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Retour sur l'île du Nord

Samedi 11 janvier, nous commençons la journée par un petit passage au garage à Wellington. Depuis le récent changement du moteur (cf récit Chirurgie pour Lucy), il y a une fuite d'huile sur ce dernier qui s'est aggravée de jour en jour. Benj l'a localisée précisément la veille et ainsi nous pouvons directement montrer au garagiste qu'elle provient du tube de la jauge à huile. Il la colmate provisoirement sachant que dans quelques jours nous serons à nouveau au garage de Silverdale pour les nettoyages indispensables pour la prochaine étape en Australie. Nous avions convenu avec Brian, le patron, de revenir pour effectuer cette tâche. Avec ces problèmes de fuite d'huile et d'autres petits problèmes mécaniques à règler, il s'avère que de toute façon nous aurions dû y retourner. Nous passons l'après-midi à Masterton à mettre en ligne des nouveautés. Nous nous installons ensuite un peu plus au nord en campagne au bord d'une petite piste.


Lieu de camp.

Nous consacrons une bonne partie du jour suivant à la visite d'un parc animalier. Cela nous permet de voir enfin des kiwis, dont un blanc, très rare. Il n'est pas albinos. Cette particularité est due à un gène récessif fonctionnant sur le même principe que les yeux bleus chez l'humain. Un enfant peut avoir cette couleur alors qu'aucun de ses parents n'a les yeux bleus. Ce gène, par contre, est très rare chez les populations de kiwis. Comme cet oiseau est nocturne, et donc la "kiwi house" plongée dans le noir, les vitres pas très propres, les photos sont ce qu'elles sont.


Kiwis du Pukaha National Wildlife Centre.

Le kiwi fait partie de la même famille que les autruches ou les nandous (les ratites). C'est le plus petit représentant de cette famille mais l'oiseau qui fait le plus gros oeuf en comparaison de sa taille (20% de son poids!). Il est de nos jours très menacé et ce centre fait partie du programme de réintroduction. Les rangers prélèvent des oeufs dans la nature où le taux de survie de l'oeuf puis de l'oisillon sont très faibles. Les oeufs sont incubés au centre et les petits relâchés quand ils sont assez grands.


Kiwi en préparation.

Il est, d'autre part, considéré comme l'oiseau ayant le moins les caractéristiques d'un oiseau, mais plusieurs de celles des mammifères. Ses plumes ressemblent à des poils, il a deux narines au bout de son long bec, une peau cuirée et n'a pas d'aile. Nous voyons également d'autres espèces d'oiseaux endémiques menacés dont des petits sont aussi relâchés dans la nature, comme le kokako (à bajoues bleues, l'orange est déjà éteint), le kaka (perroquet) ou le kakariki. Mais aussi d'autres oiseaux plus courants, comme le tui, et le tuatara, un lézard endémique menacé.


Kakas et kokako.


Tui et tuatara.

Alors que nous sommes sur le point de partir, nous nous faisons happer par une employée du parc qui nous propose de participer au nourrissage des anguilles. Vous connaissez le goût de Benj pour la pêche et les poissons, il saute sur l'occasion. D'autant plus que quelques grosses truites vivent dans la rivière qui traverse le parc. Ces anguilles endémiques, habituées à être nourries quotidiennement, restent dans les parages bien qu'en liberté. Les plus vieilles ont près de 60 ans pour une longueur avoisinant les deux mètres.


Benj fait le show.

Le temps se dégrade et, à peine sortis, il pleut. Nous prenons la direction de Moawhanga Valley. Des accalmies nous permettent de bénéficier de vues du volcan Ruapehu. Nous peinons à nouveau pour trouver un endroit où nous installer. En cherchant, nous tombons d'abord sur des mirabelliers sauvages puis des petites prunes rouges. Les prunes ramassées quelques jours auparavant venant d'être finies, c'est l'occasion de refaire le plein.


Volcan Ruapehu.


En attendant de trouver un lieu de camp.

Plus tard, nous nous résignons à bivouaquer sur une piste au bord d'un pâturage à moutons. Au coucher, il souffle si fort que nous nous demandons s'il n'y aura point d'arbre en travers de la piste le lendemain.


Coucher de soleil au bivouac.

Le lendemain, nous nous dirigeons vers le parc national Tongariro. Malheureusement, les montagnes et les volcans sont dans les nuages ce qui nous pousse à faire demi-tour en espérant que la météo sera plus clémente le lendemain. Nous passons l'après-midi au bord de la rivière Manganui O Te Ao dont Benj pêche les gorges.


Manganui O Te Ao.

En fin de journée, nous nous installons dans les environs dans un campground gratuit. Nous avons la chance qu'il y ait très peu de monde.

Le matin suivant, nous retournons au parc national. C'est toujours très couvert, impossible de voir les volcans dont le Ngauruhoe, la Montagne du Destin du Seigneur des Anneaux, celle où Frodon doit jeter l'Anneau. A Iwikau Village, l'un des rares domaines skiables de l'île du Nord, situé en outre dans un environnement volcanique, ce n'est pas mieux, le froid en plus.


En allant à Iwikau Village.

Plus tard, au lac Rotoaira, la chance nous sourit; un petit cratère fumant apparaît hors des nuages.


Environs du volcan Tongariro.

Puis, nous rejoignons le bord du lac Taupo, un cratère qui s'est rempli formant le plus grand lac de Nouvelle-Zélande.


Sur les hauteurs du lac Taupo.

Nous profitons d'un bon bain chaud à Tokaanu dans un petit établissement thermal.


Tokaanu Hot Springs.

