Patagonie automnale

Pour poursuivre vers le sud, après le passage dans la région d'Aluminé, nous avons emprunté des pistes que nous ne connaissions pas et certaines, déjà parcourues en 2022, qui nous avaient plu. La majorité bordée par de jolies rivières où Benjamin a pu pêcher.


Un petit rio perdu dans les sierras

Blacky et Cacahuète s'en sont donné à coeur joie. De vastes étendues isolées à explorer et à scruter ainsi que des poissons à croquer.


Blacky guettant au camp


Même piquet, pose différente!

Certains jours il faisait bien frais avec un vent soutenu. Comme dans cette région reculée découverte au printemps austral 2022 (cf récit Un retour en Suisse imprévu) où nous avons aidé un cycliste épuisé en le conduisant un peu plus loin. Il venait de Buenos Aires. Nous avons pu passer une soirée à en apprendre plus sur son pays qu'il connaissait bien. Quant aux nombreux passages à gué, ils se sont avérés beaucoup plus aisés. Moins d'eau coulant dans les rivières en début d'automne.


Avec Federico loin de tout


Quelles belles couleurs pour ce petit saumon de fontaine


La rivière le long de la piste n'était plus qu'un ruisseau

D'autres jours il faisait doux avec peu de vent. Comme au bord du rio Chico et dans la province du Chubut où nous avons passé un peu de temps dans un coin que nous apprécions.


Le long du rio Chico


En balade

La traversée du beau parc national des Alerces fut très agréable comparé à notre passage en 2013 à la haute saison. Le temps continuait à se rafraîchir mais nous étions les seuls, plus un touriste à l'horizon à cette période de l'année. Dans cette région, la Cordillère des Andes, plus basse à certains endroits, ne fait pas barrière à la pluie qui vient de la côte pacifique du Chili. L'écosystème change radicalement, ce n'est plus celui du "monte" des régions semi-arides. Les espèces végétales sont différentes et les arbustes et buissons font place à de grands arbres.


Parque nacional Los Alerces


Autre point de vue dans le Parque nacional Los Alerces

Baladez-vous dans le parque nacional Los Alerces

A Trevelin, sueur froide! Le témoin de pression d'huile s'est allumé. Après quelques jours passés à vérifier, nettoyer plusieurs connections, faire une vidange sur conseil d'un mécano qui nous a fait peur en nous disant qu'il y avait urgence de le faire car du diesel était passé dans l'huile, rien n'y changea. C'était en fait le capteur de pression d'huile qui avait lâché. Nous avons pu le remplacer assez facilement. Néanmoins, quelques jours après, mauvaise surprise! Le filtre à huile a sauté. Ce dernier remis en place et, pensant que c'était en ordre, nous nous sommes embrillés loin de tout dans les montagnes.


Dans la région de Corcovado

La palette complète des teintes d'automne s'est offerte à nous. Des jaunes dorés aux rouges étincelants en passant par les oranges flamboyants. Dans la région du lac Vintter, Benjamin a pêché de très jolis saumons de fontaine. Nous avons passé quelques jours avec, par moments, du soleil et des températures clémentes la journée. Nous ne le savions pas encore mais par la suite, et pendant des semaines, le soleil ne fera que des apparitions discrètes.


Lago Vintter


Un saumon de fontaine en parure nuptiale pour compléter la palette des couleurs

Montez avec nous au lac Vintter

A un autre lac de montagne, niché dans un superbe décor de montagnes et de forêt magellanique, composée essentiellement d'arbres du genre nothofagus, la sérénité régnait. Au moment de le quitter, alors que la neige commençait à tomber, le filtre à huile a resauté. Et, cette fois-ci, impossible de le revisser. En fait, le pas de vis du support du filtre était usé. Il a fallu parcourir à pied les 4-5 km nous séparant de la piste principale pour y attendre une bonne âme pour nous y remorquer. Puis attendre à nouveau quasiment 3 heures pour qu'une seconde bonne âme allant à Corcovado, la petite ville de moins de 2000 habitants la plus proche, à quelque 60 km, nous y tracte. C'est de nuit que nous y sommes arrivés et devant le garage que nous avons dormi.


Carte postale au bord de ce petit lac


En balade dans la forêt magellanique

Nous avons dû rester trois jours à Corcovado pour qu'un support de seconde main ressemblant au nôtre arrive du Chili. Ce support n'étant pas trouvable dans les environs en Argentine. Nous n'avons pas su les détails de comment la pièce a passé la frontière distante d'une trentaine de kilomètres, les importations de pièces étant interdites en Argentine. Il a fallu encore l'adapter pour pouvoir le remonter. Le garage quitté, nous nous sommes installés en bord de rivière pas très loin de cette localité avec l'intention de retourner en direction du lac Vintter et poursuivre par les montagnes. Or, au réveil, il tombait de gros flocons, ce qui nous a fait renoncer à passer par la Cordillère.


Neige au lieu de camp

Nous sommes donc repassés par Corcovado pour aller rejoindre la Ruta 40 plus à l'est et plus basse en altitude. La neige, 5-10cm d'or blanc fraîchement tombé, nous a accompagnés quasiment jusqu'à la Ruta 40 et était ensuite toute proche.

Plus loin, proche d'Alto Rio Senguer, par un temps glacial et venteux, nous nous sommes aperçus que passablement d'huile fuyait par des conduites fixées au support fraîchement posé. L'adaptation faite à Corcovado n'avait pas tenu le coup. Nous avions décidé de passer la frontière dans les environs et, malheureusement, nous savions déjà qu'avant de pouvoir découvrir les vallées chiliennes verdoyantes il faudrait se rendre à Coyhaique pour un nouvel arrêt garage. Il a été nécessaire de faire des réserves d'huile avant de se diriger vers la frontière. La dernière nuit en Argentine fut à nouveau glaciale avec un vent digne de la Patagonie faisant danser le L300 toute la nuit. Le lendemain matin, même les chats, qui d'ordinaire adorent sortir et balader avec nous, n'ont pas voulu se faire ébouriffer le poil longtemps.


La photo ne rend pas le vent!



Suite au prochain épisode! Colon, Province de Entre Rios, Argentine, le 07.06.2024