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Le nord-ouest de la Mongolie

Mardi 2 septembre, retour à Mörön compléter les commissions parce que le lundi, jour de la rentrée scolaire, presque tout était fermé. Puis cap à l’ouest le long de la Delgermörön. Après avoir franchi un col, nous avons bivouaqué au bord de cette rivière.


Col Ulaan Bogoj.

Le lendemain, lord d’une promenade près du lieu de camp, des chevaux, comme presque partout en Mongolie, paissaient en toute liberté. Kawaï fut très intriguée par ces grandes bestioles à quatre pattes.


Balade matinale.

Une succession de cols nous mena à la petite localité de Tsagaan Uul puis un paysage vallonné nous accompagna jusqu’à celle de Tsetserleg.


Col Doloo Dyn Davaa.


En direction de Tsetserleg.

Le long de la route, nous avons trouvé une corde utilisée pour le bétail et l’avons recyclée en jouet pour notre petite Kawaï, ce qui fit son bonheur car en Mongolie les jouets pour chiens n'existent pas.


Tir à la corde.

Benj souhaitait encore pêcher un peu en Mongolie mais en voyant que la Tesin, la dernière rivière des environs avant des régions davantage désertiques, n’était qu’un filet d’eau, nous avons pris l'option de retourner en arrière pour explorer la région ouest du lac Khövsgöl. Chemin faisant, nous avons rencontré une compatriote zürichoise attendant à l’écart de la piste son copain qui était allé chercher de quoi réparer une suspension cassée de leur véhicule.


Sereina.

Pour atteindre cette contrée reculée de ce grand lac de Mongolie, nous avons emprunté une petite piste serpentant dans les montagnes. Elle débouchait dans une vallée baignée par une très jolie petite rivière aux eaux cristallines que la piste traversait de nombreuses fois. Certains passages étaient aisés, d’autres nettement moins; il fallait slalomer entres les blocs dans l’eau et bien choisir son chemin.


Paysages montagneux.


Gués plus ou moins évidents.

Le marchepied garda d’ailleurs les séquelles d’un de ces passages.


Il va falloir lever un peu plus les pieds en montant!

En ce début septembre, les couleurs automnales commençaient à poindre conférant aux lieux un magnifique décor.


L’automne s’installe en Mongolie.

Les nuits, elles, commencèrent à se rafraîchir. Les vitres du bus furent pour la première fois dans ce pays givrées à l’intérieur le matin. Benj pêcha cette rivière avec à la clé quelques jolies prises.


Truites lenok.

Le but était de faire une boucle. Or, les boucles nous résistent (cf récit Adoption mongole), nous avons été cette fois bloqués par la Delgermörön dans sa partie haute impossible à traverser et ce ne fut pas faute d’avoir cherché longuement un passage. Benj profita cependant pour y lancer ses lignes mais le résultat ne fut pas celui escompté. Seul un ombre vorace mordit sur un leurre presque aussi gros que lui!


Ombre sur la Delgermörön.

Près d’un lieu de camp, nous sommes tombés sur un övöö (cf récit Premiers tours de roue en Mongolie) construit sur un gros bloc et qui ressemblait à un tipi.


Övöö.

Qu’il fut agréable de se réchauffer les soirs autour de bons feux. Un matin, la neige était tombée sur les hauteurs toute proches.


Fini les grandes chaleurs...

Par endroits, des tapis d'edelweiss recouvraient le sol.


Florilège d'edelweiss.

Comme nous avons dû faire demi-tour, il fallut retraverser la quinzaine de gués de l'aller et refaire le chemin inverse jusqu'à Tsetserleg.


Au retour.

