, pas très loin et que nous avons prévu de visiter. Selon nos informations (que nous réviserons par la suite), le parc n’est accessible qu’en pirogue ou taxi. Comme nous préférons l’option pirogue et que le prochain départ n’est que le lendemain matin, nous acceptons une des propositions dont les prix correspondent à ce que nous avons vu et, de plus, la formule inclut une chambre à bas prix pour la nuit. Nous flânons le reste de l’après-midi au marché regorgeant de bonnes choses, fruits, brochettes, etc.


Stand de brochettes au marché de Jerantut.

Dimanche, nous embarquons en pirogue en début de matinée pour remonter la rivière Tembeling pendant près de trois heures. Par chance pour nous (et malchance pour le tour-opérateur), nous sommes les seuls clients du jour et avons donc une pirogue 18 places rien que pour nous. Cette balade inhabituelle est très agréable. Nous avons les premières vues de la jungle malaise.


En pirogue.

Fraîchement débarqués au village de Kuala Tahan en face du parc, nous trouvons assez rapidement un hébergement un peu à l’écart du village. Pour aller au parc, il faut prendre un taxi-river afin de traverser les 30 mètres de la rivière. La construction d’un pont n’est certainement pas à l’ordre du jour, c’est un business bien trop lucratif pour les tour-opérateurs. Nous choisissons une des balades du parc qui mène à un petit sommet.


Bukit (sommet) Teresek.

Malgré qu’il ne soit pas très élèvé, c’est éprouvant ; il fait très chaud, plus de 35°C, avec près de 99% d’humidité. Nous découvrons une très belle jungle fort bruyante en raison principalement des cigales qui chantent à tue-tête. Elles ont une taille respectable, près d’une dizaine de centimètres.


Responsable du bruit ambiant.

Lundi 31 mars, nous retournons au parc dans l’idée de faire une grande marche. Après quelques kilomètres sur un petit sentier aménagé, celui-ci change de visage et se transforme en parcours du combattant.


Les deux aspects du sentier.


Une partie de sa faune et de sa flore.

En ajoutant à cela la chaleur et l’humidité, nous sommes rapidement éreintés et décidons de faire demi-tour et d’aller nous installer un moment à un observatoire. Nous rentrons à l’hôtel en fin d’après-midi.


Cochon sauvage et son nettoyeur ainsi qu'un petit écureuil depuis Bumbun (Cachette) Tahan.

En ce premier jour du mois d’avril, comme nous avons remarqué qu’un bus public en fait existe, nous retournons à Jerantut avec ce dernier. Nous enchaînons avec deux bus supplémentaires jusqu’à Kuala Lipis. Les plantations de palmiers palmistes se succèdent à nouveau. Nous trouvons un petit hôtel à Kuala Lipis puis cherchons à organiser une excursion au parc Kenong Rimba. Après quelques coups d’épées dans l’eau, nous trouvons un organisateur et optons pour un tour de deux jours avec une nuit dans le parc. Grâce au faible coût de la vie malaise, nous pouvons nous permettre cette sortie guidée. Le rendez-vous est fixé au lendemain dans le hall de l’hôtel dont l’organisateur dépend.

Au matin, le guide, comme convenu, nous amène avec ses deux acolytes au parc. Durant l’heure de trajet, ce n’est que pendant le dernier quart d’heure qu’il y a de la forêt vierge. Avant ce n’était que des plantations de palmiers palmistes.


Toujours des palmiers palmistes..

Arrivés à l’unique camp du parc, on nous attribue un petit chalet, sommaire mais propre. C’est super, nous sommes seuls et auront donc deux guides et un cuisto rien que pour nous. C'est l'avantage d'être en basse saison et hors des circuits touristiques.


Camp à Kenong Rimba.

Nous partons explorer une première grotte. A l’intérieur, de très nombreuses chauve-souris sont accrochées au plafond.


Gua Buta (Grotte aveugle).

D’autres habitants peuplent aussi cette grotte dont une araignée spectaculaire dont deux de ses pattes sont immenses (plus de vingt centimètres chacune !)


Florilège des habitants.

Après être sortis de l’autre côté, il faut s’accrocher par endroits à des cordes pour redescendre au camp.


Trekking dans la jungle.

Puis, nous repartons à l’assaut de deux autres grottes. L’accès à la première se fait par un petit pont. Des centaines de chauve-souris nous accueillent.


Devant Gua Hijau (Grotte verte).

Une marche nous mène à la deuxième, Gua Harimau, la Grotte du Tigre. Elle doit son nom à une stalagmite qui fait penser à un tigre.


En chemin, arbre au système racinaire monumental.


Gua Harimau.

De retour au camp, nous avons droit à un bon dîner copieux. Dans l’après-midi, nous randonnons vers une autre grotte. Ce n’est pas de tout repos pour y aller. Il fait très chaud et très humide et il faut crapahuter. Des motifs dont nous ne sommes pas sûrs de l’authenticité ornent les murs. Ils semblent trop bien conservés dans ce milieu humide. Les guides nous montrent également quelques bouts de faïence cachés sous une vague couche de sable dans la grotte. Tout ceci nous paraît peu crédible. Comment les indigènes de l'époque auraient-ils pu fabriquer ou avoir accès à de telles faïences? Les guides l'appellent "New Cave" mais nous n'avons pas son nom en malais.


A la sortie de New Cave.

Nous escaladons ensuite le petit sommet à côté. La vue de la jungle environnante est assez bouchée par la végétation très dense.


Dans la jungle.

Lors de cette excursion, nous avons été passablement dévorés par les sangsues. Redoutables petits vampires qui, malgré le produit et les chaussettes montantes, nous ont bien attaqués. Ce n'est pas très douloureux mais impressionnant, ça saigne longtemps en raison de leur salive aux propriétés anti-coagulantes.


Dévoré!

Nous avons vu aussi plusieurs traces d'éléphants mais malheureusement pas la bête.


Traces en tous genres.

Après le souper, nous faisons une balade de nuit dans la jungle. Différents petits animaux ont fait leur apparition.


Jungle night walk.

Après un repos bien mérité, nous marchons quelques kilomètres à travers la jungle.


En chemin.

Au retour, nous tombons sur une série de singes que nous arrivons à photographier. Nous en avons vu à d'autres endroits dans le parc mais souvent de loin et ils se déplacent vite rendant les prises de vues hasardeuses.


Semnopithèques obscurs.

Après le dîner, il est temps de regagner Kuala Lipis. Un petit bout se fait sur une petite embarcation à moteur. Nous sommes de retour à cette petite ville en fin d'après-midi.


Petit tour en barque.

Tout au long de ces deux jours, principalement autour du camp, multitude de papillons colorés virevoltaient.


Papillons près du camp.



Suite au prochain épisode! Tomakomai, Hokkaido, Japon, le 27.04.2014