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A travers l'Europe

Le passage de la frontière russo-lettone, le lundi 27 octobre, fut folklorique mais pas du côté qu'on imaginerait. Côté russe, tout s'est déroulé rapidement, sans même un contrôle du bus ni des papiers du chien. Ce fut tout différent du côté letton. Les montres reculées de 2h (une en raison du décalage entre l'extême ouest de la Russie et cette partie est de l'Europe et l'autre de la récente heure d'hiver que la Russie n'applique plus), l'accueil fut éminnement sympathique.

Même pas le temps de sortir de Lucy que les douanières réclamaient sèchement nos passeports et la carte verte d'assurance. Concernant le chien, nous avions bien fait chez le vétérinaire à Velikie Luki de faire signer également le modèle européen du certificat car le document russe émis par le vétérinaire ne fut pas accepté. Voyant que tout était en règle pour notre petite adoptée, elles se sont concentrées alors sur le carburant que nous avions en réserve et dont la limite est fixée à 10 litres. Avec nos 60 litres, on nous a fait poireauter et payer une taxe sur 50 litres. On enquiquine des touristes avec 50 litres d'essence alors que les camions font tous un énorme plein à la dernière station avant la frontière. Nous en avons vu mettre 600 litres dans le réservoir. Depuis que l'Europe et la Russie sont en bisbille, quasiment plus rien n'est autorisé à entrer en Europe, ou en très petite quantité. Résultat: ce fut plus long pour entrer en Europe que quitter la Russie! Et heureusement qu'elles n'ont pas ouvert le frigo!

Visiblement, en Lettonie, les autorités essaient d'appliquer les nombreuses directives reçues à la pelle de Bruxelles mais ont bien de la peine, étant totalement dépassées et désorganisées. Bien que nous ayons progressé vers l'ouest depuis le dernier changement d'heure au Tatarstan et avec les deux heures encore gagnées aujourd'hui, une fois la frontière passée, nous n'avons pas tardé à chercher un lieu de camp avant la nuit afin de se balader avant qu'elle ne tombât. Histoire que le petit monstre puisse se dépenser un peu après une journée à battre de la queue devant les différents officiers. Elle s'est très bien comportée.


Premier lieu de camp en Europe.

A cet extrême est de l'Europe, bien que la Lettonie soit membre de l'UE depuis 10 ans, les subventions ne semblent pas être encore parvenues dans l'arrière-pays. Les infrastructures et les habitations dans la région traversée étaient dans le même état qu'en Russie. Nous n'avons pas eu l'impression d'avoir changé de pays.


Passage à niveau letton.

Le trajet prévu en Lettonie étant court (une centaine de km), dès le lendemain nous étions en Lituanie.


Bienvenue en Lituanie.

Comme ce pays balte allait adopter l'euro dès le 1er janvier 2015 et que tous les prix étaient inscrits en litas et en euros, nous avons demandé au magasin avant d'y faire les courses si la monnaie européenne était acceptée. Pas de problème, nous dit-on, mais, une fois à la caisse, la mauvaise blague fut que ce n'était point le cas. Nous avons dû renoncer à nos achats, en nous disant que ma foi puisque la distance à parcourir en Lituanie était courte (également une centaine de km), nous les ferions le lendemain en Pologne en euros. En Lituanie, la quantité de chantiers et de panneaux sur les routes, panneaux auxquels nous n'étions plus du tout habitués depuis la Russie et la Mongolie, nous frappa. Le beau temps et les températures clémentes par rapport à la Russie nous permirent de faire des promenades agréables.


En balade.

Le jour suivant, nous passions donc la frontière polonaise. Une frontière purement géographique puisque seul le poste frontière d'antan subsiste. Le changement résida au niveau de l'heure. Encore une heure de gagnée avec, pour conséquence, la nuit qui tomba encore plus tôt, vers 16h. Les jours devinrent vraiment courts. Nous nous résolûmes également à faire du change, la Pologne n'ayant pas non plus l'euro mais toujours des zlotis. Les prix étaient intéressants avec de nombreux articles pas plus chers qu'en Russie. Nous avons passé notre première nuit polonaise le long d'un chemin forestier.


Premier lieu camp en Pologne.

Le passage de Varsovie rima avec embouteillage, amplifiés à cause de travaux. La journée rima aussi, à notre grand désarroi, avec le joint du turbo qui relâcha, la quatrième fois depuis l'Australie (!). Un peu dépités et plus très loin de la Suisse, nous avons décidé de ne pas réparer et de rentrer ainsi au pays. Quitte à faire beaucoup de bruit et à consommer davantage. Tanpis, on réparera à la maison, l'important c'est qu'on roule! Au sud de la Pologne, dans les environs de Wroclaw, nous avons traversé des villages charmants.


Un village polonais.

Après trois jours à traverser la Pologne, nous sommes arrivés en Tchéquie où nous avons été surpris par la qualité des infrasctures, notamment routières, qui sont excellentes. Le constat semble évident, les pays européens qui n'ont pas l'euro s'en sortent mieux que les autres. En dehors des grands axes, de Prague à Plzen, de magnifiques villages avec des bâtiments historiques, églises, châteaux, etc, se succèdent au grand plaisir du visiteur. Malheureusement, pour la plupart dans un état ayant besoin d'une sérieuse rénovation.


Une église parmi d'autres.

Nous nous sommes aussi débrouillés pour faire une dernière mise à jour en cours de route depuis le parking d'un fast-food. Le dernier matin en République tchèque, nous avons rempli notre sac de chanterelles d'automne et de quelques bolets. Et à midi, en Allemagne, nous avons complété la récolte. Un festin en vue pour le soir, nous avons progressé en Allemagne au cours de l'après-midi.


Une fois de plus, on se fait péter la panse en voyage!

Durant cette traversée de l'Europe, nous n'avons pas eu le temps de dénicher les autocollants des drapeaux des pays traversés. Nous avons opté pour le système D et nous verrons une fois rentrés pour trouver ces oriflammes.


En attente des autocollants...

En Allemagne, Kawaï a pu enfin jouer avec d'autres congénères, elle a adoré. En effet, en Mongolie et en Russie, nous n'avons pas pu la laisser s'amuser avec les chiens errants pas vaccinés. Nous voulions la protéger de maladies. Le choc en Allemagne, ce fut les prix, si avantageux jusqu'en Tchéquie où avec 20CHF vous remplissez encore votre chariot, viande pour le chien (qui en mange maintenant beaucoup!) comprise. Le 4 novembre, après une balade au bord du Rhin, nous remettions, le coeur débordant d'émotion, les orteils dans notre patrie dans l'après-midi. Des symboles phares de Suisse sont vite apparus sur les routes, comme les camions Migros ou Emmi. Nous avons passé notre dernière nuit de globetrotters (en tout cas pour l'instant) sur les hauteurs de Wiedlisbach dans le canton de Berne, bien au calme. Le lendemain matin, pour nous rappeler aux bons souvenirs de Sibérie, il neigeait pour le plus grand bonheur de notre petit fauve.


Dernier bivouac.

Avant midi, nous avons revu un panneau routier avec le nom de notre ville et dans l'après-midi avions regagné nos pénates.


Direction une terre connue.

Le soir, nous avons partagé une bonne fondue avec nos parents pour les retrouvailles et eux étaient tout curieux de faire connaissance avec Kawaï.


Presque la même photo qu'au départ en 2013 mais à trois.



Suite au prochain épisode! Lausanne, Suisse, le 02.04.2015