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Sud volcanique de Hokkaido

Jeudi 22 mai, nous nous rendons à Sapporo. Nous avons prévu de laisser Lucy à un garage pendant notre retour en Suisse afin de régler les problèmes mécaniques non résolus depuis l'Australie ainsi que s'occuper de la boîte à vitesses qui commence à montrer des signes de faiblesse. Sur place, le plus difficile est de se faire comprendre. Nous y parvenons grâce à notre japonais basique parsemé de quelques mots d'anglais, de petits dessins et la bonne volonté de notre interlocuteur. Rendez-vous est pris pour amener notre maison roulante à la fin de la semaine suivante. Puis, soulagés d'avoir facilement trouvé une solution pour Lucy, nous quittons Sapporo et prenons la direction du lac Shikotsu. Nous passons l'après-midi au bord de ce lac de caldera aux eaux cristallines entouré de volcans.


Lac Shikotsu (支笏湖).

Benj pêche un moment et attrape facilement quelques ombles à points blancs.


Iwana (イワナ).

Nous nous installons au départ d'un sentier en forêt sur lequel nous nous élançons avant de faire le souper. Nous trouvons des udo, cette plante qu'on nous a fait goûter quelques jours auparavant (cf récit Le nord de Hokkaido). Nous en ramassons une bonne brassée.


Jolie récolte de udos (ウド).

Nous débutons la journée du lendemain par un onsen autour du lac Shikotsu. Le cadre est splendide et le onsen très agréable. Parmi les différents bassins intérieurs et extérieurs, un est aménagé dans le lac car une source chaude jaillit dans les bords de celui-ci.


Onsen de Marukoma (丸駒温泉旅館).

Ensuite, direction Tomakomai, cité industrielle que nous connaissons bien (cf récit Bienvenue au pays du Soleil Levant). Nous avons rendez-vous aux douanes pour remplir des papiers qui nous permettront de quitter momentanément le Japon en y laissant Lucy. Nous réglons tout ceci avec la douanière qui nous connaît déjà et nous aide à rédiger les documents nécessaires. Dans l'après-midi, nous pouvons quitter Tomakomai et son brouillard. Et dire qu'il faisait grand beau au lac le matin. Nous longeons la côte, toujours brumeuse, en direction du sud puis nous en éloignons pour trouver un coin pour la nuit hors du brouillard. Ce sera au bord d'une rivière.

Au matin, nous allons d'abord au lac Kuttara à la forme toute ronde. Il s'agit d'une caldera, toute la région est jalonnée de nombreux volcans.


Lac Kuttara (倶多楽湖).

Puis, nous arrivons au bord de la lagune Oyunuma qui a la particularité d'être le cratère du volcan qui la domine.


Lagune Oyunuma (大湯沼).

Nous empruntons un chemin qui mène dans une vallée volcanique très active.



Jigoku-dani (vallée de l'enfer, 地獄谷).

C'est impressionnant, il y a même un petit geyser.


Tessen-Ike (鉄泉池).

Au retour, nous nous arrêtons à un bain de pieds en forêt dans la rivière chaude qui sort de la lagune Oyunuma.


Ashi no yu de Oyunuma.

Un peu plus loin se trouve un petit lac bouillonnant.


Taisho Jigoku (大正地狱).

Après avoir récupéré le bus, nous passons par le village très touristique de Noboribetsu dont le centre abrite un petit geyser grondant et pétaradant. Nous y cherchons notre autocollant, mais toujours avec le même résultat.


Sengen park.

Afin de renforcer l'idée d'enfer, les rues de Noboribetsu et ses alentours sont ponctués de petits et grands démons. De très belles images de cette journée en tête, nous nous installons le long d'une petite piste à quelques kilomètres de là.


Démons de Noboribetsu.

Le jour suivant, nous nous rendons au pied du Mont Usu, un volcan aux abords du lac Toya. Contrairement à la plupart des touristes qui rejoignent le sommet en téléphérique, nous décidons d'y monter à pied.


Lors de l'ascension.

Le sentier se poursuit le long de l'arête du cratère principal, Ginnuma, avec la vue de nombreuses fumerolles de petits cratères et dômes volcaniques. C'est fantastique.



Cirque du Mont Usu.

Il mène, au moyen d'une longue série de marches, à un point de vue du Lac Toya, proche d'où le téléphérique arrive.


Lac Toya (洞爺湖).

