Bus au dos - Tour du monde - info@busaudos.ch


De Terrace à Vancouver

Jeudi 19 septembre, nous repassons par Terrace et profitons du wifi de l'office du tourisme pour faire une mise à jour du site que nos chers lecteurs attendaient. Nous allons ensuite à l'est en direction de Prince Rupert en longeant la rivière Skeena que Benj a prévu de pêcher le lendemain. Nous nous arrêtons au bord de cette dernière pour y passer la nuit. Nous avons encore passé la journée avec la pluie qui nous accompagne depuis quelques jours déjà. Les températures ont du même coup commencé à chuter alors que jusqu'à présent elles étaient encore clémentes. L'été est fini, la saison froide se prépare.


Temps de cochon, Skeena signifie d'ailleurs "rivière des brumes" en langue indienne du coin.

Le matin, nous voyons des phoques dans la rivière. Ils remontent depuis l'océan pour se nourrir.


Phoques dans la Skeena.

Benj tente sa chance plus bas sur la Skeena mais sans succès. Dans l'après-midi, nous allons dans les environs de Terrace, Benj attrape une bull trout ("truite taureau" de la famille des ombles). C'est le seul poisson du jour.


Bull trout.

Le jour suivant, nous faisons un petit tour au marché hebdomadaire de Terrace. Hélas, comme pour tout ce qui est sain, les prix sont très élevés, voire surfaits, et le choix est très limité. Il faut préciser que le Canada est un pays où le fast food et la malbouffe sont rois, comme chez le voisin américain, et que même dans les villages reculés il y a deux ou trois enseignes parmi la bonne quinzaine que nous avons dénombré et dont nous ne ferons pas la publicité ici. De plus, les restaurants ne semblent guère servir d'autres gastronomies que le steak-frites, les burgers ou les pizzas (bien épaisses et dégoulinant de gras). Inutile de dire que nous boycottons tous ces endroits! Nous quittons ensuite Terrace et allons nous balader un peu plus loin sur un sentier qui mène à des petits lacs.


Un des petits lacs.

Le long du chemin, nous trouvons quelques bolets puis nous remarquons d'autres champignons correspondant à une description lue quelques jours auparavant dans un bouquin à l'office du tourisme et sur internet. Il s'agit de pine mushroom ou matsutaké. Ce champignon est très prisé des Japonais. Un business est mis en place chaque saison, cela fait d'ailleurs quelques jours que nous voyons régulièrement des tentes d'acheteurs de champignons au bord des routes. Nous en ramassons un joli panier et décidons alors d'aller les vendre en fin de journée. Nous en tirons 35 dollars, ce qui est intéressant pour nous qui voyageons.


Pine mushroom et tente de notre acheteur.

Nous en gardons quelques-uns que nous goûtons le soir, installés sur une piste dans les bois en espérant réitérer une cueillette le lendemain. C'est un champignon très parfumé. Dimanche, au réveil, il fait encore plus froid que les jours précédents. La pluie s'est transformée en saupoudrée sur les sommets au-dessus de nous.


Premières neiges.

Comme prévu, nous nous baladons en quête de champignons. L'environnement est une forêt pluviale, la région est connue pour son climat humide et ses forêts riches en biomasse. Néanmoins, la récolte du jour est maigre malgré le terrain similaire à celui de la veille.


Forêt pluviale dans l'Ouest canadien.

En fin de journée, nous arrivons près de Smithers et nous rendons comme convenu chez Janvier, rencontré une semaine plus tôt (cf récit La Stewart-Cassiar Highway), et sa compagne. Nous sommes très bien accueillis. Quel plaisir de pouvoir prendre une douche chaude et faire une lessive, le tout ailleurs que dans un ruisseau glacé! Pour le souper, nous avons droit à un délicieux ragoût d'élan agrémenté de quelques pine mushrooms ramassés le jour même. Nous dormons chez eux.


En compagnie de Tegan et Janvier et de leurs animaux, Keisha et les deux chats, Hudson et Willow.

Le lendemain, nous partons de chez eux en fin de matinée. Nous allons faire une promenade aux chutes Twin, sous la pluie qui a refait son retour après une petite accalmie la veille.


Twin falls.

Nous nous rendons ensuite à Houston où coule la rivière Morice et nous installons au bord de celle-ci. Nous passons la soirée au coin du feu qui commence à être nécessaire à cette période.

