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Premiers tours de roue en Mongolie

Notre séjour en Mongolie débuta le samedi 2 août par le passage de la frontière russo-mongole (Kyakhta-Altanbulag) qui fut particulièrement chronophage. Déjà du côté russe avec des files d'attente qui se sont enchaînées; une première de près de deux heures pour arriver à un poste de filtration où une douanière glaciale, après avoir contrôlé les passeports, nous indiqua: "left". Puis une seconde file de plus d'une heure avant que Lucy ne fût auscultée, nous questionnés et les documents de sortie du véhicule réglés. Ensuite, encore une dernière cahute à passer pour faire tamponner les passeports par une douanière tout aussi agréable que la première.

Du côté mongol, les festivités commencèrent par un passage dans une fosse sentant l'eau de javel pour 50 roubles. Puis, elles se poursuivirent en jouant des coudes dans le bâtiment douanier pour la paperasse. En effet, les Mongols n'aiment pas les files d'attente et cela ne les dérange aucunement de vous passer devant, quitte à vous bousculer. En outre, une désorganisation totale régnait. Nous avons tenté de faire prolonger la durée de séjour autorisée sans visa (30 jours), mais en vain, on nous envoya à cette fin à Ulaan Bataar. Nous avons gagné du temps avec l'inspection de Lucy qui se résuma à ouvrir une porte! Au total, ce passage de frontière nous a pris près de 6 heures! Nous n'en pouvions plus. Nous avons encore changé de l'argent. Précisons pour de futurs voyageurs que de nombreuses devises sont acceptées (euros, dollars, francs suisses, etc, même les yens), ce qui est non négligeable puisque les tugriks ne peuvent pas s'obtenir en dehors de Mongolie. Et avant de quitter définitivement le poste frontière, il a fallu encore conclure une assurance pour le véhicule (tarif en roubles bien que nous soyons en Mongolie). Ouf, nous voilà enfin en Mongolie après tout ce folklore.


Juste après la frontière.

Exténués, nous avons passé la nuit près de Sükhbaatar.


Premier bivouac mongol.

Dès le lendemain, nous avons pris la direction de Ulaan Baatar pour y faire prolonger la durée d'autorisation de séjour et obtenir un permis de pêche pour Benj. Nous savions que la route jusqu'à la capitale était goudronnée mais nous avons découvert, à notre étonnement, qu'elle était en meilleur état que les routes sibériennes. Le parc automobile également.


Le long de la route pour Ulaan Baatar.

En allant de bonne heure au bureau de l'immigration à Ulaan Baatar, nous avons pu obtenir notre prolongation de 30 jours sans problème et rapidement pour environ 2 CHF par jour. Par contre, concernant le permis de pêche, on nous a baladé de bureaux en bureaux à différents endroits de la ville pour finalement, au Ministère de l'Environnement, se le voir refuser, au motif que nous étions des voyageurs indépendants sans organisateur touristique. On nous indiqua qu'il faudrait essayer dans chaque sum (cym = commune) mais sans garantie ou sinon passer par un voyagiste. Cette problématique nous a sérieusement compliqué la tâche par la suite. Se doutant que les wifis seraient peu nombreux, voire inexistants, en dehors de la capitale, nous avons profité pour faire une mise à jour du site pour nos chers lecteurs de plus en plus nombreux. Avant de partir, nous sommes encore allés au Magasin d'Etat pour, pensait-on avec un tel nom, essayer de trouver quelques produits frais. Nous avons été très surpris de découvrir un centre commercial à l'occidentale avec de nombreuses boutiques et un supermarché bien achalandé. Ce fut également l'occasion d'acquérir un petit livre de langue mongole qui est une langue horrible ne ressemblant ni au russe bien qu'elle s'écrive avec l'alphabet cyrillique imposé par les soviétiques dans les années 40, ni à aucune langue asiatique. C'est une langue altaïque, d'origine ouralo-turque, s'apparentant au turc ou au khazak et comportant une multitude de consonnances gutturales compliquées ("krrhhh", "rrrhhh", "grrhhh", "rreuhhh",...). Cet ouvrage s'est avéré fort utile durant le séjour.


Sur les hauteurs de la capitale mongole.

