Bienvenido en Argentina

Après une première nuit en campagne fort venteuse et pluvieuse, nous nous dirigeons au sud vers le delta du rio Parana, deuxième plus grand fleuve d'Amérique latine après l'Amazone (env. 4000km de long), pour prendre la direction de Buenos Aires. Nous sommes obligés d'y aller à cause de nos déboires d'avec le Ro-ro, avec l'espoir d'y retrouver du matériel pour remplacer celui volé ou détérioré. Très rapidement, il est évident que nous ne sommes plus en Uruguay, nids de poule à profusion et bords de route mal entretenus. A la première petite ville, le changement est aussi visible. Nombre de commerces et de boutiques ont mis la clé sous la porte. L'Argentine, depuis quelques années, va de mal en pis. L'inflation est galopante, le peso se dévalue (en 2013, 5 pesos valaient 1 CHF, maintenant c'est environ 115 pesos!), la population n'a plus beaucoup de moyens et beaucoup d'Argentins quittent le pays.


Cacahuète à l'abri du vent

Nous nous attendions à voir multitudes d'animaux dans le delta du Parana mais la route qui le traverse est une autoroute bondée dont on ne peut en sortir. Le seul capybara vu était écrasé! Néanmoins, les paysages étaient beaux et, le jour précédent, en amont du delta, nous avons vu plein d'oiseaux et des varans, malgré les nombreuses cultures et élevages bovins.


Cherchez le varan!

Arrivés en banlieue de Buenos Aires, les lieux de camp en conséquence plus très faciles à trouver, nous nous sommes bien débrouillés pour réussir à dénicher un petit coin en bordure de champ à proximité d'une prison dorée. Quartier de gens aisés qui se barricadent derrière de hauts grillages. Ce bon plan a marché deux nuits mais pas la troisième! La police locale est venue nous déloger de là le troisième soir alors que nous étions sur le point de nous coucher. Nous avons eu beau parlementer, dire que Benjamin avait bu de la bière, ils n'en ont eu cure. C'est donc tous gyrophares allumés que, comme des hors-la-loi, nous nous sommes fait escorter à la station-service la plus proche. Nuit peu agréable et bruyante, elle se situait au bord d'une grande route.

Escortés!

Après ces jours nécessaires pour trouver un onduleur, notre source d'alimentation 220V, qui permet entre autres de recharger les ordinateurs, et un peu de matériel de pêche en remplacement de ce qui a été dérobé lors du Ro-ro, nous avons pu avec joie quitter la région densément peuplée de la capitale argentine.


Bouchon à Buenos Aires, les joies des capitales!

Les grands espaces se sont enfin offerts à nous à travers la pampa en direction du sud-ouest.


Pampa argentine

Vers Pirovano, un soir au lieu de camp, nous rencontrons Pablo. Nous avons discuté un moment puis il est revenu les bras chargés de maïs et de tournesol. C'était très sympa.


Avec Pablo que nous saluons

Plus loin, vers General Acha, des perruches, oiseaux forts bruyants, volent encore plus près que d'habitude autour de nous. Ça a tôt fait de déclencher une réaction de Kawaï.

Kawaï et les vols de perruches

Après cette localité, pour poursuivre notre itinéraire, nous avons quitté la route principale au profit d'une petite piste. Les paysages, agricoles jusque là, se transforment en bush, appelé "el monte". Malgré cet environnement aride, une grande diversité végétale. Mais tout pique! Beaucoup d'animaux aussi observés, notamment: caracaras, perruches, chouettes, lapins et un mammifère que nous n'avions encore jamais eu l'occasion de voir.


Découverte d'une très jolie piste


Eventail de ce qui pique!


Maras (lièvres de Patagonie)

C'est le genre d'endroit très agréable, que nous aimons particulièrement. Beaucoup de liberté pour voyager comme nous le faisons et pour nos compagnons à poils.

Une des sorties avec les animaux

Un soir, pourtant, la pluie commença à tomber et, le lendemain matin, il pleuvait toujours, et des cordes! C'est le genre d'endroit, d'ordinaire peu arrosé, qui se transforme vite en bourbier. Nous sommes forcés de tenter de rejoindre une route goudronnée. C'est non sans difficulté que nous y parvenons. Nous apprendrons plus tard qu'en deux jours il était tombé ce qu'il tombe en une année!

Bourbier en vidéo

A General Roca, certaines rues sont inondées.


General Roca transformé en piscine

Nous nous dirigeons ensuite vers Neuquen pour compléter encore un peu le matériel de pêche de Benjamin et passons quelques nuits dans les environs. Les paysages changent à nouveau, c'est le début des sierras. Avec plaisir, nous retrouvons un peu de relief.


Puis, tandis que nous venions de quitter Neuquen, Kawaï est subitement tombée très malade. Nous sommes alors retournés à Neuquen pour la soigner. La suite est très triste et nous ne la relaterons pas.



Suite au prochain épisode! Neuquén, Argentine, le 26.04.2022