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La Nouvelle-Calédonie I

Après quasiment 23h de vols et de transit, nous débarquons enfin à Nouméa le samedi 19 octobre. Nous devons d'abord commencer par nous battre pour nos bagages. Le sac de montagne à Benj a une bretelle en moins et celui de Séverine est troué. Il a été acheté quelques jours auparavant à Vancouver en remplacement du sac endommagé lors du vol pour les Antilles (cf récit Aux Antilles). Nous l'avions remis pour réparation à la compagnie aérienne qui a réussi à le perdre. Nous avons donc dû en racheter un à nos frais sans certitude d'être remboursés. Cette fois, par manque de confiance, nous ne nous laissons pas faire et réclamons compensation directement à l'aéroport. Nous atterrissons dans le bureau du chef d'escale et obtenons par écrit la confirmation que nous serons remboursés.

Il est temps ensuite d'aller prendre possession de notre voiture de location. Le premier arrêt se fait à la boulangerie où nous avons le plaisir de retrouver du vrai pain avec une croûte croustillante pour le pique-nique. Quel régal! Nous arrivons dans l'après-midi au gîte "Tour du Monde" où nous passons deux nuits en camping. C'est un endroit parfait pour commencer notre séjour; les deux propriétaires, Jean-Claude et Dan, connaissent l'île comme leur poche et nous donnent d'excellents conseils ainsi que des explications sur le "caillou".


Au Tour du Monde.

La Nouvelle-Calédonie n'est pas un DOM-TOM mais un POM (Pays d'Outre-Mer) et a ainsi un statut presque autonome. Des lois en vigueur en France ne le sont pas forcément ici. L'Euro et les 35 heures ont par exemple été refusés (ils travaillent officiellement 39 heures, mais souvent davantage). Il ne reste de la France que l'armée, la justice et les douanes. D'ailleurs, une votation pour l'indépendance complète aura lieu en 2014. En outre, le pays est riche dû à l'exploitation minière du nickel (2e réserve mondiale). Mentionnons encore que les différentes tribus Kanak, les indigènes, parlent 27 langues et qu'il n'y a que le français qui leur permet de se comprendre.

Le dimanche, nous nous baladons au bord de la rivière Dumbéa dans laquelle nous nous rafraîchissons en compagnie de plein de poissons.


Rivière Dumbéa.

Le lendemain, nous passons par Nouméa faire des commissions avant de prendre la route du sud qui longe la côte puis de nous enfiler dans les terres. Les paysages changent beaucoup en quittant la côte. C'est plus aride et la terre, de la latérite, est rouge.


L'intérieur des terres.

Nous nous arrêtons en fin d'après-midi sur une petite piste pour camper. Nous nous promenons dans le coin.


Près du lieu de campement.

Le matin, nous devons retourner à Nouméa. Séverine a un souci avec une dent, passage obligé chez le dentiste. Elle s'est fendue à cause d'un plombage, il faut enlever un petit bout. Une fois ce problème réglé, nous pouvons nous réembriller vers le sud. Nous arrivons dans l'après-midi à la réserve des chutes de la Madeleine. La chute est jolie mais sans comparaison avec Gocta (cf récit De Lima à Huaquillas) et, de fait, l'intérêt principal de cette réserve n'est pas la chute en elle-même mais réside dans son environnement. Quelque 168 espèces végétales dont près de 95% endémiques sont présentes. La plupart sont des espèces primitives, nous nous croirions à l'époque jurassique et nous attendons à chaque détour de chemin de voir un dinausaure sortir de la forêt. D'ailleurs, la BBC a utilisé ce cadre pour tourner un documentaire sur ces animaux disparus. Il y a même de petits araucarias, une autre espèce que ceux nous avons vus au Chili (cf récit Au centre du Chili). Nous nous installons ensuite au camping de Netcha juste à côté.


Cherchez le diplodocus!

Après une nuit de repos, nous nous rendons non loin de là à la réserve provinciale de la Rivière bleue. Nous faisons une belle marche entre mâquis calédonien, comme à la réserve de la Madeleine, et forêt dense humide.


un éventail de la flore de ce parc.

Dans la forêt, nous voyons des cagous. Emblème de la Nouvelle-Calédonie, c'est un oiseau endémique de 40-50cm qui ne vole pas. Il ne pond qu'un seul oeuf par an, vit en famille et le couple est ensemble pour la vie, une vingtaine d'années.


Cagou du parc de la Rivière bleue.

La marche nous mène aussi au pied d'un immense kaori. De la famille des araucarias, c'est un conifère tropical, parmi une quarantaine d'espèces sur l'île, toutes endémiques. Cet individu est l'un des plus grands de l'île avec ses 40 mètres de haut et a plus de mille ans.


La cime du kaori millénaire.

