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Bienvenue au pays du Soleil Levant

Samedi 12 avril, nous atterrissons à Tokyo Haneda tard dans la soirée. C'est le deuxième aéroport de Tokyo après celui de Narita. Haneda étant déjà une petite ville en soi avec ses trois terminaux dont le bus met 1/2 heure pour faire le tour, que doit être Narita?! Et dire que nous avions trouvé celui de Kuala Lumpur immense! Il faut préciser que la mégalopole de Tokyo est la plus grande ville au monde avec 37 millions d'habitants. Nous sommes directement plongés dans les us et coutumes japonaises, le personnel sur le tarmac a salué l'avion par de petites courbettes. Déjà dans l'avion, nous avions été impressionnés par les formules de politesse utilisées. Presque la totalité des phrases se terminaient par "kudasaï" (= s.v.p). "Attachez vos ceintures, kudasaï", "Repliez votre tablette, kudasaï", "Redressez votre siège, kudasaï" etc. Il en est de même pour les annonces des haut-parleurs dans l'aéroport où nous passons une bien courte nuit sur un banc dans l'attente de notre vol du lendemain matin pour Sapporo, sur l'île de Hokkaido.

Au moment de l'enregistrement, les yeux encore un peu collés, on nous propose d'embarquer dans le vol précédent car l'avion n'est pas plein. Nous acceptons volontiers, le temps d'attente s'en trouve ainsi réduit. En vol, nous bénéficions d'une magnifique vue d'un des emblèmes du Japon.


Le Fujiyama (富士山).

A la sortie de l'aéroport de Sapporo, Chitose, nous sommes surpris de la température qui n'est que de quelques degrés. Il y a même des restes de neige ça et là. Après l'Australie et la Malaisie, c'est le choc thermique! Serions-nous débarqués un peu trop tôt au pays du Soleil Levant? Après près d'une heure et demie de bus, nous arrivons à Sapporo, la principale ville de Hokkaido (environ 2 millions d'habitants), entourée de montagnes encore toutes blanches.


Neige sur les sommets autour de Sapporo.

Nous rejoignons l'hôtel réservé. La chambre n'est pas encore prête alors nous allons errer en ville comme des zombies.

Le lendemain, nous avons rendez-vous au Club Automobile Japonais (JAF) pour authentifier notre CPD, le document que les douanes tamponnent permettant d'importer temporairement Lucy dans les pays que nous visitons. Le certificat d'authentification est déjà prêt lorsque nous arrivons. Une petite erreur s'y est glissée mais l'employée se confond en excuses et s'empresse de la corriger. Sur le chemin de retour, nous constatons, une fois de plus, combien les détails importent, même les plaques d'égoût sont joliment décorées.


Un super souvenir mais un peu encombrant!

Nous restons à Sapporo jusqu'au mercredi. Nous savions les Japonais fous de petites mascottes en tous genres. En fait, c'est au-delà de ce que nous imaginions. De petits animaux et bonshommes sont présents partout, sur les affiches des magasins ou publicitaires, dans la rue pour indiquer quelque chose, avec les gens, dans les vitrines, même celles des banques, etc.


Bienvenue dans le monde des kawaï.

Nous découvrons également l'art d'illustrer la cuisine. Certains restaurants présentent en vitrine leurs menus au moyen de maquettes en plastique. D'autres ont une carte avec des photos ou des dessins. Bien pratique lorsqu'on ne sait pas lire! Il faut dire que depuis que nous sommes arrivés au Japon, nous nous sentons comme des illettrés. En effet, outre deux alphabets syllabiques, utilisés simultanément (hiragana et katakana, 104 caractères), qu'il est encore possible d'apprendre, plus de 6000 idéogrammes (kanjis) viennent se glisser là au milieu. C'est donc là que toute la complexité réside.


Sauvés.

Pendant ces jours, nous avons éprouvé d'immenses difficultés pour retirer de l'argent au bancomat. Les cartes de débit sont systématiquement refusées alors que notre banque en Suisse nous avait affirmé le contraire. Seules les cartes de crédit sont acceptées dans de rares établissements moyennant des frais astronomiques. En parcourant la ville entre les différentes succursales, nous sommes tombés sur la célébrissime Tour de l'Horloge, monument incontournable pour tout Japonais qui se respecte lorsqu'il se rend à Sapporo. Nous avons perpétué la tradition en nous faisant photographier devant.


Tour de l'Horloge que vous aurez aussi reconnue sur la bouche d'égoût.

Mercredi, nous prenons le bus pour Tomakomai à une cinquantaine de kilomètres de Sapporo car c'est dans cette petite cité industrielle (environ 200'000 habitants) que Lucy va débarquer. Nous prenons nos quartiers dans un hôtel près de la gare.


Celui-ci est un bus scolaire...

Le matin suivant, nous nous rendons aux douanes afin de nous enquérir plus précisément des modalités à effectuer. Nous apprenons que deux bureaux distants de 2km se partageront le dossier, un s'occupant du véhicule (bureau 1), l'autre des effets personnels à l'intérieur (bureau 2), sans compter le bureau de la quarantaine qui s'occupera des 2kg de riz que nous avons eu la bonne idée d'embarquer depuis l'Australie. Nous passons du temps entre ces différents bureaux pour comprendre et se faire comprendre dans un mélange de japonais et d'anglais et au moyen de petits dessins. Tout devient plus clair lorsque nous montrons des photos du chargement et des affaires se trouvant dans le bus. Cependant, rien ne peut être dédouané tant que nous n'avons pas reçu la notice d'arrivée du container émise par la compagnie maritime.