Requinqués, nous poursuivons notre remontée en direction d'Auckland et nous arrêtons dans les environs de Te Kuiti au bord d'une petite piste forestière.

Une fois réveillés, cap sur Hamilton et ses jardins. Aux abords d'un parc traditionnel, différents types de jardins sont représentés.


Jardins Renaissance, anglais, indien.

Puis, à Huntly, nous restons au bord d'un petit lac jusqu'au lendemain. Comme à de nombreux endroits de Nouvelle-Zélande, il y a des pukekos. Ceux-ci sont particulièrement peu farouches.


Pukekos.

Jeudi 16, nous courons après les wifis pour être en contact avec notre compagnie maritime, Sofrana, afin de régler des détails pour le prochain shipping à destination de l'Australie. Nous passons la nuit à une aire autoroutière au sud d'Auckland.

Le jour suivant, nous nous rendons aux douanes à Auckland pour faire signer notre Carnet de Passage en Douane (CPD, le "passeport" de Lucy) et obtenir le Delivery Order, papier qui autorise le container à entrer au port pour quitter le pays. Hélas, le numéro de container manquant sur les papiers, le douanier après avoir fait tous les tampons se ravise et nous dit que c'est mieux de revenir une fois ce numéro en notre possession. Il essaie de téléphoner à notre contact chez Sofrana mais elle n'est pas au bureau. Nous apprenons le lundi que de toute façon il faut attendre que l'entreprise où nous devons charger, Ultimate Transport, ait pris un container vide au port pour connaître le numéro. Bredouilles, il ne nous reste plus qu'à aller, comme prévu, au garage à Silverdale où nous avons remplacé le moteur. Nous passons la semaine suivante à faire briller le bus, dessus, dessous et à l'intérieur en essayant d'omettre aucun recoin. Sans compter qu'il faut inventorier précisément toutes les affaires car les Australiens ont des exigences biosanitaires très poussées. Il s'agit de ne pas laisser traîner un milimètre cube de terre, ni un insecte piégé quelque part ou une miette!


Nettoyages de fond en comble.

Côté mécanique, nous sommes franchement déçus. Précisons que Brian, le patron, n'était pas là et que nous ne savons pas quelles instructions il avait données à son employé Mike. Certes, la principale fuite d'huile au niveau de la jauge a été réparée mais nous avons détecté en retournant à Auckland pour mettre Lucy en container que quelques gouttes étaient apparues ailleurs. De plus, il n'a pas daigné s'occuper des autres problèmes signalés, argumentant que c'était normal et faisant la sourde oreille. Le turbo s'est mis à siffler quelques temps après les travaux, nous avons de la peine parfois à démarrer le matin et une suspension couine. Nous avions en outre discuté par téléphone avec Brian du remplacement du radiateur car nous surchauffons toujours. Mike n'a pas voulu le changer prétextant qu'il n'en trouvait pas de neuf et s'est contenté de le faire nettoyer et de changer le thermostat. Espérons que cette opération jugulera les problèmes de surchauffe. Par ailleurs, nous avions aussi convenu avec Brian que la réparation à Wellington nous serait remboursée, ce qui n'a pas été le cas. Au final, nous avons payé bien cher pour le menu travail effectué et les heures qui auraient dû passer sous garantie ont été facturées malgré nos protestations. Espérons que régler ailleurs les problèmes qui restent ne sera pas trop onéreux.


Maman opposum et son petit qui nous tiennent compagnie le soir au garage.

Le vendredi, nous recevons le signal de Sofrana que le numéro de container est connu. Ni une ni deux, nous partons et retournons aux douanes qui, cette fois, finalisent la paperasse. En fin de journée, nous regagnons la même aire autoroutière qu'une semaine auparavant car elle est proche du lieu de chargement.

Samedi 25, tôt le matin, nous nous rendons chez Ultimate Transport où le container attend d'être chargé. Cette opération nous prend à peine deux heures, nous commençons à être rôdés.


Chargement rondement mené.

Nous constatons que le numéro du container ne correspond pas à celui figurant sur les papiers. Nous avertissons le responsable d'Ultimate qui écrit de suite un mail à Sofrana. Cela ne semble pas poser un gros problème mais nous devrons retourner aux douanes mardi matin à la première heure faire corriger les documents (lundi est férié). Nous nous en passerions bien car nous avons réservé jusqu'à notre vol dans une semaine un petit "bungalow" dans un camping non loin de là (et aussi de l'aéroport) à une vingtaine de kilomètres du centre d'Auckland. Ensuite dans un bureau de VTNZ (le service des automobiles néo-zélandais) nous annulons l'enregistrement du bus puis allons prendre nos quartiers au camping.

Mardi matin donc direction les douanes d'Auckland en transport public. Les documents sont corrigés et le container est ainsi autorisé à entrer au port. Nous passons le reste de la journée dans les environs.

Mercredi, nous visitons le jardin botanique d'Auckland qui se situe à deux pas du camping. C'est plutôt un parc, subdivisé en plusieurs zones végétales d'origines diverses. C'est intéressant de retrouver des espèces végétales vues au cours de ce voyage dans leurs milieux originels respectifs.


Jardin botanique...

Nous nous occupons le reste de la semaine entre maintenance du site et petites balades. Séverine vieillit encore un peu et passe le cap des 32 ans le 30 janvier! Nous nous envolons pour Brisbane le dimanche matin du 2 février 2014.


Dernières vues de la Nouvelle-Zélande.



Suite au prochain épisode! Walgett, Nouvelle-Galles du Sud, Australie, le 19.02.2014