En route, en commissions à Tsaggan Uul, nous avons cherché du yoghurt (tarag, du yoghurt nature), trouvé facilement à Mörön, mais ici aucune épicerie n'en vendait. A la troisième ou quatrième échoppe, le tenancier, un peu surpris par notre demande, nous invita chez lui pour en déguster puis en acheter. De nombreuses familles mongoles, en effet, fabriquent encore leur propre yoghurt. Il était délicieux. A mi-chemin entre Tsagaan Uul et Tsetserleg, nous avons rencontré un cycliste français effectuant un circuit de deux semaines entre Ulaangom, une ville plus à l'ouest, et Mörön (environ 650 km). Un joli défi au vu de l'état des "routes".


Julien.

Plus loin, la piste menant à Bayantes puis à Tes sillonnait de beaux paysages de plus en plus arides.


Entre Bayantes et Tes.

En direction de Baruunturuun, quelques champs étaient cultivés et un employé devant encore apporter du foin ailleurs nous demanda de ramener sa femme et leur petite fille de quatre ans à leur ger. Nous voici à quatre dans le bus plus le chien pour de nombreux kilomètres. Sur le trajet, la petite était toute contente de croquer dans une pomme. Une fois arrivés, la maman nous invita à grignotter et boire quelque chose. Elle nous servit, comme lors de notre précédente visite dans une famille (cf récit Adoption mongole), de "délicieux" fromages secs et du lait salé. Et, en partant, elle nous en offrit. Nous avons tenté de refuser mais elle insista. Nous voilà avec 2 sacs (le premier reçu lors de notre précédente visite chez des Mongols au bord de la Chulut) de ces horribles fromages secs dont nous ne savions que faire. Même Kawaï n'en voulait pas! Heureusement, qu'il y a pléthore de chiens errants affamés un peu partout en Mongolie.


Les autostoppeuses du jour.

Pour atteindre le lac Chjargas, une piste en fort mauvais état serpentait dans un cadre montagneux, venteux et friquet certes, mais superbe. Le tracé indiqué sur la carte ne correspondait pas à la réalité. Nous avons fait un détour et débouché plus en amont du lac que prévu mais sans regret tant les paysages étaient époustoufflants.


Dans les montagnes en direction du Chjargas.

A proximité du lac, quelle ne fut pas notre surprise de tomber sur une chaussée fraîchement asphaltée sans la moindre imperfection. Le plus étonnant était que ce tronçon goudronné se situait au milieu de nulle part, ne reliait aucune ville et qu'il n'y avait aucune circulation. Les hypothèses fusèrent sur la raison d'une telle route: ouverture d'une mine dans les environs prochainement, aïmag (région) riche, financement par un privé ou une erreur de goudronnage?


Ce n'était pas un mirage!

Souhaitant nous installer au bord du lac, nous avons bêtement suivi d'autres traces et nous sommes aventurés sur une plage où les galets roulaient sous les pneus comme des billes. Résultat: nous nous sommes enlisés. Après plus d'une année et demie de voyage sans rester plantés, ce fut la deuxième fois en moins de deux semaines (cf récit Adoption mongole).


Plage traître.

Benj eut alors la bonne idée de dégonfler les pneus et, les roues dégagées, nous avons pu sortir de ce piège afin de retourner dans une zone moins meuble et bivouaquer. Nous nous sommes promenés autour de ce joli lac que Benj a pêché. Il a attrapé un drôle de poisson, devant appartenir à la famille des barbots.


Poisson du lac Chjargas.

A la pointe ouest du lac, nous avons cherché des sources chaudes répertoriées sur la carte et dans un guide mais, malgré une longue quête et nous être renseignés auprès des locaux qui, à nouveau voulurent nous offrir des fromages secs que nous avons réussi cette fois à refuser, nous ne les avons jamais trouvées. Quelle déception! Nous nous voyions déjà goger dans de l'eau chaude thermale après n'avoir plus vu d'eau chaude depuis la mi-juillet et le ferry entre le Japon et la Russie.


Ouest du lac Chjargas et quelques-uns de ses habitants.