Après cette randonnée, nous rejoignons la côte et montons la tente au camping de Port Boisé avec un temps très changeant. A peine montée, qu'il recommence à pleuvoir et que la nuit tombe.

Le jour suivant, au réveil, il pleut toujours. Nous quittons assez rapidement les lieux.


Camping Port Boisé.

Nous mettons le cap au nord par la côte ouest. Ce n'est que dans l'après-midi que la pluie cesse lorsque nous arrivons à une plage où le camping est libre. L'endroit est idyllique et nous sommes seuls.


Plage de Pindaï.

A la tombée de la nuit, de nombreux puffins regagnent la plage et ses environs. Ces oiseaux font de drôles de cris, parfois proches d'un nourrisson en pleurs. Pas farouches, ils se laissent facilement approcher.


Quelle chance pour eux que nous ayons soupé et que nous n'ayons puffin!

Après une nout très venteuse pendant laquelle il a fallu à deux reprises retendre la toile de tente, nous continuons à remonter au nord. Les paysages restent superbes.


Vues au cours de la matinée entre palmiers et bougainvilliers.

Nous pique-niquons en forêt.


Pause à Nehoué.

Nous parvenons dans l'après-midi à Poingam, l'extrême nord de l'île. Nous nous installons au camping. Comme à beaucouèp d'endroits sur l'île, c'est très fleuri.


Fleurs à Poingam.

Nous faisons une balade au bord de la plage dans un décor paradisiaque.


Le lagon à Poingam.

Le soir, la table d'hôte étant réputée, nous y mangeons ou plutôt nous régalons. Le cochon à la broche est excellent.

Samedi 26 octobre, nous commençons la journée en nous baignant. En réalité, en marchant car le lagon est peu profond et nous pouvons aller loin avec de l'eau jusqu'aux genoux.


Comme dans un aquarium.

Au moment de partir, Frank, avec lequel nous avons fait connaissance la veille à la table d'hôte revient de la plage tant bien que mal. Il vient de se faire piquer par une raie, c'est très douloureux à cause du venin. Nous l'emmenons avec ses enfants au dispensaire le plus proche à Poum. Une fois soigné, nous repartons et faisons un bout de route ensemble. Nous nous arrêtons pique-niquer au même endroit que la veille avant d'emprunter une route transversale menant à la côte est de l'île. Nous nous quittons à Ouégoa car nous devons faire le plein et la pompe ne rouvre que dans le milieu d'après-midi et eux ont encore de la route à faire. En fin d'après-midi, nous arrivons au camping de Tao.


Vue depuis la transversale.

Le lendemain matin, nous avons une magnifique vue de la côte.


Vue, pas désagréable, depuis le camping!

Nous nous rendons ensuite à la cascade de Tao. Un petit chemin d'une demi-heure conduit à cette belle chute haute de 100 mètres.


Montée à la cascade de Tao.


La cascade.

Dans la rivière, il y a des crevettes d'eau douce très intéressées par les restes d'ananas ainsi que des petits poissons dans le bassin de la chute.


Les crevettes et les petits poissons en question.

Puis, nous continuons notre tour de l'île et traversons la Ouaième au moyen du bac. Plein de légendes kanaks courent à propos de ce lieu, raison pour laquelle un pont n'est pas construit. La culture kanake, comme beaucoup de cultures indigènes, est remplie de légendes et d'explications mystiques qui se transmettent encore oralement de nos jours.


Bac de la Ouaième...


et son estuaire.

Dans les environs de Hienghène, nous avons la vue sur deux formations rocheuses en mer dans un décor resplendissant.


La poule couveuse, la plus connue, et le sphynx.

Dans l'après-midi, nous allons dans les hauteurs de ce village dans deux tribus différentes. Nous pratiquons la coutume qui consiste à offrir au chef de la tribu un manou (morceau de tissu) accompagné d'un petit billet (ou autre petit présent) afin d'obtenir l'autorisation de visiter les lieux. Nous avions été avertis que l'accueil, dépendant de l'humeur et du moment, pouvait être royal ou plutôt indifférent. Les deux fois pour nous, c'est la deuxième option qui prévaut. Dans la première tribu, on nous emmène visiter le tombe de Jean-Marie Tjibaou, un indépendantiste pacifiste assassiné en 1989. Puis on nous montre poliment le chemin de la sortie.


Tombe de ce personnage considéré comme un héros par beaucoup.

Dans la seconde, on nous donne l'autorisation de visiter les lieux et nous recommande d'aller voir un ancien qui fait de la monnaie kanake, autrefois utilisée lors de la coutume pour de grandes cérémonies à la place de l'argent. En fin de journée, nous nous installons à un camping en bord de mer, un peu plus loin que Hienghène.


Monnaie kanake.



Suite au prochain épisode! Auckland, Nouvelle-Zélande, le 10.11.2013