Le reste de la semaine, nous avons le temps de découvrir Tomakomai et de mettre à jour le site internet. Puis, comme nous apprenons que le container est retardé, la faute à une connexion ratée de peu en Corée entre les deux cargos, nous devons patienter la semaine suivante également.


Depuis la tour du parc Takaoka.

Nous devenons aussi des habitués du bain de pieds en ville, un petit havre de tranquilité où de l'eau thermale coule pour tremper et réchauffer les pieds. Nous devenons par la même occasion des sujets de curiosité et tentons de communiquer avec les surveillants du lieu.


Ashi no yu (足の湯 = bain de pied) à Tomakomai.

Nous nous baladons aussi un peu le long de l'océan.


Au bord de l'océan Pacifique.

Nous constatons aussi combien les Japonais sont pressés que le printemps arrive. Les rues sont décorées de sapins auxquels ont été accrochés des fleurs de cerisier en plastique. La floraison des cerisiers marquant le début du printemps est suivie par toute la nation. Elle a déjà eu lieu plus au sud sur Honshu (l'île où se trouve Tokyo) mais pas encore sur Hokkaido qui, plus au nord, jouit d'un climat plus rude.


Cerisiers de substitution!

Nous sommes surpris par les supermarchés dans les centres commerciaux, simplement délimités par un marquage su sol, fonctionnant sur le principe de la confiance que les clients vont d'eux-mêmes à la caisse. Impensable ailleurs sur la planète! Il faut préciser que les Japonais sont très disciplinés et respectueux. Nous découvrons également à quel point ils sont adeptes de jeux, principalement les machines à sous, les courses de chevaux et les pinces. Vous savez ces petits boitons où le but est d'attraper avec une pince une peluche ou différents cadeaux. Les machines à sous se trouvent même dans les centres commerciaux et sont autorisées aux enfants accompagnés. C'est la frénésie le week-end venu. Nous nous laissons tenter par quelques coups de pince et Séverine remporte ce qui deviendra la mascotte du bus.


A la mode japonaise.

Lundi 28 avril, nous recevons la notice d'arrivée du container en toute fin de journée, ce qui ne nous arrange guère parce que le lendemain est férié (anniversaire de l'Empereur). Nous ne pourrons rien faire au niveau administratif si ce n'est vérifier que le bateau est bien arrivé le soir au port.


Arrivée du vaisseau Isara Bhum à Tomakomai.

Mercredi matin en téléphonant au port, nous apprenons que le container ne sera disponible que jeudi. Toutefois, nous décidons de nous rendre aux douanes pour organiser la récupération du lendemain et contrôler que tous les documents remis sont en ordre. Au bureau 1, la signature du CPD est fixée au lendemain sans nécessité de voir le bus. Au bureau 2, l'officier passe en revue les documents, finalise le dossier et organise pour nous la récupération du lendemain directement au port. C'est du jamais vu que les douanes nous aident à récupérer le container! Puis, après un passage ensemble au bureau de la quarantaine où il arrange à nouveau tout, il nous emmène chez ce qu'il appelle l'agent. Nous sommes un peu circonspects car il semblait bien établi que nous faisions les démarches seuls et qu'il avait déjà tout organisé. Sur place, c'est un peu la panique lorsque l'on nous met tous dans un bureau avec 3 costards-cravattes et qu'on nous sert le café! Nous comprenons peu après que nous sommes dans les locaux de l'agent représentant la compagnie maritime avec lequel nous nous assurons que tout est en ordre et auquel nous payons le mouvement du container au port à l'endroit où il sera inspecté et où nous le récupérerons. Quels protocole et dispositif impressionnants pour régler de si menus détails. Dans l'après-midi, nous pouvons regagner l'hôtel. Le soir, l'agent nous informe que, suite à la demande des douanes, il sera présent lors de la récupération et qu'il nous emmènera au quai de déchargement situé à une quinzaine de kilomètres du centre-ville. Nous n'en revenons pas! L'organisation et le service au client est tout bonnement hallucinant. Nous ne faisons que le constater de jours en jours, à l'hôtel, au magasin et maintenant avec la récupération de Lucy.


Bonsaï sur le chemin de retour.

Le lendemain, Jour J. Nous attaquons notre programme de la journée, soigneusement minuté la veille avec le douanier. Après la signature du CPD au bureau 1, où la douanière nous souhaite un bon voyage au Japon, l'agent nous emmène comme prévu au quai de déchargement. Des petits badges nous sont distribués à l'entrée puis le container peut être ouvert.


Rupture du scellé.

Sueur froide, Lucy prend du temps à démarrer. Quand le moteur se met enfin à tourner après plusieurs coups de démarreur dans le vide, tout le monde présent applaudit! Et il y en a! L'agent de la compganie maritime et son collègue, le douanier, l'officier de quarantaine, et un responsable du port. L'inspection peut alors débuter avec l'officier de quarantaine qui ouvre le paquet de riz et, satisfait, nous le laisse. Puis, le douanier nous fait ouvrir quelques meubles avant de s'écrier dans son anglais approximatif: " Inspection finish!" Il y a toutefois un petit moment de flottement lorsque le douanier et l'agent se demandent si nous avons le droit de rouler avec ces plaques. Nous leur expliquons que oui grâce au CPD. Ils nous laissent alors prendre la route. Nous repassons vite à l'hôtel récupérer les sacs, faire le plein de vivres au supermarché et à nous le Japon! Nous prenons vers l'est en longeant la côte et nous installons en fin d'après-midi en bordure de forêt.


Premier lieu de bivouac au Japon.



Suite au prochain épisode! Sapporo, Hokkaido, Japon, le 30.05.2014