A Ulaangom, nous devions chercher des pneus parce que les nôtres étaient en fin de vie mais, en ce jeudi 11 septembre, c'était férié dans la région et tout était fermé. Et ce, jusqu'au lundi, selon les dires d'une employée d'hôtel. Nous avons alors décidé qu'avant de passer la frontière russo-mongole nous irions à Olgii essayer de les trouver.


Quartier de gers à Ulaangom.

Les villes mongoles croissent de jour en jour et les nouveaux arrivés s'installent dans leur ger avant de construire une maison en dur. Au premier col après cette ville, nous avons surchauffé mais ne nous sommes d'abord pas trop inquiétés puisque cela se produit fréquemment en montée. En effectuant la parade habituelle de redescendre un bout pour refroidir le moteur, ce dernier ne refroidisait pas. Nous nous sommes alors aperçu qu'il n'y avait quasiment plus d'eau de refroidissement parce qu'une durite (tuyau en caoutchouc) était percée. Nous sommes parvenus tant bien que mal en rajoutant de nombreuses fois de l'eau à retourner au village précédent, Türgen, pour, pensions-nous, trouver un mécano. Evidemment, c'était un des seuls villages de Mongolie où il n'y en avait pas. Grâce à l'aide de locaux, une réparation de fortune a pu être effectuée, histoire que nous puissions rouler jusqu'à Ulaangom. Nous avons passé la nuit un peu après ce bled au pied de montagnes en faisant tourner le moteur quelques fois pendant la nuit de crainte que ça gèle puisqu'il n'y avait plus d'antigel mais que de l'eau. La crainte était justifiée, le moteur n'avait pas gelé mais, au matin, les montagnes autour de nous avaient revêtu un petit manteau blanc.


Sommets proches d'Ulaangom.

A Ulaangom, contrairement à ce qu'on nous avait dit la veille, les magasins étaient ouverts. Nous avons pu trouver une durite de remplacement et de l'antigel et Benj a effectué la réparation. Avant de repartir, nous avons profité pour chercher des pneus mais n'avons pas trouvé la taille adéquate. Reprise alors de la route vers le col entammé la veille pour aller au lac Üreg.


Montée du col Ulaan Davaa.

Juste derrière ce col de la neige fraîche était tombée.


Surprise blanche.

Ce fut l'occasion pour Kawaï de faire une nouvelle découverte. Elle s'en donna à coeur joie.


Nouveau jeu.

Au bord du lac Üreg, un très joli lac isolé, il faisait un vent à décorner les yaks.


Üreg Nuur.

Pour poursuivre en direction de la frontière, en passant par le lac Achit, les pistes étaient difficiles à trouver. Les tracés ne correspondaient ni à ceux de la carte ni à ceux du GPS. Logique et sens de l'orientation furent de mise, d'autant plus qu'il n'y avait personne à questionner et que, comme d'habitude, aucune signalisation à l'horizon.


Environnement aride.

Pour clore cette journés éprouvante, nous avons éclaté un pneu le long du lac, conséquence des pistes très caillouteuses. Peut-être avons-nous roulé quelques kilomètres avec le pneu plat, mais il était complètement lacéré sur les côtés, rendant toute réparation impossible. Dans l'empressement du changement de roue, nous avons oublié d'immortaliser ce moment. A Olgii, malgré des recherches assidues, nous n'avons pas trouvé de pneus, faute encore de taille ad hoc. Par contre, nous avons fait la connaissance d'un couple autrichien très sympathique voyageant avec leur chien, aussi un animal de récup, adopté en Italie il y a de nombreuses années. Ils nous ont généreusement donné du produit antipuces-antitiques, introuvable en Mongolie, pour la petite, en prévision de la Russie où les tiques pullulent.


Claudia, Udo et Amica.

Dans l'attente du traditionnel défi administratif frontalier du lendemain, nous avons passé notre dernière nuit en Mongolie à une vingtaine de kilomètres de la frontière à près de 2'500 mètres. Elle fut fraîche.


A l'approche de la frontière.



Suite au prochain épisode! Environs de Prague, Tchéquie, le 01.11.2014