A Kawaï

Kawaï, tu entras dans nos vies une belle journée d'août 2014 lorsque nous étions en Mongolie en train de finir la boucle de notre tour du monde (2013-2014). Alors que nous étions garés en ville de Mörön pour y chercher un permis de pêche, toi, petite boule de poil, un peu chancelante et peu odorante, vins se mettre à côté du bus. Nous te donnâmes de l'eau et deux couennes de fromage. Trois heures plus tard à notre retour (l'administratif mongol prend du temps!), tu étais toujours là. Tu nous avais choisis. Nous nous regardâmes et nous dîmes que ça allait être complexe de te ramener en Suisse mais nous avions craqué. Nous t'aimions déjà et la décision fut vite prise. Prêts à entreprendre tout ce qui serait nécessaire. Le soir-même, après un bon bain pas superflu à la rivière en dehors de la ville, tu dormais avec nous.


Encore crasseuse avant le bain le jour de ton adoption

Nous te baptisâmes Kawaï. Nous revenions du Japon qui nous avait beaucoup plu, nous te trouvions très mignonne. Alors nous choisîmes ce mot en japonais.


Le lendemain de ton adoption

Tu t'acclimatas rapidement à ta vie de nomade. Normale pour une Mongole!


Dans la niche roulante


Lieu de camp vers Chandiman Undur

Tu grandis petit à petit. Ta démarche s'assura et rapidement tu gambadais avec nous. Prenant possesion chaque jour de nouveaux territoires. André, le papa de Benjamin, était tout content que nous t'ayons adopté pour nous protéger et que nous soyons en sécurité. Alors que tu avais à peine deux mois et que ça faisait plus d'un an et demi que nous voyagions sans aucun souci!


Lac Erkhel


Dans les steppes mongoles


Tu découvris rapidement la pêche

Au sortir de la Mongolie, ça sembla se compliquer quand le douanier russe nous dit "dog passeport", "vaccine". Nous lui tendîmes nos passeports et lui dîmes que tu étais trop jeune pour être vaccinée. Il passa alors un coup de fil puis nous autorisa à passer la frontière avec toi moyennant de faire les démarches en Russie. Nous eûmes la chance à la première grande ville après la frontière de rencontrer Oleg et Eugenia, un père et sa fille, que nous saluons et qui nous accompagnèrent chez le vétérinaire d'état faire les premières démarches.


A Gorno-Altaïsk

Ça nous prit deux mois (sans néanmoins avoir besoin de rester au même endroit) pour tout faire: la puce, les vaccins, les rappels et autorisations pour pouvoir entrer en Europe. Nous nous frottâmes alors au début de l'hiver sibérien et tu adorais dormir le matin au chaud dans le bus, ta première maison. Tu grandissais de jours en jours, t'affirmant, commençant à aboyer. Et tu jouais beaucoup.


Attrape-feuilles vers l'Ob


Le jeu de la glace


A Moscou

Quelle joie ce fut quand nous pûmes fouler le sol letton puis le suisse tous les trois.


Arrivés en Suisse

L'été après notre retour, nous montâmes en Scandinavie et fîmes notamment ensemble le trek du vrai Cap Nord.


Nordkinn Kap (vrai Cap Nord continental)


Trouvaille en Sandinavie


Toujours curieuse de ton environnement


Jeu dans une rivière suédoise

En Suisse, ce fut une vie rythmée de grandes balades, de sorties à la pêche, aux champignons, des randonnées à la montagne, en forêt. Avec toi, Louloute, toujours pleine de vie et débordant d'enthousiasme, communicatif, en ayant aussi gardé un instinct sauvage. Tu nous accompagnais partout. Tu étais très curieuse, futée, quasiment toujours devant en promenade et sacrément aventureuse. Nous adorions être ensemble.


Chasse aux morilles


Admiration au Richetlipass


Au val d'Aoste


En balade


Klausenpass

L'hiver dernier, quand nous allâmes à Anvers déposer le bus pour sa traversée de l'Atlantique, ça te fit tout bizarre puis quand tu le vis à Montevideo, tu sautas directement dedans et t'installas sur la banquette. C'était clair pour toi, la vie de voyage reprenait.


La place du pilote aussi tu l'aimais

D'abord ce fut l'Uruguay, la découverte de nouveaux paysages, de nouveaux animaux et des courses folles sur les plages. Les lucioles le soir t'intriguèrent.


En Uruguay

Puis les grands espaces argentins qui te procurèrent un plaisir fou. Et presque tous les jours un nouveau bout de terrain à t'approprier et de nouvelles découvertes à faire.


Grande liberté en Argentine


Te faisant même des copains

Toujours avec cet entrain et ce dynamisme qui te caractérisaient jusqu'à ce jour où tu tombas malade. Malgré l'excellent vétérinaire que nous trouvâmes à Neuquén et tous soins qui t'y ont été prodigués pendant une semaine, les analyses sanguines s'empiraient de jour en jour. Tes reins ne fonctionnaient plus. La faute a une bactérie transmise par une tique en Suisse. Bactérie que ton vétérinaire traitant n'avait pas décelée, bien que tu aies eu des symptômes annonciateurs...
Te perdre, toi, une telle compagne de vie, a été, reste et restera un déchirement pour nous. Toi qui étais tombée dans le bus toute petite, tu nous quittes alors qu'un nouveau voyage avait à peine commencé. Le vide est sidéral et la tristesse infinie.
Une dizaine de jours plus tard, nous trouvâmes un magnifique lieu près d'un petit rio bordé d'araucarias avec une vue imprennable sur cette vallée où nous dispersâmes tes cendres. Endroit que tu aurais apprécié, toi qui adorais tant scruter les paysages.


Ta dernière demeure

Nous te remercions d'avoir partagé nos vies, pour tout ce que tu nous as apporté, ta joie de vivre, tellement transmissible. Ce fut un bonheur d'être avec toi. Repose en paix Kawaï, nous t'aimerons pour toujours.


Adieu Louloute



Suite au prochain épisode! Neuquén, Argentine, le 26.04.2022