A l'autre extrémité du sentier, une superbe vue du volcan Yotei apparaît. Une fois redescendus, nous passons la nuit au départ du chemin.


Volcan Yotei (羊蹄山)

Au réveil, le temps a changé, il ne fait pas très beau et le froid est de retour. Nous nous dirigeons aux chutes Sangai près d'un parc décoré de plusieurs totems que nous reconnaissons au premier coup d'oeil, ce sont les mêmes que ceux vus en Colombie-Britannique au Canada (cf récit L'Alaska Highway, La Stewart-Cassiar Highway, De Terrace à Vancouver). Des échanges ont, en effet, eu lieu entre les Japonais et les indiens de Colombie-Britannique.


Totems.


Sangai no taki.

Puis, nous passons un moment dans un onsen rustique à Bankei au bord de la rivière Osaru que Benj pêchera plus tard. Le lac Toya regagné, nous bivouaquons sur ses hauteurs en forêt au départ d'une balade.


Non loin du Lac Toya.

Mardi, nous empruntons le chemin qui part de notre lieu de camp menant à une chute d'eau. Malheureusement, l'accès est repidement bloqué. En revenant vers le bus, Benj suggère que ça doit être un coin propice à la morille. Quelques dizaines de mètres plus loin, la première pointe le bout de son nez.


C'est l'euphorie.

En prospectant dans les alentours, c'est la compensation d'une année et demie sans morille. Elles sont nombreuses et énormes.


Cherchez bien...


elles sont là!

Nous poursuivons la journée en terminant le tour du lac qui se situe sur la côte est de l'île.


Lac Toya (洞爺湖).

Plus tard, nous nous dirigeons vers l'autre côte. Le beau ciel bleu cède sa place à un brouillard épais. Une fois le col passé, la situation s'améliore et nous campons le long de la route derrière un pare-neige impressionnant. Pour fêter la récolte du jour, nous préparons des croûtes aux morilles.


On vous laisse imaginer la rudesse des hivers (à une altitude d'environ 400m!).


Festin royal.

Le lendemain, nous partons aux chutes Garou. Une jolie balade le long d'un petit chemin dans des gorges conduisent aux chutes.


Garou no taki (賀老の滝).

Puis, pour se détendre après cette marche, rien de mieux qu'un petit... onsen! C'est un petit établissement très authentique avec une eau riche en fer.


Le onsen du jour.

Nous nous installons en fin de journée au michi no eki de Shimamaki où, à la tombée du jour, un concert de coassements se fait entendre. Les grenouilles pullulent dans les rizières récemment mises en eau après l'hivernage.


Rizières.

Après une partie de la matinée à discuter avec des gens curieux de notre voyage, nous reprenons le chemin de Sapporo puisque nous devons y laisser Lucy le lendemain. Nous faisons une petite halte à Goshiki, un petit village dans un environnement volcanique. Nous nous arrêtons dans l'après-midi au dessus d'une barrage et terminons nos bagages.


Goshiki.

Vendredi 30 mai, nous arrivons à Sapporo en fin de matinée. Les bagages déposés à l'hôtel, nous emmenons Lucy au garage. Nous sommes, comme lors du premier rendez-vous, fort bien accueillis. Nous réglons les derniers détails et croisons les doigts pour que les réparations se déroulent bien. Néanmoins, après avoir pu constater depuis presque un mois et demi l'organisation et la conscience professionnelle japonaises, nous n'avons pas de doute sur la qualité du travail qui sera effectué. C'est donc le coeur sérré mais confiants que nous leur laissons les clés et partons.

Après une nuit à l'hôtel, la journée marathon peut débuter. Nous rejoignons en bus l'aéroport de Sapporo-Chitose. Le paysage a bien changé depuis notre arrivée à la sortie de l'hiver. Les plantes ont fleuri, les arbres se sont parés de couleurs. Nous décollons pour Tokyo-Narita en début d'après-midi. Arrivés à Tokyo une heure et demie plus tard, une grande attente commence. Le vol suivant via Abu Dhabi part à 21h. Malgré l'immensité du terminal, nous avons le temps de parcourir les boutiques. Dans la soirée, nous décollons donc pour un vol de 12 heures à destination des Emirats Arabes Unis. Après une seconde longue escale, ce n'est que le lendemain après-midi que nous nous posons sur le tarmac de Genève, épuisés.



Suite au prochain épisode! Kazuno, Honshu, Japon, le 06.07.2014