Mardi 24, Benj pêche cette rivière, toujours à la recherche des steelheads (cf récit La Stewart-Cassiar Highway), mais il n'attrape que des saumons coho malgré les nombreux endroits explorés pendant la journée. Nous passons la nuit le long de la rivière.


Morice river.

Dans la matinée, nous quittons les lieux et arrivons dans l'après-midi à Vanderhoof où nous faisons quelques emplettes. Nous cherchons, ensuite, pendant un moment un endroit pour nous installer. C'est difficile, la région est à nouveau peuplée. Nous nous arrêtons finalement le long d'une petite route forestière désaffectée. Il se remet à pleuvoir, nous devons rester dans le bus.

Après le petit-déjeuner, le premier boulot consiste à remplacer les ampoules d'un phare qui ont lâché. Cela nous prend un bon moment, il faut démonter tout le phare pour y accéder et les rechanges sont au fond du caisson sous notre lit. En fin de matinée, nous sommes à la ville de Prince George. Nous y restons jusqu'en fin de journée, à compléter les courses de la veille, regarder pour de nouveaux pneus, achat que nous décidons après réflexion de repousser à plus tard. Puis, la difficulté pour trouver un coin où nous installer se réitère. En désespoir de cause et la nuit tombant, nous nous rabattons sur un dépôt de gravier pour l'hiver en bordure de route.

Dans l'après-midi du jour suivant, nous quittons la route principale en espérant trouver plus facilement un lieu où établir le camp. Chemin faisant, nous voyons plusieurs cerfs mulet (appelés aussi cerf hermione ou cerf à queue noire), une espèce de cerf nord-américaine. Nous nous installons un peu plus tard au bord d'une petite route forestière.


Mule deers.

Après une nuit de repos, puis être passés par la ville de Williams Lake, nous poursuivons par les routes secondaires. Nous longeons la vallée de la rivière Fraser coulant au fond d'un canyon. Le paysage, assez étonnant, ne fait plus du tout penser au Canada mais plutôt à certains endroits de Patagonie. C'est sec et venteux. Il y a même des cactus!


Vallée de la Fraser.

Nous voyons également des mouflons canadiens, cousins des mouflons de Dall vus précédemment (cf récit L'Alaska Highway).


Big horn sheeps.

Après être sortis de cette zone aride, nous bivouaquons comme la veille au bord d'une petite route forestière. Le dimanche, nous continuons cette route secondaire, en direction de la petite localité de Lillooet. Nous traversons ensuite les gorges de la rivière Cayoosh. La vue est réputée très belle. Malheureusement, comme depuis des jours, il fait un temps de cochon.


La vallée de la Cayoosh creek.

Puis, nous empruntons une piste qui nous fait éviter la région (trop) touristique de Whistler. Elle longe d'abord le lac Lillooet puis la rivière éponyme au bord de laquelle nous nous arrêtons.

Lundi 30, nous commençons la journée aux bains thermaux rustiques de Skookumchuck. C'est agréable, il n'y a quasiment personne et l'eau est bien chaude.


Baignade matinale.

Puis, nous nous remettons en route direction Vancouver. La piste, déjà pas en très bon état sur le début, se transforme en piste 4x4. La carte la nommait ainsi. Nous avions déjà pris d'autres pistes avec la même indication et qui étaient juste un peu moins larges que les pistes habituelles, mais cette fois c'est une vraie piste défoncée (presque) à la sud-américaine! Elle longe le lac Harrison. Hélas, la vue est la plupart du temps bouchée.


La piste en question.

Elle serpente à travers de magnifiques forêts de contes, les arbres aux multiples formes, complètement recouverts de mousse, font penser à des personnages. La pluviométrie de cette région est très élevée, ce qui engendre ces forêts humides. D'ailleurs, nous avons droit au même temps que ces derniers jours... de la pluie, toujours de la pluie.


Forêt enchantée.

Dans l'après-midi, nous débouchons sur la route principale menant à Vancouver. Nous nous installons en fin de journée sur les hauteurs de Maple Ridge, une ville à une cinquantaine de kilomètres de Vancouver. Nous sentons l'aventure canadienne toucher à sa fin, les grands espaces sont derrière nous pour laisser place à de la ville jusqu'à notre départ.



Suite au prochain épisode! Nouvelle-Calédonie, le 03.11.2013