La sortie de la ville en fin de journée fut plus que cahotique, bouchons interminables couplés à une conduite anarchique. Comme à Vladivostok (cf récit La Sibérie orientale), la majorité des véhicules a le volant à droite. Les Japonais ont compris où se débarasser de leurs voitures d'occasion.

En direction de Bulgan, nous avons commencé à nous rendre compte que même ce qui était indiqué comme route principale sur notre carte n'était en réalité qu'une piste, se ramifiant par endroits et sans la moindre signalisation.


Choix cornélien.

Nous avons aperçu les premiers chameaux en plus du quintète de bétail chèvre-mouton-vache-yak-cheval.


Premiers chameaux mongols.

Cette région centrale est une des rares régions de Mongolie avec des cultures. En effet, seul 1% du territoire (1,565 million de km2, env. 37 fois la Suisse) est cultivé. Cette région comporte aussi des mines, notamment d'or. Des chiens de prairie gambadent partout, contribuant à miner le tracé avec leurs multiples terriers. Nous en avons vu des dizaines par jour tout au long du parcours dans ce pays. D'énormes criquets peuplent également les prairies, de même que de nombreux autres insectes dont la Mongolie regorge.


Habitants des prairies mongoles.

Une fois la localité de Bulgan passée, nous avons essayé d'obtenir un permis de pêche dans plusieurs cym mais les premières sont infructueuses. Ce fut finalement à Khutag-Ӧndör après de longues tractations que nous sommes parvenus à en obtenir un pour la rivière Selenge. Benj a pu alors s'adonner à sa passion favorite les trois jours suivants mais avec peu de succès. Les tronçons de rivière explorés auraient-ils été pillés ou pollués? Les rivières mongoles étant réputées fort poissonneuses et peu exploitées, nous nous attendions à bien mieux que quelques maigres prises dont une petite truite lenok passée au gril pour le souper d'anniversaire du pêcheur.


Au bord de la Selenge.


Eventail d'endroits découverts le long de la Selenge.

Après quelques jours au bord de cette rivière, nous sommes allés découvrir la réserve naturelle Uran Togoo Tulga et plus particulièrement le Mont Uran Uul, un volcan éteint.


Mont Uran Uul.

Sur un bout boisé de la piste y menant, de grosses ornières remplies de boue jallonnaient le tracé en dévers. En voulant resortir de l'une d'elle, nous avons glissé contre un arbre penché et arraché notre porte-bagages.


La casse du jour.

Nous avons passé le reste de l'après-midi et une partie de la soirée à effectuer une réparation de fortune avec de la pluie venue jouer les trouble-fête. Par chance, seule une jambe du porte-skis fut ébriquée. L'ascencion du volcan s'est retrouvée repoussée au lendemain.


Réparation avec les moyens du bord.

Au matin, le temps était radieux. Nous avons grimpé cette colline volcanique et fait le tour. Au fond de l'ancien cratère se trouve un petit lac.


Micro caldera.

Le pourtour de ce cratère est parsemé d'övöös (prononcé ouvou), de petits autels sacrés à vocation chamanique très fréquents en Mongolie, en général au sommet des cols. Les Mongols y déposent des offrandes, nourriture, boissons et/ou de l'argent, et les couvrent de tissus bleus. Ils y posent aussi pierres et bâtons ce qui contribue à agrandir l'édifice.


Ӧvöös.

Nous avons poursuivi ensuite vers l'ouest en direction de Tosontsengel.


Coucher de soleil au bivouac.

Le lendemain, nous avons atteint cette petite bourgade et avons tenté d'acquérir un permis de pêche pour la région mais ce fut à nouveau un échec. On nous dit d'aller dans un autre bled, Tumorbulag, où il serait possible d'en obtenir un. Or, ce patelin bien reculé est situé derrière une chaîne de montagnes qu'il faudrait contourner. Pour l'éviter, nous avons décidé de faire un détour par Mörön. Nous avons pu bénéficier en outre d'une route goudronnée jusqu'à cette grande ville et profiter pour s'approvisionner en produits frais. La piste, ensuite, certes évitait en partie les montagnes mais ne fut pas de tout repos. Nous sommes arrivés à Tumorbulag le lendemain.


Entre Mörön et Tumorbulag.



Suite au prochain épisode! Environs de Zlatoust, Oural, Russie, le 09.10.2014